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  • ECOLOGIE INDUSTRIELLE. LA NATURE COMME PATRON

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    (Projet de la ville éco-industrielle de Dongtan, Chine)

    NEWS NEWS NEWS Fin mars, tous les acteurs français de l'écologie industrielle se réunissaient pour faire des propositions concrètes à l'Agence Nationale pour la Recherche (ANR). L'écologie industrielle ? Une contradiction dans les termes ? Non, sans doute un des grands défis du XXIe siècle : reconcilier les activités industrielles, une croissance contrôlée, la vie de populations de plus en plus nombreuses et la biosphère. Enquête auprès des pionniers, théoriciens et hommes de terrain de cet apparent oxymore, l'E.I, l'écologie industrielle (article publié dans Le Monde 2/ mars 2008)
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    1 - Cessons de nous comporter et nous penser comme un parasite terrestre, une espèce maudite qui épuise irrémédiablement la planète.
    La peur est mauvaise conseillère. Nos industries chimiques, automobiles, pétrolières, énergétiques, urbaines, agricoles, forestières, maritimes, touristiques ne pollueront pas toujours. Industries et environnement ne sont pas voués à s’autodétruire. Nous devons sortir de cette impasse intellectuelle. Ecologie et industrie, environnement et business vont et doivent s’associer - s’harmoniser. Le grand défi de ce siècle sera l’«écologie industrielle». D’accord, cela sonne comme une contradiction dans les termes « écologie industrielle ». Mais une nouvelle manière de pensée apparaît souvent impensable au début. L’écologie industrielle (E.I) est un « paradigme neuf » comme disent ses théoriciens - un mouvement international d’idées, d’entrepreneurs et d’acteurs de terrain. Ecoutons l’un d’entre eux, Suren Erkman. Nous sommes à Genève, dans les locaux de sa société d’étude de projets industriels et technologiques. Ce biologiste suisse de 50 ans, ancien journaliste scientifique, a formalisé plusieurs des concepts importants de l’écologie industrielle dès 1994, avant de donner des cours à l’Université de Technologie de Troyes, puis à Genève.
    « L’écologie industrielle repose sur trois idées force. La première, c’est d’imaginer le tissu industriel et urbain comme un cas particulier d’écosystème, qu’il faudrait faire fonctionner comme tel. De fait, tout ensemble d’industries fait circuler certaines quantités de matières, d’énergie, d’information, de déchets, de gaz, d’espèces vivantes, d’intelligence, comme tout système naturel. Nous pouvons en analyser le « métabolisme », c’est-à-dire les flux, les stocks, les dépenses, les pertes, les dégradations comme pour un ensemble vivant. Deuxième idée force, nous pourrions tendre à optimiser et « boucler » ce système pour qu’il récupère au mieux ses dépenses d’énergie, recycle ses déperditions, réutilise ses déchets et réduise son « empreinte écologique » à l’image d’un écosystème naturel ou d’« une chaîne alimentaire ». »
    Des exemples frappants ? « Le traitement des déchets fournit des exemples classiques, mais limités, d’écologie industrielle. Aujourd’hui, de nombreuses entreprises utilisent les détritus des décharges urbaines comme nouvelle matière première, ou comme combustible. Le cimentier français Lafarge les brûle dans ses fours, à 2000°, ce qui réduit son usage de produits fossiles, tout en détruisant tous les composés organiques polluants, même les pneus. Mais nous voyons bien qu’il faut aller plus loin, car l’incinération pose un problème de pollution d’air. »
    La troisième idée force ? «  Mettre en place des technologies propres et des « symbioses » qui permettent la réintégration des produits et des matériaux à l’intérieur même des chaînes de recyclage la biosphère. Au final, l’E.I se propose de repenser toute notre activité de production sur le modèle des écosystèmes…»
    Suren Erkman n’est pas juste un des théoriciens importants de l’E.I. Il a mené des opérations de recyclage de déchets électroniques en Inde. Il a contribué à l’adoption par la ville de Genève d’une loi adoptant plusieurs principes de l’écologie industrielle. Il dit des choses dérangeantes.
    « Aujourd’hui, la politique écologique arrive à une impasse. En nous focalisant sur la pollution, les déchets, le traitement « en fin de processus » (end of the pipe), nous ne réglons rien. La « dépollution » ne fait souvent que déplacer la pollution. Le traitement des eaux usées produit de l’eau propre, mais aussi des boues d’épuration pleines de métaux lourds. Si vous les épandez sur les sols, vous contaminez. L’incinération des déchets urbains permet de réduire les stocks, mais pollue l’atmosphère. Il faut filtrer les fumées, mais il restera encore des cendres, des eaux de rinçage. Nous voyons bien qu’une action cloisonnée, que ce soit la « dépollution » ou « la réduction des émissions» ne propose que des solutions partielles. Elle procède par petites améliorations, avec des technologies adaptées mais limitées. À la longue, cette  méthode renforce le système industriel actuel. »

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  • JURER EST FORTIFIANT, MILLIARD !

    NEWS. NEWS.NEWS. "Vingt de diousse !", "Quelle boubousse", "C'est un babache", " Tu cherches des carabistouilles", "Heiiiiiiiin !", on aura redécouvert les formidables jurons du Nord dans le film de Dany Boon " Bienvenue chez les Ch'tis" - un hommage à l'ambiance chaleureuse des rades sous la drache et des matchs du RC-Lens, aux bonheurs de la camaraderie. Grâce aux jurons, à la langue déliée et railleuse, il fait beau dans le Nord. Eloge du juron, de l'injure et des joutes langagières.

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    La vache ! Sainte Vierge ! Vingt de diousse ! Macarelle ! "Du brun !", Milladiou ! Du Nord au Sud, nous avons tous nos jurons préférés. Ou personnels. Souvent spontanés. Ou bien placés. Ce ne sont pas toujours des gros mots. Mince ! Non d'un petit bonhomme ! Flûte ! sont de gentils jurons. D'autres fleurent le sacrilège. Sacristi ! Pute borgne ! D'autres manifestent l'admiration, Dingue ! Merde alors ! Les jurons expriment des sentiments immédiats et puissants, très variés, allant de la colère - Misère ! Les salops ! - à l'incompréhension - Putain !, Milliard ! De la surprise à l'indifférence - Bof ! Mouais ! Nous sommes parfois comme saisis par le juron, parfois grâce à lui le corps parle, se libère, se défoule, d'où ses vertus stomachiques et fortifiantes : C'est à dégueuler ! Fais chier ! Plein le dos ! Quelquefois la mystique et le sens tragique se manifestent - Dieu de merde ! Misère ! Rimbaud, Flaubert, Céline, Pennac adorent les jurons. La presse aussi s'y adonne. Belzebuth ! a osé Le Figaro. Boljemoî ! risque le Progrès. Caca boudin ! dit La Croix. Caramba ! fait Libération. Le juron, parfois, accompagne l'injure.
    I
    njurier n'est pas jurer, encore moins insulter. Injurier est un une joute, un duel moucheté. L'insulte veut détruire, l'injure et le juron s'amusent… Ils provoquent la rencontre désopilante d'un personnage - hey grand dadais !- et d'une formule - Et ça veut péter plus haut que son cul ! L'injure et ses tombereaux, les jurons sur tous les tons méritent un "traité d'injurologie", comme en a réalisé le linguiste Robert Edouard - tout l'esprit de Michel Audiard, San Antonio, Cavanna est dans le dictionnaire des injures de Robert Edouard. Cet art d'injurier, riche en registres ( animaliers - putois ! cochon ! , physiques - mat de misaine, grand serin !, médicaux - taré, dingo, phychotique !, etc), associe l'expression verbale à des mimiques et gestes moqueurs - se vriller la tempe de l'index, secouer fort sa main sous son menton, etc. Il pratique l'interjection - Va donc espède de…, Tu t'es vu… - et la répartie qui fait mouche. L'injure est un art sans violence physique, un théâtre verbal, un révélateur de personnalité. L'injure fait partie du registre de l'éros, elle se retourne, se transforme alors en salissure tendre, en juron salace : Ha, ma salope... etc. Un injure savoureuse déclenche souvent en retour des cascades de jurons incontrôlés et d'insultes incontrôlées, trop souvent empruntés à la petite enfance scatologique. Enculé ! Spèce de merde ! Le vernis craque damned.

    A lire
    Le dictionnaire des jurons. 750 entrées. Pierre Enckel. Puf. Nov 2004. 800 p. 30 e. Traité d'injurologie. Robert Edouard. 10/18. 334 pages. Réédition oct 2004.

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