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  • AMELIE NOTHOMB. L'ENFANCE À EN MOURIR

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    NEWS NEWS NEWS. Depuis 1992, Amélie Nothomb publie un livre à chaque rentrée littéraire. Une frénésie d'écrire qui à la fois interroge - pourquoi publier les médiocres, assez nombreux ? - et force le respect. Après "Ni d'Eve ni d'Adam" en 2007, un récit autobiographique férocement drôle sur un petit ami rencontré à Tokyo à 22 ans, la romancière belge revient au roman avec "Le Fait du prince" (Albin Michel), une comédie rapide et amusante sur l'usurpation d'identité. Un bon cru. Amélie Nothomb se dit incapable de s'arrêter d'écrire ne serait-ce qu'un jour, elle serait en somme boulimique d'écriture. L'ayant interviewé à l'époque de "Biographie de la faim" (août 2004), son treiziéme roman, où elle raconte sa décision irrévocable d'arrêter de manger à 13 ans pour rester en enfance - une anorexie qui durera deux ans et manquera la tuer - elle avait alors beaucoup parlé de la faim, la surfaim et la boulimie. Voici le portrait-entretien fait d'elle à l'époque, publié dans LE MONDE 2 en octobre 2004.
    BIBLIOGRAPHIE AMÉLIE NOTHOMB

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    "-Grossier personnage ! Sortez immédiatement !
    -Mais… l'interview commence à peine.
    -Elle n'a que trop duré, malappris ! Disparaissez ! Et dites à vos confrères qu'on doit le respect à Pretextat Tach !
    "
    Quand on rencontre Amélie Nothomb, impossible de ne pas penser à cette scène de son premier roman "Hygiène de l'assassin". L'intrigue, cinq journalistes viennent interviewer Pretextat Tach, un écrivain célèbre sur le point de mourir. Les quatre premiers se font ridiculiser, puis congédier sans ménagement. L'un d'entre eux lui pose une question qu'on aimerait faire à Amélie Nothomb : "Comment expliquez-vous votre succès extraordinaire ? Y avez-vous réfléchi ?" - et l'écrivain le rembarre : "Je ne me l'explique pas (...) Les usines d'armement vendent chaque jour des milliers de missiles à travers le monde, et ça ne les fait pas réfléchir non plus."
    Une interview de Nothomb devient un terrain miné après "Hygiène de l'assassin".
    Irrévérencieux et enlevé, après avoir été refusé par Philippe Sollers chez Gallimard, ce court roman dialogué a connu un succès immédiat. 50.000 exemplaires vendus en France à la rentrée 1992. Prix René Fallet, prix Alain Fournier accordé à une écrivaine de 25 ans.

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  • VOYAGE AU COEUR DE LA SECTE RAËL DERRIERE MICHEL HOUELLEBECQ

    Le prophète Raël, Claude Vorilhon, et Michel Houellebecq, invité d'honneur de la secte en décembre 2003. (DR)

    NEWS NEWS NEWS."La possibilité d'une île" (Fayard) aura été le grand échec de Michel Houellebecq. Après le succès mitigé du livre, le film fait un flop. 812 entrées le premier jour pour 10 copies. Cela fait quatre ans que l'écrivain, après avoir été lâché par plusieurs producteurs, courageusement, s'emploie à le mener à terme. Présenté à la mi-août au festival de Locarno, il a aussitôt été étrillé par la presse internationale, et l'est maintenant en France, de L'Express à Libération, en passant par Le Monde . "Navet", "nul", "défilé d'images monté sans vie, sans rythme, sans vie, sans rien", "ennuyeux à périr", "l'impossibilité d'un film", "scénario inepte", les critiques sont féroces. Il faut bien le reconnaître : peu d'écrivains ont réussi ce périlleux passage de l'écriture à la mise en scène

    Mais revenons au roman. Ayant appris à l'époque de sa sortie en 2005 que Michel Houellebecq avait été un temps "invité d'honneur" de la secte Raël, puis nommé "grand prêtre"pour avoir soutenu leur appel à cloner des humains dans leurs laboratoires, et comme le livre décrivait une secte très ressemblante (l'église Elohimite), j'ai pour Le Monde 2 infiltré les Raëliens pendant un "séminaire d'éveil". L'idée du journal était d'observer comment l'écrivain passait de la réalité à la fiction, s'inspirait de l'extraordinaire salmigondis de la secte (pour qui les humains sont des créatures fabriquées par les extra-terrestres appelés Elohim), détournait toute cette histoire et la romançait - mais aussi de regarder vivre une secte, de l'intérieur (publié en partie dans Le MONDE Magazine)

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  • GAUCHE. LA RENOVATION DES IDEES A COMMENCE... EN COULISSES DE L'UNIVERSITE D'ETE DU PS. ENQUÊTE

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    NEWS NEWS NEWS Le PS ouvre son université d'été. Très attendue. Aphone, inaudible depuis un an, le PS, ses valeurs politiques vieilles d'un siècle, ont été férocement demontées - dites ringardes, passéistes - par une droite dure et décomplexée. Les socialistes n'ont donc rien à opposer à la crise des subprimes, au démantèlement des télévisions publiques, rien à proposer pour les retraites, les unviversités, le rôle de l'Etat ? Tandis que les leaders s'affrontent en tribune, dans cent clubs, "think tank", groupements d'intellectuels, associations politiques, réseaux internationaux, sur des sites, dans des collections, on assiste à une véritable rage de penser, repenser, innover pour rapprocher l'Etat des individus, corriger les inégalités, donner une "chance de vie" à tous, au plus haut niveau - par exemple. Voyage dans cette constellation où la rénovation de la gauche a commencé : sur quels principes, points de programme, quelle philosophie politique ? (publié dans Le Monde 2, 22/08/08)

    VOYAGE DANS LA TËTE DE LA GAUCHE PENSANTE

    Dix-sept millions de Français, la majorité laborieuse du pays, a voté pour la gauche. Après les échecs à répétition, électeurs, militants, sympathisants attendaient de leurs leaders, leurs partis, des réflexions neuves, un puissant travail de refondation. Qu’entendent-ils ? Une extrême gauche protestataire qui persiste à refuser l’économie de marché et se dire « communiste ». Des écologistes affaiblis par les disputes groupusculaires. Des altermondialistes minorisés et conservateurs. Un parti socialiste politiquement aphone, fuyant le débat sur le fond, replié sur ses bastions. Où est passée la gauche politique ? L’opposition combative et constructive ? Elle reste sans voix, incohérente, face à Nicolas Sarkozy, comme hier le parti travailliste face à Margaret Thatcher. Alors quoi, la gauche républicaine et ses idéaux égalitaires, ses traditions sociales, libérales, fraternelles, la gauche « progressiste » née en 1905, celle de 1936 et du Front populaire, de l’élection de François Mitterrand en 1981, n’a plus de grand projet ? Les socialistes qui ont emporté 20 régions sur 22 et la majorité des grandes villes en 2008, n’ont plus d’alternative politique nationale à offrir ?
    Loin des tribunes, on assiste aujourd’hui à une véritable ébullition intellectuelle, presque à une rage de réflexion, tant la déception a été cruelle en 2007. Chercheurs, intellectuels, élus, chefs d’entreprise, syndicalistes, militants de toutes obédiences s’organisent en fondations, clubs de réflexion, collectifs de propositions, « think tank » ou « think boxes » - les « boîtes à idées » politiques nées aux Etats-Unis pendant les années 1960 -, groupes de soutien à telle ou telle personnalité. On en compte une centaine...

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