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  • INSOMNIE, MAL DORMIR, OUBLIER SES RÊVES. NOS SOCIETES MEPRISENT LE SOMMEIL, LE REPOS ET LES MONDES INTERIEURS.

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    NEWS NEWS NEWS. Dormez mieux, vous vivrez vieux. Ce sont les conclusions d'une enquête publiée la veille de Noël, le mardi 23 décembre, dans le Journal of the American Medical Association (JAMA), qui conclut que dormir une heure de plus réduit  notablement le risque de maladies cardiovasculaires. Les auteurs insistent sur les bienfaits du sommeil et soulignent que des études récentes montrent que le manque de repos nocturne apporte d’autres risques comme la prise de poids, le diabète ou l’hypertension.

    Pendant ce temps, l'insomnie gagne. En effet, la Société Française de Recherche et de Médecine du Sommeil, associé à la faculté de médecine de Lyon, réunie en congrès à Albi fin novembre 2006, avançait des chiffres saisissants - qui défraient toujours les chroniques médicales. 6 millions de personnes souffrent d’insomnie en France. Or le mauvais sommeil continue à être considéré comme un désagrément plus qu'une maladie par le grand public - voire une partie du corps médical. Beaucoup le voient comme la rançon de notre époque pressée, l'embêtement de gens stressés, travaillant trop, qui plus est fascinés par la télévision, ou alors tombés en apnée dans les écrans d'Internet. Or le mauvais sommeil EST une maladie. Parfois grave. Aux effets secondaires dangereux. Il nous faut réapprendre à dormir... et plus encore, à rêver. Enquête et grand entretien.

     

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    ... Nous, les humains, ne sommes pas seulement des activistes lucides et rationnels.

    ... Nous passons un tiers de notre vie à dormir, entre 25 et 30 années en moyenne, dont 5 à 6 ans à rêver, c’est dire l’importance physiologique du sommeil, la place qu’il occupe dans notre existence...

    ... Pourtant, notre société dort mal, trop peu, et surtout, ne s’en préoccupe pas. Selon les enquêtes de santé, les troubles du sommeil et ses effets adjacents ne sont pas considérés par les Français comme des maladies sérieuses, tant et si bien que le gouvernement prépare un « plan sommeil ». Des études montrent que 30% des personnes atteintes d’affections du sommeil ne donnent pas suite à l’avis médical. La plupart d’entre elles attendent 50 jours avant de consulter. Les phénomènes de somnolence et de baisse de vigilance touche, selon les enquêtes, de plus en plus d’adolescents et de scolaires. La Société Française de Recherche et de Médecine du Sommeil, associé à la faculté de médecine de Lyon, réunie en congrès à Albi fin novembre, avance des chiffres saisissants. 6 millions de personnes souffrent d’insomnies en France. Cela va de l’endormissement difficile à la nuit blanche, avec une forme sévère – 3 insomnies par semaines – chez 10% d’entre elles. Les conséquences sont nombreuses, souvent inattendues. Il y a la somnolence diurne, forme de « rattrapage » du sommeil. Elle affecte la vigilance au travail, la réussite scolaire, les accidents de la route. Dans les secteurs à responsabilité – le contrôle aérien, les vols longs courriers, la surveillance des travaux, etc. -, dans les transports routiers, ou encore aux commandes de machines dangereuses, elle peut mener à des fautes d’attention mortelles. La somnolence multiplie par 8 le risque de catastrophe : 30% des accidents sur autoroute, 20% sur route ont été attribués à des assoupissements. Une revue (Sommeil Vigilance), un institut, de nombreux sites médicaux se consacrent aujourd’hui à la chute de la vigilance, maladie moderne.

    IMPACT DU MAUVAIS SOMMEIL

    L’impact négatif de l’insomnie retentit dans beaucoup d’autres pathologies. Elle agit comme facteur aggravant dans l’hypertension artérielle. Dans l’accroissement des processus inflammatoires, et donc l’athérosclérose. Dans le diabète, en favorisant l’intolérance au glucose. Dans l’obésité, le manque de sommeil s’accompagnant souvent d’une majoration de l’appétit pour les sucres. Dans la dépression, dont « elle fait le lit » (Docteur Joëlle Adrien, La Pitié). L’insomnie est au cœur de nos maladies d’époque. Pourtant, l’insomnie se voit généralement traitée par la prise d’un somnifère, parfois sans même une consultation médicale.  
    L’insomnie n’est pas la seule maladie du sommeil. Certaines sont très connues, comme le ronflement, qui touche 10 millions de personnes en France. C’est bénin, mais cela empêche l’autre de dormir. L’« apnée du sommeil », un trouble moins connu, touche officiellement 4% de la population (mais sans doute 10%, tous ronfleurs). Elle se traduit par des séries de courts arrêts respiratoires durant le sommeil. Certaines personnes en font des centaines par nuit, accompagnées d’un éveil très court. La journée, fatiguées, elles connaissent des somnolences. Ce sont des affections sérieuses. Non traitées, les apnées du sommeil mènent à des problèmes cardiorespiratoires.
    Autre trouble méconnu du sommeil, le « syndrome des jambes sans repos » ou « impatience ». Il se manifeste à l’état chronique et intense chez 1 personne sur 10, de façon irrégulière, mais s’aggravant avec l’âge chez 3 personnes sur 10. « L’impatience » se traduit par des fourmillements, des tressaillements, des pincements, des envies d’extension irrépressibles dans les jambes, ce qui entraîne des insomnies pénibles. Il faut se lever, marcher, s’étirer pour combattre ces sensations, qui reprennent aussitôt vous êtes couché.  Ces pathologies sont sous-estimées, les patients ne donnant souvent pas suite aux consultations. Il y a encore la narcolepsie, qui affecte 1 personne sur 2000, soit autant que la sclérose en plaque. La personne est saisie dans la journée par d’irrépressibles envies de dormir, surtout après le repas, comme dans le film « Drugstore cowboy » de Gus Van Sant. Des crises de cataplexie – relâchement musculaire complet – l’accompagnent. La narcolepsie est sous-diagnostiquée.

    SACRIFIER SES NUITS A UNE VIE DE STRESS

    Nous les modernes considérons les troubles du sommeil comme une conséquence inévitable de la vie moderne. Nous sacrifions le sommeil au travail, nous sommes convaincus que travailler doit fatiguer, qu’il est normal de dormir peu. Le travail «  à feu continu », les services « 24H sur 24 H », la réduction des effectifs, la continuation des taches à domicile, le stress comme mode de gestion nous amènent à considérer le sommeil comme une sorte d’obligation improductive, un temps compressible. Nous ne savons plus nous reposer, nous trouvons le sommeil secondaire, presque du « temps perdu » (docteur Alain Muzet, CNRS Strasbourg). Ajoutez la télévision et les DVD, les jeux vidéos, le surf internet, le téléphone portable, autant d’activités ludiques qui achèvent de  mordre sur le sommeil.
    A la faculté Laennec de Lyon, le laboratoire du CNRS consacré à « la physiopathologie du cycle éveil-sommeil », dirigé par le neurobiologiste Pierre-Hervé Luppi, poursuit des travaux de pointe sur l’apprentissage du cerveau pendant le sommeil et la mise au point de somnifères s’approchant au plus près du sommeil naturel. Créateur d’un des plus importants sites web mondiaux consacrés au rêve, les chercheurs poursuivent les travaux de Michel Jouvet, grand précurseur de la science du sommeil, découvreur du « sommeil paradoxal ». Que pense Pierre Hervé Luppi du mépris avec lequel on traite le sommeil dans nos sociétés ? Que nous apprend aujourd’hui la recherche sur l’importance du sommeil et des rêves pour l’homme ? Grand entretien.

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  • NEANDERTHAL, L'AUTRE HUMANITÉ. ELLE AURAIT ETE ANEANTIE PAR HOMO SAPIENS VOICI 40 000 ANS

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    NEWS NEWS NEWS NEWS C'est un conte de Noël assez sombre qu'une équipe multidisciplinaire franco-américaine (CNRS Bordeaux, Université du Kansas), réunissant archéologues, modélisateurs du climat du passé, paléoclimatologues et écologues, a publié ce 24 décembre. Elle montre qu'une détérioration climatique brutale ne serait pas responsable de l'extinction des hommes de Neanderthal, mais bien l'affrontement avec les homos Sapiens. Pour le montrer, les chercheurs ont utilisé un algorithme réservé jusqu'à présent à la prévision de l'impact des changements climatiques sur la biodiversité. Selon ces travaux, quand Homo Sapiens arrive en Europeil y a quelques 40 000 ans ,  Homo Neanderthalensis y prospère depuis des milliers d'années - enterrant ses morts, connaissant le feu. Les deux populations se partagent alors ces territoires.  En quelques milliers d'années Néanderthal disparaît.  Définitivement. Une des hypothèses envisagées jusqu'alors l'expliquait par l'inadaptation de Néanderthal aux détériorations climatiques survenues à cette époque - un refroidissement de toute l'Europe appelé "événement Heinrich 4" ou "H4". Les résultats de l'équipe multidisciplinaire l'écartent... Les néanderthaliens était tout à fait capables, physiquement, de résister à cette vague de grand froid, mais pas à l'envahisseur Homo Sapiens. Une preuve avancée par l'étude : Néanderthal résiste seulement dans les territoires, refroidis, où Homo sapiens ne prend pas pied, notamment le Sud de l'Espagne. La probabilité d'une compétition mortelle entre les deux espèces humaines - les deux civilisations - en sort renforcée.

    Un laboratoire de l'ENS de Lyon confirmait  juin 2006, après l'étude d'une mâchoire de Néanderthalien vieille de 50.000 ans, que Neanderthal et Sapiens appartiennent à deux espèces "homo" très proches, quoique différentes - ne pouvant se reproduire entre elles. La plupart des découvertes récentes de la génétique racontent la même histoire : Homo Neanderthalensis est bien un autre "homme". Il a vécu sur Terre pendant 300.000 ans -  vivrons nous autant  ? Il construisait des tombes, maîtrisait le feu, travaillait la pierre, le bois et l’os. célébrait les ours et les animaux sauvages, portait des parures. Plus les recherches avancent, plus nous découvrons son intelligence - sa civilisation. C'est une découverte d'importance - dérangeante. Homo Sapiens n’est plus le seul " humain ", l'exception, le fils unique de Dieu. Il faut désormais imaginer une humanité plurielle.. Voici une enquête sur cet homme longtemps méprisé, traité en sous-homme, réalisée avec l'aide de Marylène Pathou-Mathis, docteur d’état en préhistoire, qui a consacré vingt ans à étudier "Néanderthal" (publié dans LE MONDE 2, O7/06)

     

    BIBLIOGRAPHIE NEANDERTHAL Hominides_-_Homme_en_evol_2.url

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    ET VOICI NOTRE FRERE, "HOMO NEANDERTHALENSIS"...

    ... C’est un drôle de bonhomme. Sa tête oblongue jaillit d’un puissant cou de taureau. Ses muscles saillent, noueux, autour d’une poitrine large, un véritable tonneau. Il a les hanches larges, de fortes épaules, des bras longs et épais, capables de gestes plus amples que nous, les autres hommes. Il possède des mains fortes, à la prise du pouce solide. Ses jambes courtes, ses cuisses arquées, ses grosses rotules, ses orteils imposants et musclés sont taillés pour les longues marches. Une solide musculature l’enveloppe, plus puissante que celle d’un homme, une charpente adaptée à tous les terrains, tous les climats. C’est un râblé, costaud, un endurant, qui a supporté une glaciation et conquis des terres froides. Il vous dévisage avec une sacrée gueule. La face large, aux pommettes saillantes, au grand nez surmonté, au front traversé d’un long bourrelet, aux yeux intelligents s’agitant au creux d’orbites profondes se projette vers vous comme un museau. Car le front est aplati, les arêtes du nez tirées à l’horizontale, le menton fuyant, la tête allongée vers l’arrière. Dedans, un gros cerveau pense, plus développé que le nôtre, atteignant jusqu’à 1750 cm3. Sa peau est blanche. Il est peu velu. L’homme pèse facilement quatre-vingts kilos. La femme, soixante-dix. Lui mesure entre 1,60 et 1,70 mètre ; elle, entre 1,56 et 1,60 mètre...

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  • ATTENTAT À LA GODASSE CONTRE GEORGE W BUSH A BAGDAD. LA GUERRE d'IRAK, CINQ ANS APRES, EST DEVENUE UN VERITABLE "PIEGE ABSCONS"

    (Le film de l'attentat à la godasse pendant la conférence de presse de George W Bush à Bagdad)

    NEWS NEWS NEWS Avant de quitter la Maison Blanche, laissant derrière lui un pays en pleine récession, une crise économique majeure, le droit de torturer, un pays enlisé dans une guerre sans fin, le camp illégal de Guantanamo, l'Amérique déconsidérée, un parti républicain défait comme jamais, George W. Bush espérait  retourner une dernière fois en Irak, pour laisser croire que le pays allait mieux après cinq années d'occupation américaine. Une sorte de dernier tour de piste honorable, pour montrer que le pays était sécurisé, et l'accueillait. Au lieu de cela, il a reçu deux chaussures, évitées de justesse par un bond sous le pupitre de la conférence de presse. Elle lui ont été lancées à la figure par un journaliste irakien, Muntadar al-Zaïdi. "Tiens, voilà ton cadeau d'adieu, espèce de chien !", a hurlé l'homme, dont une partie de la famille a été tuée pendant la guerre. "De la part des veuves, des orphelins et de tous ceux qui sont morts en Irak !", a -t-il eu le temps de crier, avant d'être terrassé par la sécurité et tabassé. Cette image restera comme une humiliation de plus pour Georges W Bush, après la victoire écrasante de Barack Obama aux élections américaines. Elle restera comme le symbole de ce que d'innombrables Irakiens pensent du président américain, mais aussi que ce pays ne sera jamais sécurisé par les forces armées américaines, qu'il y aura toujours, même dans les endroits les plus protégés, des résistants, de l'indignation, de la haine, et des attentats... fut-ce à la godasse.

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    Rappelons qu'en mars dernier, le dernier voyage éclair du vice-président américain en Irak, Dick Cheney, qui se félicitait de "l'amélioration de la sécurité dans le pays" suite à l'arrivée de renforts américains, a été accompagné d'une puissante explosion en plein Bagdad et d'un tir de mortier sur la "zone verte" et l'ambassade des Etats-Unis. N'oublions pas que les violences politiques et interconfessionnelles ont fait plusieurs dizaines de milliers de morts parmi les civils depuis l'invasion américaine de mars 2003. Auxquels il faut ajouter les dizaines de milliers de morts - soldats et civils - du fait de la guerre elle-même.
    A l'heure de son bilan après 5 années de cet affrontement, le gouvernement Bush assure depuis plusieurs semaines que la présence de 160.000 soldats américains en Irak a permis de créer les conditions sociales nécessaires à une entente politique entre Irakiens. Dans les faits, rien n'est assuré. Le processus traîne en longueur, émaillé d'une guerre des chefs, tandis que les attentats n'ont jamais cessé. Dick Cheney vient d'ailleurs à Bagdad, selon les observateurs américains, pour exhorter les responsables irakiens à s'entendre.
    A ce jour, le conflit a coûté la vie à quelques 4000 soldats américains. Plusieurs analystes économistes sérieux, comme Joeseph Stiglitz, parlent aux Etats-Unis d'un coût de 1000 milliards de dollars. Le montant total (en tenant compte des suites du conflit, le retour des soldats blessés, l'aide aux familles, etc) pourrait dépasser cette somme - ce, alors que l'Amérique entre en récession suite à la désastreuse politique économique de Georges W Bush, qui a laissé filer le crédit toutes ces années. Le bilan global est terrifiant. Ces cinq années de guerre laissent un pays entièrement dévasté, en proie à la guerre civile et la misère, où l'emprise religieuse des shiites n'a jamais été aussi forte.  sans compter ses conséquences  ruineuses pour l'Amérique et le camp occidental et ses prétentions à se présenter comme  le "monde libre", défendant partout la démocratie. Le Comité international de la Croix-Rouge (CICR) estime, dans un rapport de six pages publié le 17 mars, que la situation humanitaire en Irak est «l'une des plus critiques au monde ». Selon cette enquête, le système de santé du pays se délite tragiquement. 2200 médecins et infirmières ont été tués, plus de 250 ont été enlevés. Sur les 34.000 médecins que comptait le pays en 1990 - parmi lesquels des femmes, dévoilées et poussées vers les universités sous Saddam - 20.000 ont quitté le pays. Les hôpitaux manquent de médicaments. Les blocs opératoires ne suffisent plus pour faire face à l'afflux de blessés graves. Il y a actuellement 30.000 lits disponibles. Il en faudrait 80.000.Le problème de l'eau est critique. Des millions d'Irakiens n'ont pas accès à l'eau. Les infrastructures de distribution sont dans un état de délabrement avancé. L'avenir ? Les responsables du CICR ne cachent pas leur scepticisme : «En Irak, dit le rapport de la Croix Rouge, on a atteint des niveaux de cruauté et de perversion jamais égalés dans l'usage de la violence.»

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  • TELEVISION PUBLIQUE, LE FAIT DU PRINCE. LE PRESIDENT DE FRANCE TELEVISION NOMME PAR LE CHEF DE L'ETAT. LA LOI DE SUPPRESSION DE PUBLICITEE SERA IMPOSEE "PAR DECRET"

    NEWS NEWS NEWS Alors que le députés socialistes, enfin réveillés et déterminés, mènent une véritable fronde parlementaire pour s'opposer à la supression de la publicité sur les chaînes de France Télévison, nous apprenons que l'artice de loi le plus contesté - la désignation du directeur de France Télévision par le président de la République, non plus par le CSA - a été voté par le parlement. On entérine donc le fait du prince. Au même moment, la ministre de la culture et de la communication, Christine Albanel, a laissé entendre que le texte de loi serait adopté "par décret", si l'opposition persiste faire du tapage et de "l'obstruction". Par Décret... encore une habitude princière.  Cette loi, dont l'effet d'annonce a déjà enrichi les caisses de TF1 et M6, apparait d'autant plus révoltante que la plupart des professionnels du cinéma la jugent contre-productive et dangereuse pour le Septième Art français. Ils y voient l'asséchement immédiat des ressources de France Télévisions - donc de nombreuses productions cinématographiques -, et dénoncent l'abscence de tout projet cohérent visant à garantir des "revenus pérennes"  aux cinq chaînes - en effet dans le projet de loi l'apport financier de l'Etat se trouve limité... à trois années. Et ensuite ?  "Nous n'avons aucune garantie de financement pérenne, expliquait le 10 décembre, très inquiète, Juliette Prissard-Eltejaye, du Syndicat des producteurs indépendants (SPI). Encore moins depuis l'adoption des amendements." En effet, l'un d'entre eux prévoit de diminuer de moitié la taxation des ressources publicitaires des chaînes privées - une des invraisemblables méthodes imaginées pour financer un groupe France Télévision sans publicité - l'a convaincue que "c'est la mort du service public qui est annoncée." (Le Monde.fr, 10/12/08) Pourtant, pendant la catastrophique  crise financière du mois dernier, nous croyions avoir compris qu'il fallait mieux les préserver et les renforcer pour résister à l'effondrement des valeurs, les services publics ?

    Menacés, écoeurés, las de manifester pour rien, le personnel de France Télévision a réagi hier en lançant en ligne une pétition de protestation - concoctée par des journalistes de FR3 - tandis que des salariés de FR3 Alsace réalisaient pour le Net (sur You Tube) trois clips moqueurs, bien dans l'esprit "jamming". Sur le premier, on voit Madame Carla Bruni-Sarkozy pousser la chansonnette sur toutes les chaînes de télévision, de TF1 à France 2 en passant par Canal + et Mickey Channel. Une charge pas si surchargée quand on voit les interventions répétées, sur toutes les chaînes publiques et privées, de  Sylvio Berlusconi - qui nomme le président de la RAI - en Italie; ou encore le nombre de couvertures que la presse magazine a consacré au couple présidentiel depuis deux mois (Match, L'express, VSD, etc) ; on se souvient aussi que le président de la République française a distribué le dernier disque de sa femme à la sortie du conseil des ministres. À la fin du clip de FR3, un texte vous prévient : "Quand le service public aura disparu, vous verrez la différence". Puis un autre, sur fond du battement d'un coeur : "Et vous ? Où étiez-vous quand le service public était en danger ?" Oui, où étiez-vous ? Bein, devant ma télévision !

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  • STANLEY MILGRAM. DE LA SOUMISSION À L'AUTORITE

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    NEWS. NEWS NEWS. Dégringolade historique, l'action de la banque Citigroup, le premier groupe banquaire américain, est tombé sous la barre de 4 dollars le 21 novembre - elle était à 52 $ en 2000. L'Etat fédéral a du annoncer un plan de sauvetage d'urgence, à hauteur de 25 milliards de dollars - il n'a pas été aussi généreux avec les milliers de familles délogées par la crise des suprimes. Au même moment, le nouveau pdg, Vikram Pandit, annonçait un plan social sévère : la suppression de plus de 50.000 emplois, s'ajoutant aux 23.000 suppressions décidées fin 2007 - n'oublions jamais, ce sont toujours les petits qui trinquent. Rappelons que les dirigeants renfloués de Citigroup se sont trouvés associés à la plupart des scandales financiers de ces 15 dernières années - notamment  aux faillites du courtier en énergie Enron (2001) et de l'opérateur de télécoms WorldCom, suite  à des malversations comptables colossales - cautionnées par l'agence Arthur Andersen, contre des émoluments de 25 millions de dollars. À l'époque, une dizaine de courtiers de Citigroup, dont la "star" de Wall Street Jack Grubman, furent sanctionnés pour avoir volontairement passé sous silence les déficits de ces groupes. En 2005, les équipes financières de Citigroup et le pdg d'alors, Charles Prince, se faisaient à nouveau prendre en flagrant délit de transactions douteuses à Londres sur les marchés obligataires européens, puis au Japon - où la banque fut bannie de toute activité de gestion de patrimoine, ce qui obligea Charles Prince à présenter des excuses publiques. Sa prime de fin d'année ne fut pas réduite pour autant.

    COMMENT UNE TELLE PERSEVERANCE DANS LA MALVERSATION, L'ABSENCE DE TOUT RESPECT DES REGLES ECONOMIQUES ET LE MEPRIS DE LA CHOSE PUBLIQUE A-T-ELLE ETE POSSIBLE ? LE "GREED", L'AVIDITE DES DIRIGEANTS DES  ENTREPRISES ET DES ORGANISMES DE CONTRôLE - LA FAMEUSE "MAIN INVISIBLE" SI VISIBLE  - N'EXPLIQUE  CERTAINEMENT PAS TOUT. COMMENT DES EQUIPES ENTIERES, DES MILLIERS DE CADRES ONT-ILS PU PARTICIPER, LAISSER FAIRE ? COMMENT DES EQUIPES ENTIERES, DES MILLIERS DE CADRES ONT-ILS PU PARTICIPER, LAISSER FAIRE ? UN DOCUMENTAIRE D'ALEX GIBNAY SUR LA FAILLITE D' ENRON, "THE SMARTEST GUYS IN THE ROOM" (METROPOLITAN) PROPOSE DES REPONSES. LE FILM MONTRE COMMENT LES DIRIGEANTS ET LES CADRES DE L'ENTREPRISE, PRÉSENTÉS À L'ÉPOQUE COMME DES GÉNIES FINANCIERS PAR TOUTE LA PRESSE ECONOMIQUE, ÉTAIENT EN RÉALITE DES CALCULATEURS FROIDS, CYNIQUES, DÉPOUVUS DE TOUTE ÉTHIQUE ET PREOCCUPATION SOCIALE, ET QUI PLUS EST SANS TALENT. ILS ONT RANCONNÉ L'ÉTAT DE CALIFORNIE EN LUI VENDANT DE L'ÉLECTRICITÉ HORS DE PRIX, MULTIPLIANT LES COUPURES POUR LE FAIRE CEDER, CERTES MOTIVéS PAR UN INTÉRESSEMENT AUX BÉNÉFICES, MAIS AUSSI ENRÔLES PAR UNE CULTURE D'ENTREPRISE D'Où TOUTE MORALE PUBLIQUE ÉTAIT ABSENTE, Où LE PROFIT IMMEDIAT ETAIT VALORISE COMME LA SEULE VALEUR POSITIVE. PLUS GRAVEMENT ENCORE, LE DOCUMENTAIRE MONTRE COMMENT CES MILLIERS DE CADRES ONT OBEI À LEUR CHEFFERIE, SE SONT SOUMIS A ELLE SANS REFLECHIR, SANS POSER DE QUESTIONS, SANS REFLECHIR A LEURS ACTIONS ET LEURS MALVERSATIONS. ILS  SE SONT COMPORTES EN PERSONNES SERVILES, EN EMPLOYES DOCILES ET DEFERENTS, CONFIRMANT L'ÉTUDE FAMEUSE DU SOCIOLOGUE AMÉRICAIN STANLEY MILGRAM SUR LA "SOUMISSION À L'AUTORITÉ".
    EN SOUVENIR DES TRAVAUX DE STANLEY MILGRAM, VOICI LE RÉCIT D'UNE VISITE À SON LABORATOIRE DE NEW YORK, DEUX ANS AVANT SA DISPARITION, ALORS QU'IL MENAIT PLUSIEURS EXPÉRIENCES DE PSYCHOLOGIE SOCIALE SUR "LE POIDS DES APPARENCES" (publié dans Actuel en avril 1982, réactualisé en 1998) BIBLIOGRAPHIE STANLEY MILGRAM

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    " AAAAAAAAH ! ARRÊTEZ ! JE VOUS EN SUPPLIE ! JE VEUX PARTIR !"
    Le jeune homme est attaché sur une chaise face à un micro. Des électrodes sont fixées à ses poignets. II hurle et tente en vain de se libérer.
    Dans la pièce attenante, un type d'une quarantaine d'années l'interroge d'une voix solennelle en présence d'un personnage silencieux en blouse blanche :

    " Voici la liste des mots : lent, pas, camion, esprit, débit. Lequel choisissez-vous ? Répon-dez s'il vous plaît. "
    L'homme attaché répond : " Camion ".
    - Faux! déclare l'interrogateur. Le mot juste était esprit. La punition sera de 195 volts.
    II abaisse une manette électrique. Aussitôt, le jeune homme hurle à nouveau.
    " Arrêtez ! Mon cœur va lâcher ! Laissez--moi partir, laissez-moi partir ! " L'interrogateur retient à peine un éclat de rire nerveux et se cache le visage entre les mains. Puis il se reprend et dit d'un ton grave :
    " Je vous lis la nouvelle liste : profond, puits, décolleté, mystère, sommeil. Répondez s'il vous plaît. "
    Aucune réponse. L'homme insiste sur un ton sentencieux:
    " Répondez s'il vous plaît. Je vous préviens, Monsieur Wallace. Je dois interpréter votre silence comme une erreur. "
    Aucune réponse. L'interrogateur se tourne vers son complice en blouse blanche.
    " Dois-je suivre vos instructions à la lettre ?
    - Bien sûr, M. Braverman. "
    Aussitôt, l'air ravi, Braverman abaisse la manette électrique. Tarif : 315 volts. Les cris reprennent.
    " Arrêtez, je n'en peux plus, je vais claquer ! Je vous en supplie. "
    M. Braverman rit pour de bon cette fois, une espèce de hennissement.
    Cette scène odieuse s'est déroulée en jan-vier 1980 au département de psychologie de l'Université de Yale à New Heaven dans le Connecticut. M. Braverman n'avait pourtant rien d'un officier SS. C'était un tranquille assistant social marié père de famille, à qui le jeune psycho-sociologue Stanley Milgram avait demandé de participer à une étude sur la mémoire et l'apprentissage.
    Il s'agissait de punir à chaque fois qu'il se trompait un certain Monsieur Wallace supposé avoir appris par cœur des listes de mots couplés. Le tarif : des décharges électriques croissantes, jusqu'à des chocs presque mortels de 500 watts. Rassurez-vous, le Monsieur Wallace en question n'était pas du tout électrocuté : excellent acteur, il mimait à chaque décharge une douleur insoutenable. L'expérience de Stanley Milgram transformait les honorables Monsieur Braverman en purs et simples bourreaux.

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