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TELEVISION PUBLIQUE, LE FAIT DU PRINCE. LE PRESIDENT DE FRANCE TELEVISION NOMME PAR LE CHEF DE L'ETAT. LA LOI DE SUPPRESSION DE PUBLICITEE SERA IMPOSEE "PAR DECRET"

NEWS NEWS NEWS Alors que le députés socialistes, enfin réveillés et déterminés, mènent une véritable fronde parlementaire pour s'opposer à la supression de la publicité sur les chaînes de France Télévison, nous apprenons que l'artice de loi le plus contesté - la désignation du directeur de France Télévision par le président de la République, non plus par le CSA - a été voté par le parlement. On entérine donc le fait du prince. Au même moment, la ministre de la culture et de la communication, Christine Albanel, a laissé entendre que le texte de loi serait adopté "par décret", si l'opposition persiste faire du tapage et de "l'obstruction". Par Décret... encore une habitude princière.  Cette loi, dont l'effet d'annonce a déjà enrichi les caisses de TF1 et M6, apparait d'autant plus révoltante que la plupart des professionnels du cinéma la jugent contre-productive et dangereuse pour le Septième Art français. Ils y voient l'asséchement immédiat des ressources de France Télévisions - donc de nombreuses productions cinématographiques -, et dénoncent l'abscence de tout projet cohérent visant à garantir des "revenus pérennes"  aux cinq chaînes - en effet dans le projet de loi l'apport financier de l'Etat se trouve limité... à trois années. Et ensuite ?  "Nous n'avons aucune garantie de financement pérenne, expliquait le 10 décembre, très inquiète, Juliette Prissard-Eltejaye, du Syndicat des producteurs indépendants (SPI). Encore moins depuis l'adoption des amendements." En effet, l'un d'entre eux prévoit de diminuer de moitié la taxation des ressources publicitaires des chaînes privées - une des invraisemblables méthodes imaginées pour financer un groupe France Télévision sans publicité - l'a convaincue que "c'est la mort du service public qui est annoncée." (Le Monde.fr, 10/12/08) Pourtant, pendant la catastrophique  crise financière du mois dernier, nous croyions avoir compris qu'il fallait mieux les préserver et les renforcer pour résister à l'effondrement des valeurs, les services publics ?

Menacés, écoeurés, las de manifester pour rien, le personnel de France Télévision a réagi hier en lançant en ligne une pétition de protestation - concoctée par des journalistes de FR3 - tandis que des salariés de FR3 Alsace réalisaient pour le Net (sur You Tube) trois clips moqueurs, bien dans l'esprit "jamming". Sur le premier, on voit Madame Carla Bruni-Sarkozy pousser la chansonnette sur toutes les chaînes de télévision, de TF1 à France 2 en passant par Canal + et Mickey Channel. Une charge pas si surchargée quand on voit les interventions répétées, sur toutes les chaînes publiques et privées, de  Sylvio Berlusconi - qui nomme le président de la RAI - en Italie; ou encore le nombre de couvertures que la presse magazine a consacré au couple présidentiel depuis deux mois (Match, L'express, VSD, etc) ; on se souvient aussi que le président de la République française a distribué le dernier disque de sa femme à la sortie du conseil des ministres. À la fin du clip de FR3, un texte vous prévient : "Quand le service public aura disparu, vous verrez la différence". Puis un autre, sur fond du battement d'un coeur : "Et vous ? Où étiez-vous quand le service public était en danger ?" Oui, où étiez-vous ? Bein, devant ma télévision !

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LA PETITION LANCEE PAR FR3

"UN COUP DE TONNERRE SUR LE SERVICE PUBLIC"

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"L’annonce brutale de la suppression de la publicité a bouleversé et fragilisé notre chaîne. Et pourtant, elle semblait séduisante cette idée ! Comment ne pas saluer ce projet qui pourrait donner à première vue davantage d’indépendance et de liberté à nos chaînes ?

"Malheureusement les garanties de compensation financière semblent aujourd’hui incertaines pour ne pas dire hasardeuses. Les modèles économiques ébauchés (taxes sur les recettes publicitaires des chaînes privées, sur le chiffre d’affaire des opérateurs téléphoniques) risquent d’assujettir davantage notre destinée au secteur privé et à sa bonne santé. Une aberration totale puisque nous pourrions être contraints de négliger l’audience pour ne pas concurrencer nos financeurs !

"Nous, téléspectateurs, techniciens, journalistes, personnels de production, administratifs de France 3, réclamons donc le maintien et la pérennité des moyens alloués au service public et à notre chaîne.

Parce que nous croyons au rôle essentiel de service public que représente France 3, vecteur de cohésion nationale, alliant la proximité de son réseau régional - unique en Europe - à un regard plus large sur notre époque et notre société.
Parce que nous aimons cette chaîne, son sens de la proximité, son regard différent et une certaine liberté de ton.
Parce que nous redoutons que l’insuffisance du financement ne remette en cause l’existence même des rédactions de France 3, qui subissent déjà les effets d’un sous financement chronique.
Parce que nous refusons tout démantèlement ou « vente à la découpe » des rédactions régionales, signifiant immanquablement un appauvrissement de l’offre d’information et une atteinte à l’indispensable pluralisme de l’information.
Parce que face à l’évolution technologique et la montée en puissance des nouveaux médias, nous devons avoir les moyens de repenser, moderniser et valoriser l’information sur nos antennes et sur internet. Dans un contexte de globalisation des médias et de multiplication de l’offre d’images et d’informations, France 3  peut apporter un regard renouvelé, crédible et fiable et assumer des choix éditoriaux différents.

Nous demandons que le service public dispose des moyens nécessaires à ses missions : la création, la diffusion de la connaissance et l’information quotidienne locale, régionale, nationale et internationale.
"

SIGNEZ / http://www.france3cvous.fr/petition.php

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