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  • ALBERT HOFMANN. LE PÈRE DU LSD DISPARAIT À 102 ANS, APRES AVOIR ETE FETE AU WORLD PSYCHEDELIC FORUM (BÂLE)

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    NEWS. NEWS. NEWS. NEWS. NEWS. LE CHIMISTE ALBERT HOFMANN, L'INVENTEUR DU LSD EST DECEDE LE 29 AVRIL D'UNE CRISE CARDIAQUE À BÂLE (SUISSE). IL AVAIT FAIT UNE BREVE APPARITION AU WORLD PYSCHEDELIC FORUM LE 21 MARS 2008 (BÂLE), Où SE RETROUVAIENT L'AVANT-GARDE DES CHERCHEURS SUR LES PSYCHOTROPES, QU'ILS SOIENT ANTHROPOLOGUES (RELIGIONS, CHAMANISME), MYTHOLOGUES, BOTANISTES, CHIMISTES, PSYCHOLOGUES OU PHILOSOPHES. En écho à cette disparition, voici un reportage au "LSD Symposium" de février 2006 à Bâle, où Albert Hofmann avait fêté ses 100 ans entouré de plusieurs miliers d'amateurs de psychotropes, jeunes de la génération techno comme anciennes figures du mouvements psychédélique, mais aussi de chercheurs en sciences humaines, de musiciens et d'artistes, ou de chimistes spécialisés dans les "design drugs". Une cérémonie émouvante, haute en personnages allumés. Albert Hofmann nous a raconté ce jour là comment il avait pris une dernière fois du LSD à 97 ans - et pourquoi. (publié dans Le Monde 2, mai 2006)
    BIBLIOGRAPHIE HOFMANN

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    (Portrait de Albert Hofmann sur le site MAPS, l'association des études psychédéliques)

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    REPORTAGE AU LSD SYMPOSIUM, BÂLE, SUISSE...

    -J’ai repris du LSD il y a trois ans. Une petite quantité… Albert Hofman parle, du haut de ses 100 ans, la voix claire.
    -Il a bien dit " il y a trois ans " ? Il a pris du LSD à 97 ans ? C’est bien cela ?" La jeune journaliste de TF1 s'étonne, rieuse. Nous sommes avec Albert Hofmann dans la salle de presse du symposium " LSD. Problem child and wonder drug " (LSD. Enfant terrible et drogue prodige).
    Albert Hofmann, continue en allemand, le plus sérieusement du monde, : " Je voulais tester une faible dose, elle pourrait donner un antidépresseur à base de LSD. Je pense qu’à notre époque où l’humanité devient toute urbaine, l’homme perd le contact avec la nature. Il ne ressent plus qu’il fait partie du monde, il n’éprouve plus son unité avec le vivant, il ne voit plus la splendeur de l’univers, alors il désespère..."
    À 100 ans, Albert Hofmann réfléchit encore à un usage bénéfique du diéthylamide de l’acide lysergique, un alcaloïde tiré de l’ergot du seigle, le fameux "acide" de l’époque psychédélique chanté par les Beatles (Lucy in the Sky with Diamonds), aujourd’hui consommé pendant les "raves " et les festivals de musique techno - toujours complètement illégal. Le LSD qui vous emmène pour plusieurs heures " en voyage " dans votre psyché. En " trip ". Et parfois en " horror trip ", comme le rappelle à chaque fois Albert Hofmann - qui a raconté le sien dans son libre LSD, mon enfant terrible (éditions du Lézard, 1997).
    E
    n son honneur, ce 14 janvier 2006, quatre-vingts intervenants se succèdent dans les salles du palais des congrès de Bâle, des neuropsychiatres, des psychologues, des ethnobotanistes, des chimistes, des mythologues, des pharmacologistes, tous les chercheurs es-psychotropes de la planète, mais aussi des musiciens, des peintres, des éditeurs et quelques anciennes figures du mouvement psychédélique comme John Dunbar, le galeriste londonien chez qui Yoko Ono et John Lennon se sont rencontrés, ou Ralph Metzner, le pionnier de la recherche sur le LSD à Harvard avec Timothy Leary. Ils sont tous venus fêter le centième anniversaire d’Albert Hofmann, et discuter trois jours durant des dernières découvertes sur les plantes psycho-actives, les " drogues de synthèse", les " états modifiés de conscience " et les nouveaux médicaments anti-dépresseurs.

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    Lien permanent Catégories : MOEURS
  • MUHAMMAD YUNUS, PRIX NOBEL DE LA PAIX 2006 : "POURQUOI LA CRISE DES SUBPRIMES ? LES BANQUES ONT TROMPE LES GENS..."

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    NEWS NEWS NEWS. Muhammad YUNUS, le fondateur de la Grameen Bank, la banque internationale consacrée au micro-crédit - qui a sorti de la pauvreté chronique plusieurs dizaines de millions de gens - était de passage à Paris pour présenter son essai consacré au "capitalisme social" (Vers un nouveau capitalisme. Lattès, 2008). Une occasion de s'entretenir avec cet économiste et banquier atypique, alors que le système mondial du crédit connaît une faillite historique, que plusieurs grandes banques américaines et anglaises se sont effondrées, la peur de la récession gagne l’Amérique, et des dizaines de milliers d’Américains se retrouvent poussés à la rue par les organismes prêteurs.
    Que pense Muhammad Yunus de cette crise financière qui affecte durablement l'économie mondiale, et risque d'agraver encore l'appauvrissement général - les "émeutes de la faim" ont touché trente pays pauvres ces trois dernières semaines ? Comment analyse-t-il cet effondrement du système bancaire depuis la Grameen Bank, la banque des pauvres à laquelle aucun financier, aucune banque ne voulait croire - ni aider -, la Grameen Bank où les taux de remboursement dépassent les 95% depuis plus de 15 ans ?
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    Elle s’appelait Sufiya Begum. Elle vivait dans une maison de terre, à la campagne, au Bangladesh. Elle fabriquait de jolis tabourets de bambou. Son mari, journalier, gagnait l’équivalent de quelques centimes d’euros par jour. N’ayant pas d’argent, Sufiya Begum vendait tous ses tabourets à un commerçant, qui lui échangeait contre un peu de bambou - c’était son prix. Un jour Muhammad Yunus vient la trouver, étonné qu’elle gagne si peu...
    À cette époque, début 1980, après des études économiques aux Etats-Unis, le professeur Yunus doute. En 1974 et 1975, le Bangladesh a été ravagé par une terrible famine, et, raconte-t-il, il trouve alors «de plus en plus difficile d’enseigner d’élégantes théories économiques sur le fonctionnement supposé parfait des marchés libres, tandis que la mort ravageait mon pays ». Il passe à l’action, décidé endiguer la pauvreté dans la région de Jobra. Il ne comprend pas pourquoi elle est endémique. En discutant avec Sufiya Begum, il a une révélation. « Cette femme était étranglée par son prêteur. Il la condamnait à une sorte d’esclavage. Elle lui donnait toute sa collection de tabourets pour 25 cents, juste parce qu’elle ne pouvait acheter le bambou. Il lui manquait un crédit. J’ai mené une enquête. Quarante-deux villageois dépendaient des prêteurs. Tous auraient pu vivre de leur activité, avec un petit investissement. Il leur fallait, en tout, 27 dollars. Je les avais en poche… » L’idée de la Grameen Bank et du micro-crédit est née de ces rencontres.
    Aujourd’hui, après 25 ans d’existence, la Grameen Bank et les organismes de micro-crédit ony aidé à sortir de la pauvreté 150 millions de personnes à travers le monde. Le professeur Yunus a obtenu le prix Nobel de la Paix en 2006. Depuis plusieurs années, il développe une nouvelle initiative à destination des exclus du monde économique : « l’entreprise sociale ». Il s’agit de lancer des business qui s’équilibrent, font vivre leurs employés, mais dont l’objectif est d’apporter un « bénéfice social ». Ainsi, il a créé au Bangladesh avec Franck Riboud, le p.d.g de Danone, la société Grameen Danone Foods. Elle vend aux habitants de Bogra des yaourts frais à bas prix, présentés dans des coques comestibles - et vitaminées. Elle permet de lutter contre la malnutrition et les carences alimentaires, et d’offrir des emplois locaux. Si l’initiative fonctionne, elle sera développée dans tout le pays. « Ce genre de petite entreprise sociale pourrait se généraliser, explique le professeur Yunus. Elle ouvre un nouveau type de marché, attentif à la pauvreté et aux besoins réels, qui va peut-être changer nos fondamentaux économiques."

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  • JANE GOODALL. "CHACUNE DE NOS BOUCHéES CHANGE LA FACE DU MONDE"

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    NEWS NEW NEWS JANE GOODALL publie chez Actes Sud un nouvel ouvrage "Nous sommes ce que nous mangeons". Née à Londres, en 1934, JANE GOODALL a bouleversé l'étude du comportement animal, en commençant par les chimpanzés dont elle a montré leur capacité à fabriquer et utiliser des outils. Son dernier livre est un cri d'effroi face à notre comportement alimentaire. Elle y révèle, suite à une enquête de plusieurs années, les grandes menaces qui pèsent sur les ressources naturelles à la base de l'alimentation de l'homme et des animaux : déforestation, surexploitation des sols, élevage intensif, pollution des océans tandis que la disparition des espèces s'accélère. Si le constat s'avère, hélas, connu, le mérite du livre du Dr Jane Goodall est de proposer des réponses immédiates. Une nouvelle politique agricole, une meilleure éducation alimentaire des enfants, un approvisionnement de proximité, la préservation des ressources en eau et en énergie, jusqu'au végétarisme
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    « WOU ! HOU ! HOU ! HOU ! WOU WOU ! ». Jane Goodall crie à la tribune. Frêle silhouette, cheveux blancs, visage illuminé.
    Les trois cents lycéens croulent de rire. «Elle vous a adressé un bonjour en chimpanzé» leur explique le traducteur. Les gamins, des tous jeunes, du CM2 à la troisième, repartent à pouffer. Ils viennent d’écouter sagement le discours de Monsieur le Ministre de l’éducation, Xavier Darcos, qui s’est excusé d’être si long. La tension se relâche. Bien vite un collégien demande la parole, Jane Goodall connaît-elle d’autres expressions en langage singe ? Elle se lève aussitôt, et lance. « Je vais vous raconter comment j’ai accueilli votre président au Gabon cet été. » Elle demande au traducteur de jouer le rôle de Nicolas Sarkozy. « Vous savez, explique-t-elle, marchant vers lui en se déhanchant, chez les chimpanzés, hélas, les femelles, hélas, doivent d’abord faire des signes de soumission pour aborder un mâle dominant… ». Elle avance baissant la tête, criaillant « HEU ! HEU ! HEU ! ». Puis elle se jette au cou du traducteur en poussant de joyeux gémissements.
    « Cela veut dire « Bonjour Monsieur Sarkozy » ! »
    Rigolade générale.

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  • LA PROTESTATION MASSIVE DES MILIEUX JUDICIAIRES CONTRE LA LOI SUR LA "RETENTION DE SURETE" ET L'INQUIETANTE DERIVE GENETIQUE DE M. SARKOZY

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    L'inquiétante loi sur "la rétention de sureté", votée par l'Assemblée Nationale le 6 février 2007, adoptée par le Sénat, remise en cause par le Conseil Constitutionnel - que le président de la République, pourtant gardien de la constitution, a tenté de contourner - soulève une opposition de plus en plus déterminée dans les milieux judiciaires. Rappelons que cette loi, telle qu'elle apparaît dans le projet de loi du 28 novembre 2007 constitue selon l'ancien ministre la justice Robert Badinter « un changement profond d’orientation de notre justice (...) Après un siècle, nous voyons réapparaître le spectre de « l’homme dangereux » des positivistes italiens Lombroso et Ferri, et la conception d’un appareil judiciaire voué à diagnostiquer et traiter la dangerosité pénale. On sait à quelles dérives funestes cette approche a conduit le système répressif des Etats totalitaires. » ( La prison après la peine, Le Monde du 27/11/2007).
    Cette loi, défendue avec hargne pour de tristes raisons électoralistes - flatter le vote d'extrême-droite et l'opinion ultra-sécruritaire (les personnes âgées, fond de commerce du vote sarkozyste) avant les élections régionales - revient sur le principe même de "non rétro-activité" du droit français : ce qui explique la censure du Conseil Constitutionnel. Elle permet d'élargir les pouvoirs discrétionnaires de la police - déjà très importants -, de durcir les sanctions et renforcer les moyens de contrainte, mais encore de procéder à "des enfermements préventifs" sur la base d’une présomption d’infraction future. Ce faisant, elle installe une logique d’élimination permanente des décrétés "délinquants", les condamnant à une véritable mort sociale : le fichage à vie, l'impossibilité du rachat, autant dire le déni de Jean Valjean. L’appréciation de la "dangerosité" n’est elle-même fondée sur aucune évaluation solide, faisant appel à la seule expertise psychiatrique, entretenant une grave confusion entre délinquance et maladie mentale : l'évaluation de la dangerosité d'une personne relève désormais du "diagnostic". Avec ce texte de loi, la France de M. Nicolas Sarkozy s'est dotée d’un dispositif sans équivalent dans nos démocraties (aucune loi comparable existe en Europe, quoiqu'en dise le gouvernement) - aux Pays Bas et en Belgique, ce type d’enfermement n’intervient qu’en substitution à la peine. Aujourd’hui, c'est la Russie de M. Poutine qui enferme des journalistes dans des établissements psychiatriques, prétextant de leur "dangerosité sociale".
    Indignés par cette "loi de rétention" - à ajouter aux annales de ce régime -, le Syndicat National de l'ensemble des personnels de l'Administration (SNEPAP-FSU), le Syndicat de la Magistrature et quarante associations médicales, judiciaires et humanitaires (dont La Ligue des droits de l'Homme, le Syndicat de la Medecine Générale, l'Union Syndicale de la psychiatrie, etc) lançaient le 20 mars 2008 un appel demandant son abolition. 15.500 personnes l'ont signé en une semaine (pour signer : www.contrelaretentiondesurete.fr/). Que dit ce texte ?

    " Malgré l’opposition de très nombreux professionnels et citoyens, la loi instaurant une « rétention de sureté" qui permet, après l’exécution de la peine de prison, de prolonger - sans limitation de duŕee et sans infraction - l’enfermement des personnes considéŕees comme d’une «particulière dangerosité" est entŕee en vigueur.
    La mise en place d’un tel dispositif relève d’une philosophie de l’enfermement qui dénie à l’homme toute possibilité d’amendement.
    La présomption d'innocence devient secondaire et la justice de sureté prend le pas sur la justice de responsabilité.

    NOUS NE POUVONS ACCEPTER UN TEL MODELE DE SOCIETE

    - parce que la rétention de sureté, comparable dans sa philosophie à la peine de mort, est une peine d’élimination préventive susceptible de graves dérives ;
    - parce que la rétention de sureté ajoute de l’enfermement à la peine de prison, déjà anormalement longue en France au regard des standards européens, et constitue en conséquence un traitement inhumain et dégradant ;
    - parce que la rétention de sureté implique un pronostic arbitraire de la «dangerosité», dont les contours ne peuvent être clairement définis, ni par les psychiatres, ni par les juristes ;
    - parce que la rétention de sureté crée l’illusion du « risque zéro » de récidive par l’exploitation démagogique de la douleur des victimes ;
    - parce que la rétention de sureté témoigne du renoncement des pouvoirs publics à faire de la prison un temps utile à la prévention de la récidive et à la réinsertion ;
    - parce que la rétention de sureté, malgré l’accomplissement de la peine, n’autorise plus l’oubli du crime, réduisant ainsi la personne à son acte criminel passé avec le risque de l’y enfermer à jamais ;
    - parce que la rétention de sureté est une violence institutionnelle inacceptable qui prive les détenus de tout espoir de liberté;
    Pour toutes ces raisons, la rétention de sureté n’est en aucun cas un instrument
    de prévention de la récidive et de protection des citoyens."

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