« 2007-12 | Page d'accueil | 2008-02 »

mardi, 29 janvier 2008

JOSEPH. E. STIGLITZ, PRIX NOBEL d'ECONOMIE, CONTRE "LES BOLCHEVIQUES DU MARCHE"

ed8ceb040c7952c2993d713f9f69d861.jpg

NEWS NEWS NEWS. Les socialistes, ou encore le groupe ATTAC, moquent la décision de Nicolas Sarkozy de faire appel à deux grands économistes non "classiques", opposés aux "néo-libéraux", Joseph Stglitz et Amartya Sen, pour définir de "nouveaux instruments de mesure de la croissance". Les socialistes disent que le président veut "changer le thermomètre" alors que toutes ses promesses s'effondrent : le pouvoir d'achat recule, la croissance n'est pas au rendez-vous, la volonté de "prendre aux pauvres pour donner aux riches" - comme le montre de façon assez convaincante l'excellent Observatoire des Inégalites - devient chronique. ATTAC, toujours très militant, rappelle que le CNIS, le Conseil National de l'Information Statistique, déjà chargé d'une mission similaire se retrouve écarté par la nouvelle mission confiée aux deux prix Nobel. Or le CNIS travaille dans la concertation, prend le poûl des ong et des acteurs sociaux, s'appuie sur les travaux de l'Assemblée Nationale. D'où le point de vue radical d'ATTAC : " Si les travaux de la commission Stiglitz ne s’inscrivent pas dans le cadre du CNIS et ses règles participatives, si la société civile n’est pas fortement représentée, les experts que l’on contactera pour en faire partie devraient adopter (...) même s’ils apprécient les travaux et la personnalité de Joseph Stiglitz, une position logique : le boycott."
Au delà de cette polémique, un entretien fait pour Le Monde 2 avec Joseph Stiglitz en février 2004, juste après qu'il ait été invité par le Forum Social de Bombay (altermondialiste), puis le Forum Economique Mondial de Davos (où se retrouvent les plus grands dirigeants d'entreprise et leaders politiques). Réinvité à Davos cette année, poursuivi par une cohorte de journalistes, l'économiste a déclaré doctement : "le temps libre fait partie du niveau de vie.". Ajoutant, ce qui ne devrait pas plaire aux partisans de l'obsessionnel (et tautologique) "travailler plus pour gagner plus" : «Les Américains travaillent plus longtemps que les Français. Mais leur bien-être en est-il meilleur ? Quand on n'a pas de temps libre, on ne voit jamais sa famille !» Faut-il être prix Nobel d'économie pour faire cette fracassante découverte ? Pourqu'elle soit entendue, sans doute.

Lire la suite

lundi, 28 janvier 2008

CONCOURS INTERNATIONAL DES AFFREUX CHE GUEVARA

93767016a0066b7302612ea9b647d3b9.jpg

(Tia Govarela) 

NEWS NEW NEWS Alors que le régime cubain continue son durcissement, et que Fidel Castro, 82 ans, parle de son retour aux affaires, voici quelques "affreux Che Guevara" publiés dans le cadre du concours international en ligne des "Che feio" initié par un collectif de jammers portugais. Il est intéressant de voir comment ces images du "Che" sont aussi bien utilisées pour se moquer de Fidel Castro et du système cubain, que de ceux qui friment en jouant au "Che". A voir aussi sur ce blog, le concours des "Horribles Mickey" (Mickey feio). Lien : http://mickeyfeio.wordpress.com/http://chefeio.wordpress.com/

b097e147921c529e4315acec89f24333.jpg
 (Juliana Leal)
4c5e72a879ad644cdd191dafc22d105d.jpg
 (Natalia Cavaleiro)
0439afcf193ec3eec4751d2ec82afaca.jpg
(Bruno Pagani)
27cbbe8f83bad43a0c8fa839db9e912b.jpg
 (Henrique Koblitz)
43811818f2df9e7feb6b272fb1e3e98c.png
 (Ovidio Fereira)

vendredi, 25 janvier 2008

ENFANTS D'HOMOSEXUELS, ENFANTS INVISIBLES

28734dfcd8d21d92297a355595f703f3.jpg

  (Claire Breton, 28 ans, revendique son statut illégal d’”enfant d’homosexuel” et défend ses parents)

NEWS. NEWS NEWS Le 24 janvier, la Cour Européenne des Droits de l’Homme a condamné la France pour avoir refusé l’agrément d’adoption à une femme pour le seul motif de son orientation sexuelle. Ce jugement devrait faire jurisprudence et ouvrir la voie à la suppression, dans la France sarkozienne, de la discrimination en raison de l’orientation sexuelle sur les questions d’adoption par les départements. Une date historique. L’Europe joue enfin un rôle actif pour le respect des droits des minorités sexuelles. Rappelons qu’en France pourtant plus de 100.000 enfants, sans doute 200.000 ou plus, vivent avec des parents homosexuels - leur non-reconnaissance soulève de lourds problèmes à la fois juridiques et humains.
En regard, cette enquête publiée dans Le Monde 2 (juin 2005) qui présente les témoignages de trois enfants élevés par des parents homosexuels, et les enquêtes de chercheurs et sociologues travaillant depuis des années sur ces questions sensibles. 

BIBLIOGRAPHIE HOMO

Lire la suite

19:15 Publié dans MOEURS | Lien permanent | Envoyer cette note

lundi, 21 janvier 2008

PRISON D'ABU GHRAIB. L'EX GENERALE AMERICAINE JANIS KARPINSKI PORTE PLAINTE CONTRE DONALD RUMSFELD POUR AVOIR PROMULGUE LA TORTURE

909a9e420d313ac17c592eccde53e5cd.jpg

NEWS NEWS NEWS Le film "Detention secrète" de Gavin Hood sur les manoeuvres obscures de la CIA au Moyen Orient sort sur nos écrans. Il raconte comment un professeur égyptien vivant aux Etats-Unis, soupçonné de collusion avec un groupe terroriste islamiste, est enlevé en plein aéroport de New York, emporté dans un pays arabe "allié" et torturé avec la complicité de la CIA. Le film, un thriller efficace, montre des scènes de "waterboarding" - noyade -, où l'inculpé tordu de douleur finit par donner des noms de gens qui n'existent pas. Il arrive à point nommé pendant la campagne électorale américaine, au cours de laquelle l'administration Bush continue de prétendre publiquement que le "waterboarding" n'est pas de la torture - ce qui a offusqué la candidate démocrate Hilary Clinton.
En regard de ces débats - faut-il, dans une démocratie, torturer les "terroristes" ? -, cette enquête sur l'ancienne générale de l'armée américaine Janis Karpinski, dégradée au rang de colonelle pour n'avoir pas su que des soldats torturaient dans cellules 1A et 1B de la prison d'Abu Ghraib - dont elle avait la responsabilité administrative.
Aujourd'hui, Janis Karpinski porte plainte contre l'ancien Secrétaire d'Etat à la Défense américain, Donald Rumsfeld pour avoir promulgué en Irak des méthodes d'interrogatoires contraires aux règles de l'Armée américaine et à la Convention de Genève sur les prisonniers de guerre. Elle l'accuse d'avoir généralisé au Moyen-Orient, en dépéchant le général Miller à Bagdad puis à Bagram en Afghanistan, des techniques de renseignement s'apparentant à la torture mises au point au camp de détention de Guantanamo - consignées dans des "mémorandums" aujourd'hui connus. Elle refuse la thèse officielle des quelques soldats irresponsables s'adonnant à des actes sadiques dans la prison d'Abu Ghraib. La torture, affirme-t-elle, a été méthodiquement employée contre les "terroristes" par les officiers du renseignement américain.

------------------------------------------------------------------------------------------

ae3f905109307976ae74e959ba095186.jpg

(Janis Karpinski avec Donald Rumsfeld en tournée d'inspection en Irak, hiver 2003)
REPORTAGE...

... Cette enquête a commençé comme ça. Le 25 octobre 2007 Donald Rumsfeld arrive à Paris sans se douter de rien. L’ancien Secrétaire américain à la Défense doit prendre la parole à une conférence du Club Interallié. À peine sa présence sur le territoire français est-elle confirmée, quatre associations humanitaires réclament l’ouverture d’une information judiciaire contre lui auprès du Tribunal de Grande Instance de Paris - la Fédération Internationale des Droits de l’Homme (FIDH), la Ligue française des Droits de l’Homme (LDH), le Center for Constitutional Rights (CCR, New York), le European Center For Constitutional and Human Rights (ECCHR, Berlin).
À quel titre ?
De l’article 6 de la Convention internationale contre « la torture, et autres traitements cruels, inhumains et dégradants ». Ses dispositions, intégrées au droit interne français, autorisent de prendre « toutes mesures conservatoires au fin d’assurer la détention » de toute personne responsable de tels traitements présente sur le territoire Français.
Vous les voyez venir... S’appuyant sur la « compétence universelle » d’un tribunal français, les associations de Droits de l’homme veulent réitérer contre Donald Rumsfeld une action juridique semblable à celle lancée par le juge espagnol Garzòn, qui avait fait assigner à résidence en Angleterre le dictateur chilien Augusto Pinochet – pour torture encore. Pourquoi les associations des Droits de l’Homme lancent-elle cette procédure depuis la France, non des Etats-Unis ? Ce n’est pas faute d’avoir essayer. Human Rights First, l’American Civil Liberties Union (ACLU) le CCR ont attaqué Donald Rumsfeld au civil. Pour « abus de détenus ». Pour avoir bafoué la Convention de Genève sur les droits des prisonniers. A chaque fois, l’affaire a été rejeté pour « immunité » du Secrétaire à la Défense.
Au pénal, même échec. Pourquoi ? Aux Etats-Unis les procureurs seuls décident d’ouvrir une procédure, et les dossiers sensibles dépendent de la volonté du Procureur Général, l’équivalent du Garde des Sceaux, nommé par le président Georges Bush.Voilà pourquoi les associations humanitaires tentent début octobre de faire ouvrir une information judiciaire depuis la France. La même démarche avait permis de faire arrêter en juillet 1999, à Montpellier, l’officier mauritanien Ely Ould Dah suspecté d’avoir été un des tortionnaires du « camp de la mort » de Jreïda.
Sur quels griefs repose la plainte pour torture contre Donald Rumsfeld ?

Lire la suite

jeudi, 17 janvier 2008

NOUS ADULONS LES CHATS DEPUIS 9500 ANS -ET MANGEONS ET MASSACRONS LES AUTRES

9662acce085b8acb65e173f5b5b68975.jpg

NEWS NEWS NEWS NEWS Les études faites pendant l'année 2007 le confirment, 9,9  millions de chats domestiques ont été recensés en France pour 8,5 millions de chiens. Cet énorme engouement pour les félins s'expliquerait par l'urbanisation (le chat d'appartement est plus facile à  élever que le chien d'appartement), ou encore par un intérêt nouveau pour la personnalité du chat (plus autonome, moins servile), ou bien par notre fascination grandissante pour les animaux à l'heure où de plus en plus d'espèces disparaissent - il nous reste cette élite domestiquée (et privilégiée) pour conserver une relation riche avec des êtres vivants non-humains (nous massacrons et mangeons les autres). 

Cela constaté, notre passion pour les petits félins que sont les chats ne dâte pas d'aujourd'hui. La revue Science nous apprenait en avril 2004 qu'un chat "felis silvestris", proche du chat sauvage oriental actuel, a été retrouvé dans la sépulture d'un personnage important, entouré de haches polies, de silex taillés, d'une pierre ponce, et d'une parure comprenant 24 coquillages et une pyrolite verte. Cela à Shilourokambos, Chypre. Cette découverte révèle que le chat serait vassalisé, voire adulé depuis... 9500 ans.

Ci dessous, un reportage auprès d'un des "inventeurs" du chat chypriote - Jean-Denis Vigne, archéozoologue du CNRS-Muséum - et plusieurs sociologues travaillant sur la passionnante "domestication".
--------------------------------------------------------------------- 

 (La sépulture du chat retrouvée à Chypre, 9500 ans d'âge)
     ... Mon dernier chat m'attendait sous l'escalier. Un vrai gouttière parisien, rayures grises et ventre jaune, un jeunot efflanqué. Aussitôt, il m'a couru dessus, miaulant à fendre cœur, me fixant de ses gros yeux verts. Il m'a suivi jusqu'à l'étage, sans cesser de couiner. Quand j'ai ouvert la porte, il a filé à l'intérieur de la maison. J'étais fait. Un mois plus tard, j'habitais chez lui. Je préparais ses repas, nettoyais sa litière et son bol. Il participait à chaque dîner. Il dormait sur le lit conjugal. Il épongeait mes états d'âme et mes élans d'affection.
Aujourd'hui, j'éprouve la confuse sensation de travailler pour que Chat se la coule toute la journée, traînant de son panier au radiateur, avant de filer courir la femelle.
Comment expliquer cette rapidité à s'installer ensemble sous un même toit, nous et les felis catus ? Les hommes et les chats et la domestication des uns par les autres, cette histoire vient de loin, nous savons bien. Mais de quand ? De 7500 ans avant J.C au moins, soit 9500 ans. C'est ce qu'établirait une découverte publiée au printemps 2004 dans la revue Science faite par une équipe de chercheurs français sur le site néolithique de Shilourokambos à Chypre. Un chat felis silvestris, proche du chat sauvage oriental actuel, a été retrouvé dans la sépulture d'un personnage entouré de haches polies, de silex taillés, d'une pierre ponce, et d'une parure comprenant 24 coquillages et une pyrolite verte. Comment être sûr que le chat n'est pas venu mourir là, quelques siècles après, avant d'être retrouvé enterré au même endroit 9000 ans plus tard ?

Lire la suite

08:50 Publié dans MOEURS | Lien permanent | Envoyer cette note

lundi, 14 janvier 2008

TASLIMA NASREEN. NI DIEU, NI MAÎTRE

65c88144310fb56764351893850efbfa.jpg

 NEWS NEWS NEWS. Taslima Nasreen, écrivaine bengladeshi, a reçu le 9 janvier le premier prix Simone-de-Beauvoir pour la liberté des femmes. À cette occasion, elle a présenté un texte où elle décrit la situation d'isolement et de mépris où elle est maintenue aujourd'hui en Inde, où elle s'est refugiée (Le Monde du 11 janvier). À la fin novembre 2005, déjà en exil, condamnée à mort dans son pays par une fatwa, Taslima Nasreen recevait à Paris le Prix Madenjeet Sing consacré à une personnalité luttant pour la tolérance (attribué aussi à l'opposante birmane Aung San Suu Kyi).
Voici un entretien avec Taslima Nasreen, médecin et écrivaine se revendiquant "athée", matérialiste, refusant tout compromis avec ceux qui l'ont attaquée, défendant envers et contre tous les plaisirs et la liberté des femmes, comme la liberté de critiquer toute religion et tout prophète (publié dans Le Monde 2, mars 2005)

BIBLIOGRAPHIE TASLIMA NASREEN
_________________________________________________________

"ATHÉE, ATHÉE, ATHÉE !"

-Le dernier volet de votre biographie, "Dwikhandita", "Coupée en deux", a été interdit en Inde, après le Bangladesh. Quelles sont les raisons invoquées par le gouvernement indien ?

-Ils disent que les pages 39 et 40 heurteraient la sensibilité religieuse des minorités musulmanes. Qu'il y aurait des émeutes chez les musulmans indiens, et que cela dérangerait l'ordre public. Je ne peux pas croire que les Musulmans se sentent assez faibles, ou alors ne soient pas assez puissants, cultivés et civilisés pour que deux pages d'un livre écrit par une femme les menacent !

-Qu'écrivez-vous dans ces deux pages ?

-Je reprends quelques idées que j'avais déjà avancées lorsque le gouvernement bengladeshi a fait de l’islam la religion d’Etat. J'affirme qu'il n'a aucun besoin d’une religion d’Etat dans notre pays, et nulle part, car la religion est une affaire personnelle. Ensuite, je rappelais quelques histoires assez drôles, et très connues, concernant le prophète Muhammed. Cet homme était viril, il a épousé de nombreuses vierges, et il avait l’habitude d'avoir une femme différente chaque nuit. Or un jour que sa cinquième épouse, Hassa, était chez ses parents, Muhammed entraîna une servante dans sa chambre. Mais Hassa rentra chez elle, et constata l'inconduite de Muhammed. Elle rameuta alors les autres femmes pour leur dire que Muhammed avait mal agi. Mécontent, le prophète lui dit que si elle continuait à se comporter ainsi, il allait la répudier et prendre une épouse plus dévouée. Puis il ajouta qu’il n'allait pas voir la servante pour lui-même, mais parce que Allah lui demandait d’agir ainsi. Autrement dit, à chaque fois que Muhammed a des problèmes, Allah le commande. Voilà comment se comporte le messager de dieu ! J’ai juste rappelé cette histoire, je ne l’ai pas inventée, vous pouvez la retrouver dans tout livre sur le prophète. C'est trop facile d'agir mal en se réclamant de dieu ! Le gouvernement indien a interdit le livre à cause de cette histoire, craignant que les fondamentalistes musulmans attaquent les librairies, comme ils l'ont déjà fait quand j'ai publié "La Honte".

Lire la suite

mardi, 08 janvier 2008

LEONARDO DICAPRIO PRODUIT "LA ONZIEME HEURE", UN DOCUMENTAIRE ECOLOGIQUE CHOC

f6930b6d147db665bc02fbe703ddefdc.jpeg
NEWS NEWS NEWS « La Onzième heure », le documentaire écologique très visuel et très didactique produit par Leonardo DiCaprio était présenté le 8 janvier à l’Assemblée Nationale française par le leader écologiste Nicolas Hulot en présence de nombreux députés et de Bernard Accoyer, le président de l'Assemblée. Un succès pour un film "fait à la maison", avec très peu de moyens, diffusé en Europe par la Warner sur Internet en V.O.D (vidéo à la demande).

Reportage sur les coulisses du film, que l’acteur présentait l’été dernier à Los Angeles (publié dans Le Monde 2, janvier 2008).

Comment télécharger le film. Sur le site de la Warner (sous peu) : http://www.warnerbros.fr/main/homepage/homepage.html 

------------------------------------------------------------------
 
a0299d44fcdebcdc60fdc0789a625327.jpg
L’inquiétante affiche du film « La Onzième heure » vous accueille. Une grande photo de la Terre écrasée par une empreinte de chaussure sale. Elle donne bien le ton du documentaire produit, voulu par Leonardo DiCaprio, présenté la veille dans une petite salle de Rodeo Drive, Los Angeles, devant plusieurs dizaines de journalistes du monde entier. Beaucoup en sont sortis en état de choc. « La Onzième Heure », entendez « la dernière heure terrestre», commence par une rafale d’images éprouvantes. Glaciers s’effondrant, tsunami déferlant, l’œil du cyclone Katrina se déplaçant, tempêtes ployant les arbres, maisons arrachées, hommes emportés par les eaux. Vous vous dites, cela va s’arrêter. Mais non. Les trois quarts du film consistent en ce déferlement d’images dévastées. Avec les bruits réels, les commentaires des JT. Elles sont montées en séquences thématiques. Réchauffement. Déforestation. Océans malades. Désertification. Pollution des fleuves. Contamination de l’air. Extinctions animales. Nous connaissons hélas la chanson. Dans « La Onzième Heure », nous voyons le clip. Frappés presque physiquement. Sauf que ce clip est un documentaire. Entre chaque cascade d’images, un scientifique, un chercheur, une responsable de fondation, ou encore DiCaprio (en narrateur) interviennent. Beaucoup sont des poids lourds. Le physicien et cosmologiste Stephen Hawking. Le prix Nobel de la paix 2004, la kenyane Wangari Maathai du mouvement « La ceinture verte ». Le généticien canadien David Suzuki. L’architecte de l’« écologie industrielle » William McDonough. L’océanographe William J. Nichols. Tzeporah Berhman, le fondateur de « Forest Ethics ». Et 50 autres. Experts. Ecologistes scientifiques. Entrepreneurs verts. Tous, à travers des interventions courtes, établissent le diagnostic des maladies planétaires, écosystème par écosystème.

« La Onzième heure » continue le travail explicatif du film d’Al Gore « Une vérité qui dérange ». Seulement nous ne sommes plus dans une conférence « power point » sur le réchauffement, nous assistons à la suite de la démonstration : la Terre entière court au désastre, en premier lieu l’humanité. Le film tente d’apporter des réponses à des questions cruciales. Comment les leaders en sont arrivés à refuser d’entendre les scientifiques ? Quelles conceptions de l’économie, du statut de l’homme sur Terre, de la nature, sous-tendent une telle crise? Les chercheurs proposent leurs analyses. Pas toujours faciles. Le généticien David Suzuki explique combien notre « gros cerveau » nous a joué un mauvais tour, nous faisant croire que nous sommes géniaux, hors la nature, alors que nous sommes une combinaison de « grand singe » et de « bactéries ». L’économiste Nathan Gardens, décrit comment la révolution industrielle a détruit les formes de vie qui se renouvelaient d’elles-mêmes. DiCaprio se défend : « Ce ne sont pas des sujets  où vous nourrissez le public à la petite cuillère, en leur servant de la nourriture prédigérée pour enfant ».

Lire la suite

mardi, 01 janvier 2008

2008. NOUS VIVONS EN PLEINE SCIENCE FICTION !

27db68b65c501d4f3c7520a91883c20d.gif

NEWS NEWS NEWS C'est la nouvelle année. 2008 ou 2028 ? Sera-t-elle celle de notre entrée dans un monde qui ressemble aux romans de science-fiction apocalyptiques du XXe siècle ? Un exemple : ces derniers jours, le site web du Nouvel Observateur racontait comment la marque de cosmétiques Loréal recrute des employés virtuels dans le monde parrallèle "Second Life", désormais investi par les industriels et les publicitaires. "..." Asseyez-vous", dit aimablement à la candidate à l'emploi le recruteur : il est affublé d'une souriante tête de renard, grandes dents et grandes oreilles".
Nous sommes très proches d'une scène d'un roman de science-fiction imaginée par l'écrivain Neal Stephenson dans "Le Samouraï virtuel" en 1992, où l'on trouve un monde parallèle, le Metavers, qui ressemble tout a fait a Second Life : les doubles virtuels des hommes vont y faire des rencontres, chercher du travail et courir les cyber-bordels.

Question sur notre futur immédiat : la science-fiction du siécle dernier a-t-elle imaginé notre monde d'aujourd'hui ? Les avis font polémique. Si la science actuelle n’a toujours pas permis de créer l'homme invisible, la drogue du Docteur Jekyll (quoique... le LSD ne permet-il pas d'accéder à notre multipersonnalite ?), la machine à remonter le temps, si aucun extra-terrestre n’a encore débarqué, les romans de H.G Wells, Aldous Huxley et Robert Louis Stevenson restent de grands livres sur les apprentis sorciers et les généticiens qui veulent bouleverser les lois de la nature - ça tourne mal. Quant aux prédictions plus socétales, à lire « Paranofictions. Traité de savoir vivre pour une époque de science fiction » (Climats) d’Ariel Kyrou, spécialiste de musique techno et érudit de S.F, nous aurions tort de ne pas relire la « speculative fiction » du siècle dernier - celle ouvragée par Philip K. Dick, John Brunner, J.G Ballard, sous oublier Georges Orwell et Aldous Huxley. Elle nous raconte tout simplement aujourd’hui : le réchauffement planétaire, les mégapoles cinglées, la pollution envahissante, la haute technologie sophistiquée, les univers virtuels, la surpopulation, les ratés du clonage et l’hédonisme résistant. Quelques exemples frappants. _____________________________________________________________

Lire la suite

Toutes les notes