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  • EDGAR MORIN. UNE UNIVERSITÉ INSPIRÉE PAR LE PHILOSOPHE EN PROJET AU MEXIQUE

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    Edgar Morin accueilli à l'aéroport d'Hermosillo. On lui offre une statue d'un sorcier Yaqui

    NEWS. NEWS. NEWS. NEWS. NEWS. NEWS. "La méthode", le grand oeuvre éclectique et foisonnant du philosophe et sociologue Edgar Morin, consacré à dresser des passerelles entres les disciplines scientifiques et philosophiques, vient d'être réédité en coffret de deux volumes (au Seuil). En regard de cette publication, un reportage réalisé pour le Monde 2 aux côtés d'Edgar Morin en novembre 2005, dans la ville d'Hermosillo au Sonora, Mexique. Soutenue par la mairie et par des capitaux privés, une université inspirée par les travaux d'Edgar Morin sur "l'éducation du futur" a été mise en chantier dans la capitale de l'état du Sonora. Elle l'est toujours à ce jour. Pendant ce voyage, la statue en pied du philosophe a été dévoilée...

    BIBLIOGRAPHIE EDGAR MORIN

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  • MOZART, SADE, BAUDELAIRE, GOETHE A LA FONDATION BODMER, LE MUSEE DES MANUSCRITS EXTRAORDINAIRES

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    Le manuscrit des "120 journées de Sodome" perdu à la prison de la Bastille par le Marquis de Sade. Fondation Bodmer

    NEWS NEWS NEWS. À Coligny, en Suisse, à 5 minutes de Genève, une des plus belles collections au monde de manuscrits, d’incunables et de livres anciens vous attend. Elle est conservée dans le Musée de la fondation Bodmer, qui a eu la bonne idée de s’associer avec les Presses Universitaires de France (PUF) pour lancer avant Noël une collection de beaux livres en fac similé. Visite guidée (faite pour Le Monde 2 en  novembre 2007).

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    « Surtout ne le touchez pas ! Ne l’effleurez pas ! » La responsable des vitrines me surveille comme je me tords vers le précieux bandeau de papier. J’essaye désespérément de décrypter quelques mots, tracés d’une écriture torturée, à l’encre noire. Il faudrait une loupe, tant Donatien Alphonse François de Sade s’est appliqué à écrire en lettres minuscules son chef d’œuvre, « Les cent vingt journées de Sodome ». L’histoire de ces pages vaudrait un roman.

    Enfermé à la prison de la Bastille en 1784 – pour empoisonnement, parce qu’il avait partagé des « mouches cantharides » aphrodisiaques avec des prostituées -, le marquis utilisait des feuilles de 12,5 centimètres de large, collées les unes aux autres, écrites recto verso, jusqu’à former un rouleau de 12 mètres qu’il cachait entre des pierres. Mais voilà que le 2 juillet 1789, des manifestants vocifèrent autour des murs : aussitôt Sade se met à hurler à travers les barreaux « Ici on égorge les prisonniers ! ». Ces cris affreux contribuèrent pour beaucoup, dit la légende, à la prise de la Bastille. Pendant ce temps, Sade est emporté nu comme un ver vers l’hospice d’aliénés de Charenton. Son manuscrit, croit-il, est irrémédiablement perdu.

    Quelle émotion de le retrouver là, dans cette armoire de verre ouverte pour les besoins de la photo. Je crois discerner les mots « Curval », le nom du libertin criminel héros du livre, et « cul » bien sûr, plusieurs fois. On tremble de penser à la terrible paternité intellectuelle de ce fragile rouleau retrouvé par hasard dans la Bastille incendiée, qui raconte avec verve pas moins de 604 passions sexuelles – selon le peintre Vincent Corpet, qui les a toutes dessinées. N’annonce-t-il pas la pensée psychiatrique et psychanalytique du XXe siècle, l’encyclopédie de la « psychopathia sexualis » du docteur Krafft-Ebing, les écrits de Freud sur les fantasmes et les perversions de la libido ? Ne se réjouit-il de la mort de Dieu, un siècle avant Nietzsche ?
    Contempler de près ce noir chef-d’œuvre fait battre le cœur.

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  • AUTOSABOTAGE. COMMENT LE REUSSIR

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    NEWS NEWS NEWS AUJOURD'HUI, COMME D'HABITUDE, JE M'AUTOSABOTE. JE DRESSE LE MUR Où M'ÉCRASER. JE JETTE DU PÉTROLE SUR LE FEU. JE VAIS ME REFAIRE AU CASINO OU AU POKER.

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    Quelques techniques efficaces

    d'auto-sabotage éprouvées par l'auteur

    Lecteur, si comme moi tu écoutes aux portes pour entendre dire du bien de toi, si tu allumes les désirs pour mieux les éteindre, si tu tues ton amour pour t'en guérir, si ta santé te rend malade, si tu joues au casino pour te refaire, si tu crois qu'il n'existe que des gagnants et des perdants dont toi, tu te sabotes tout seul. L'auto-sabotage utilise diverses variétés d'explosifs et bombes à mèche courte. J'en connais plusieurs, très destructeurs, et toi aussi.

    1 - Attirer les galères qui n'existent pas.

    Quand tu t'agites bêtement pour chasser une guêpe, ne t'étonnes pas de te faire piquer à tant l'énerver. A force d'écouter tes peurs vertes, croire à tes sombres pronostics, enfler des faux problèmes, tes solutions disproportionnées pour les éviter constituent ton problème. Elles deviennent l'embêtement. Elles le fabriquent.

    Je ne peux pas sortir avec cette coupe de douille ratée, pense l'adolescent sortant de chez le coiffeur, alors il rase les murs, évite les rencontres, est paralysé au premier contact - et les filles charrient ce nigaud complexé, qui croit être mal coiffé. Ma copine ne va supporter que je rentre tard, je vois d'ici la scène, se dit le mec qui a bu un coup au bar - bien sûr son air faux cul exaspère, et la scène redoutée arrive. Sonnez chez cette femme, lui proposer l'affaire, l'emmener au concert, la séduire en back stage ? Non, non, se dit l'auto-saboteur, elle va me jeter. Alors il laisse tomber.

    Voilà une des grandes règles de l'auto-sabotage : à fuir sans arrêt des périls non vérifiés, tu finis par les provoquer. À toujours repousser la confrontation, tu la fantasmes, et elle t'écrase. Quand tu te démènes pour ne pas te gâcher l'existence, tu commences de te la gâcher. Ton problème, c'est ta solution. Et l'inverse !

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    2 - Accuser l'autre de tous vos malheurs

    Quoiqu'en disent les athlètes du positive-thinking, le présent se tisse toujours d'impondérables, d'emmerdes, de ratés. Alors l'auto-saboteur a trouvé la parade : il rend l'autre -son amour, sa fiancée, son porche collègue, son enfant, son parent -  responsable du temps détraqué qui le dévore. C'est lui, c'est toi, c'est Claudine la cause première des embouteillages maudits, des lits d'hôtels qui grincent, des bronchites d'hiver, des digestions difficiles, des bas qui filent, de la droite au pouvoir, du dentiste sadique, toi le bouc émissaire définitif, toi l'autre, l'ami, l'amour. C'est ta faute si j'ai pris froid, me suis embarqué dans cette rue bouchée, suis monté dans cet hôtel, ne crois plus à rien. Alors tu vas payer, toi la raison de tous les aléas du présent, que je redouble et enfle de mes imprécations contre toi - finissant par rendre la vie insupportable pour tous deux et pour tout le monde.

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    3- Ruiner le présent

    -Ha quelle belle journée, dites-vous au saboteur
    -Ah oui, on peut savoir en quoi ?
    -J'espère qu'il ne va pas pleuvoir, vous insistez...
    -Je dois prévoir le temps en plus !

    Voilà quelques grandes règles de minage du présent: le refus de tout bonheur, le "Non" d'abord, ou encore la généralisation du détail assassin. Vous oubliez d'acheter du pain le vendredi soir, aussitôt le saboteur - c'est peut-être toi, c'est moi- t'accuse d'avoir gaspillé son dîner, déprimer sa soirée. Il va mal dormir, ce qui abîmera son samedi, donc gâchera son week-end - bref vous gâchez l'existence même. Allez en cherchez chez le voisin, faire griller cette vieille baguette, se contenter des biscottes, faire du riz ? Non, le sacrilège est commis.

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    4 -Casser systématiquement la bonne ambiance

    Le saboteur talentueux est un rabat-joie têtu. Il n'est jamais content. Le bonheur l'inquiète. Il peste toujours contre les mêmes histoires. Il veut avoir toujours raison. Il rationalise à toute allure ses colères. Il se braque puis se drape. Il ne discute pas, il assène. Il tempête par calme plat. Il ergote. Il radote. Il critique le dernier film, le prochain disque, le menu, le chat, le jeu, la règle, le match, le café, le copain. Vous discutez son avis, il s'enrage. Vous riez, il part au galop à l'assaut d'un rien. Vous vous amusez, il prend la mouche, puis un essaim. Vous le blaguez ? Vous jetez du pétrole sur le feu.

    Hier, Molière appelait le saboteur un Fâcheux. Voici Dorante, qui vous abasourdit de ses histoires de chasse, Alcandre qui ne pense qu'à venger son honneur, Philinte, lui, tonitrue contre le monde entier. Ce sont des cervelles à idées fixes. Des esprits mécaniques. Plus vous cherchez à les dérider, plus ils ressassent. Vous changez de sujet, ils retournent à la case sabotage. Un crétin, remarquez, peut être agréable à vivre. Se montrer sympathique. Un saboteur, non. Son grand secret : il enrage toujours quand s'installe la bonne ambiance.

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    5 - Exiger la spontanéité

    "Ne sois pas si timide" dit le saboteur. "Sois sincère", "Désire-moi", "Sois naturel", "Réveille-toi". Il exige la spontanéité. Voilà un autre grande principe d'auto-sabotage. Si vous n'étiez pas décidé, ou convaincu, ou joyeux, ou en forme, ou voluptueux la seconde précédente, comment le sériez-vous spontanément ? À son commandement ? À la seconde ? Sois spontané, c'est l'exigence impossible. Le naturel, la liberté, le désir ne se commandent pas. Le saboteur l'ignore. Alors il l'exige. C'est une machine infernale.

    Vous ayant jugé coupable de n'être pas spontané à la demande - désirant, amenant un cadeau, gai, audacieux -  immédiatement le saboteur exige alors des excuses sincères. Elles ne le seront jamais bien sûr. Si vous n'avez pas la pèche, si la perspective ne vous enthousiasme pas, si vos désirs cafouillent, si votre sincérité s'effondre, si vos cadeaux n'en sont pas, vos signez alors vos aveux : vous ne l'aimez pas. Vous l'avez trahi. Quelques exemples fameux.

    -Dis-moi que tu m'aimes, demande le saboteur

    -Je t'aime.

    -Tu vois que tu ne m'aimes pas, il faut toujours que je te le demande.

    Exiger la spontanéité est une technique bien connue de lavage de cerveau. Elle est à l'œuvre dans la conversion religieuse sincère extorquée par l'Inquisition - souvent sous la Question. Dans l'autocritique politique, obtenue en obligeant l'autre à répéter passionnément et très exactement le dogme - quitte à lui braquer une lampe de 500 watts en plein visage. La passion obtenue sous la contrainte n'étant par principe jamais authentique, il faut recommencer, pour convertir la tête malade.

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    6 - Chercher l'ultra-solution

    L'ultra-solution se débarrasse non seulement du problème mais du reste, l'autosaboteur l'utilise avec méthode. L'autre, l'ami, l'amour, la parent ne pense pas comme toi ? Alors il pense à sa place, et tout ira mieux. Avec un saboteur qui sait mieux que vous même ce que vous préparez contre lui, vous êtes sur de ne jamais avoir le dernier mot. Une discussion éreintante s'ensuit toujours, qui se résume d'habitude à un "Je sais à quoi tu penses. C'est horrible, nous ne sommes jamais au diapason."

    Impossible de détromper un saboteur qui pratique l'ultra-solution. Il a deviné ce que vous pensez. Il connaît vos réponses à l'avance. C'est là son coup de génie. Abolissant votre pensée, il sabotera toute solution amoureuse au malaise.

    -Tu n'as pas envie de sortir, je le sais. Mais moi oui !

    -Mais j'ai très envie de sortir.

    -Menteur.

    L'ultra-solution en médecine a un proverbe : "Opération réussie, patient décédé". En matière de lutte contre l'es stupéfiants, elle s'appelle la prohibition - c'est à dire l'ordre moral, la distribution des produits frelatés, les mafias, la censure. Au niveau politique, elle règle définitivement la question en se débarrassant de ceux qui font question : les immigrés, les opposants, les dissidents, le koulaks.

    L'ultra-solution sabote toujours la bonne solution. Appliquée à soi, c'est la galère garantie - ce que préfère l'autosaboteur.

     

    QUELQUES LECTURES POUR SE FAIRE MAL

    Comment rater complétement sa vie en onze leçons. Dominique Noguez. Manuel Payot (oct 07). Faites-vous même votre malheur. Paul Watzlavick. Seuil. Commenr réussir à échouer. Paul Watzlavick. Seuil.