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  • ADIEU FRED CHICHIN, LA MOITIE DU DUO DES RITA MITSOUKO. C'EST LA MORT QUI T'A ASSASSINé.

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    DR

    NEWS NEWS NEWS. Nous apprenons le décès brutal de Fred Chichin, l'auteur-compositeur des Rita Mitsouko, qui était un ami. Avec Catherine Ringer, sa compagne, leur duo restera sans doute comme le foyer de création le plus novateur, le plus explorateur de la chanson française depuis Serge Gainsbourg. Il faut les avoir vus et entendus en action dans les studios de Radio Nova, à la fin des années 1980, multipliant les recherches et les audaces, alliant le rock et l'électro, la gouaille de la chanson française et le groove, toujours - eux, ces grands pionniers du "home studio". Adieu Fred, tu as vécu tant de vies en une seule, tu restes un modèle pour tous ceux qui cherchent inlassablement.


    Pour ce blog, voici le récit d'une rencontre avec les "Rita" en 2004, pour Le Monde magazine, quand ils reprenaient avec l'orchestre L'Amoureux (symphonique) des chansons de Léo ferré, Trénet, Gainsbourg et quelques unes des leurs. Un disque a suivi, et une soirée mémorable au Cirque d'Hiver de Paris. 

    À l'époque Fred Chichin m'avait confié qu'il avait été très malade - un cancer - et failli y passer. Il en parlait calmement, courageusement, avec ce regard lumineux, fraternel, tellement plein d'humour et de chaleur qu'avait Fred Chichin. Il disait : "Je n'ai pas peur, je me suis rendu compte que je m'en foutais, que j'avais déjà bien vécu. Je n'ai tenu le coup que pour les enfants, pour eux d'abord, pour les enfants et pour Catherine..." Et puis Sa Saloperie le Cancer est revenu, "foudroyant" disent les dépêches. J'embrasse ici, affreusement triste, Catherine et les enfants.

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  • NICOLAS SARKOZY, l'EGOCRATE

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    NEWS NEWS NEWS. Les répétés «Moi je n’ai pas peur de dire que je…», les continus «Je veux… » («la rupture», « la croissance à 3%», «les test ADN », "la fin des régimes spéciaux"), les récurrents «J’ai dit la vérité» ou les « J’irais les chercher moi-même » (les six responsables de l’Arche de Zoë emprisonnés au Tchad), cela frappe, la première personne du singulier envahit la parole présidentielle depuis les élections.

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    Cette omniprésence de l'ego présidentiel étonne dès la première « allocution aux parlementaires de la majorité » (juin 2007), où le « Je » apparaît pas moins de ... 126 fois. M. Nicolas Sarkozy prévient « Tout ce que je ferai, je le ferai avec…», s’indigne « Je ferme la porte au reniement », rassure « Quand je dis "nous réussirons", je ne veux pas dire que mon but… ». Dans le discours devant le Medef (fin août), on trouve 134 « Je » et, martelés, 55 « Je veux.. ». Le Roi lui-même pourtant disait "Nous voulons". On repère ce « Je » héroïque tout au long des discours importants et des apparitions télévisées : 224 en quatre mois selon l’Ina (Institut National de l’Audiovisuel). À Dakar (fin juillet) : « J’aime l’Afrique, je respecte et j’aime les Africains », « Je ne suis pas venu, Jeune d’Afrique… » (« pour pleurer… m’apitoyer… effacer… nier »). Pendant le discours à la mémoire des victimes du terrorisme (mi-septembre) : « Et je n'ai pas attendu d'être Président de la République pour dire que la priorité c'était pour moi les victimes ». A propos de la lecture de la « Lettre de Guy Moquet » dans les écoles : « Je veux que chacun comprenne que pour moi, cette lecture, c’est un grand symbole. » Concernant  tests ADN pour les familles immigrées : « Si vous me posez la question de savoir si ça me choque, la réponse est « Non ». » (sur TF1).

    "L'ETAT C'EST MOI !"
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    Au journal Le Monde, le dessinateur Pessin n’a pu s’empêcher de représenter Nicolas Sarkozy disant «Moi, Moi, Moi», tandis que Courrier International barrait sa Une d’un grand « MOI JE » attribué au président, renvoyant à un dossier où plusieurs journaux (New York Times, Newsweek) moquaient l’ego présidentiel. Comment s’expliquer une telle entropie de l’ego présidentiel, au delà même de l'action prsidentielle ? S’agit-il juste d’egomanie ? D’une nouvelle forme d’« histrionisme politique », comme le suggère la philosophe Cynthia Fleury, auteur de l'essai "Pathologies de la démocratie "(Fayard) : l’homme d’état se confondant avec un acteur sur scène, toujours en représentation, sorte de faiseur politique doté d'un "intarissable moi" ? Ou faut-il parler, plous gravement, d’egocratie : un président monarchique décidant de tout, passant par dessus le gouvernement, au gré de ses manies et ses éclats – une forme inédite de « l’Etat c’est Moi », conforté par la toute puissante fonction présidentielle ? Ou alors sommes-nous en présence, une analyse plus cynique, d’une grande télénovela politique où le « JE » élyséen joue le premier rôle, mettant en scène un grand feuilleton quotidien - que les médias s’empressent de commenter et faire fructifier ?

    Nous avons interrogé trois spécialistes du discours, le linguiste Alain Rey (des dictionnaires le Robert), le médialogue Christian Salmon (auteur de « Storytelling, la machine à fabriquer des histoires et formater les esprits » - Ed La Découverte), un psychanalyste et philosophe de l’esprit (Pierre Henri Castel, auteur de « À quoi résiste la psychnalyse », PUF), pour analyser trois allocutions programmatiques du président (discours au Medef, au parlementaires de la majorité, aux étudiants de Dakar) ainsi que quelques unes de ses apparitions innombrables télévisées.

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  • MARIE-FRANCE HIRIGOYEN. "LA SOLITUDE N'EST PLUS CE QU'ELLE ETAIT"

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    (Toutes les photos : Gaelic photographe / gaelic@rugama.co)

    News News News. L'essayiste et psychanalyste Marie-france Hirigoyen, qui s'est faite connaître en analysant les effets dévastateurs du "harcélement moral" dans les couples et en entreprise (Ed Syros), publie une intéressante enquête consacrée aux "nouvelles solitudes" (Ed La Découverte). L'ouvrage révèle comment la solitude est devenue beaucoup plus commune et mieux acceptée qu'au siècle dernier (même si elle reste douloureuse et parfois décriée ou moquée), comment la figure de la "vieille fille" et du "vieux garçon" disparait au profit d'une solitude vécue comme une étape, un passage obligé, parfois un choix, sinon un moment de retrouvailles avec soi et d'initiation, dans nos vies amoureuses beaucoup plus longues et agitées qu'au cours du XIXe sicèle, ou de la première moitié du XXe siècle.

    Enquête auprès de ces "nouveaux solitaires" et entretien avec Marie-france Hirigoyen

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    Grande, rousse, teint de porcelaine, appelons la Cécile.  Elle défend sa solitude becs et ongles.
    A-t-elle vingt-cinq ans - chez elle, démaquillée ? Trente-cinq - au retour d’une réunion de direction ? Difficile aujourd’hui d’évaluer l’âge des personnes tant les corps et les visages rajeunissent, la vie s’allonge – cela a un rapport à notre sujet. En fait, Cécile vient d’avoir 30 ans. Elle est ingénieur financier, spécialisée dans la communication d’une banque européenne. Elle vit seule, et sait pourquoi. Cécile : « Pendant mes études à Toulouse, déjà j’adorais être seule. J’avais une « turne » d’étudiant. Je travaillais la nuit, vivais dans un capharnaüm, sortais beaucoup, concerts, expos. Les mecs ne restaient pas plus d’une nuit. J’en garde un très bon souvenir.» À 25 ans, employée par une grande banque française, Cécile tombe amoureuse d’un collègue de 30 ans. Ils s’installent à Levallois, aux portes de Paris.
    Deux ans plus tard, ils rompent d’« un commun accord » - enfin, c’est ce qu’elle dit. Pourquoi ? Cécile : « J’ai vite compris que la vie en couple n’était pas faite pour moi. Il travaillait énormément, rentrait tard. Normal que je m’occupe des repas, des courses, je ne lui reproche rien. Mais je ne pouvais jamais m’isoler, souffler. » Elle a besoin de s’isoler, d’avoir du temps à elle, hors tout horaire. Louer une chambre en plus coûte trop cher.  Cécile : « Que m’apportait la vie à deux ? Je ne voyais plus mes amies, je ne profitais même pas de Paris, des musées, des spectacles. Le soir, j’étais enfermée chez moi à l’attendre, ou à regarder la télé avec lui, fatigué. Moi qui déteste la télévision ! » Elle avoue encore : « J’étais beaucoup plus heureuse quand nous étions amants."

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  • JACQUES CHIRAC, BOUILLONNANT MAIRE DE PARIS.

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    Jacques Chirac à l'époque où il courait plus qu'il ne marchait (DR)

    NEWS NEWS NEWS L'évènement est sans précédent dans l'histoire de la Ve République : Jacques Chirac, ancien président, dont l'immunité est tombée avec la fin de son mandat présidentiel, a été entendu en juillet dernier dans le cadres des affaires du financement occulte du RPR – son ancien parti - et des emplois fictifs de la Mairie de Paris dans les années 1980. Il a été mis en examen ce mercredi 21 novembre pour détournement de fonds publics dans une affaire datant de la période où il était maire de Paris (1977-1995). Sur l'affaire du financement occulte, l'opinion publique semble s’en désintéresser, d’autant plus qu’un homme a déjà été condamné pour tous les autres, l’ancien premier ministre Alain Juppé. Quant à Jacques Chirac, il a publié une tribune dans Le Monde courant juillet où il rappelle qu’à l’époque incriminée, il fallait bien se débrouiller, en l’absence de règle claire, pour financer les partis politiques – fut-ce de façon occulte, illégale.
    La justice entendra-t-elle ces arguments ? Sans doute. Quant aux emplois fictifs, peut-on les justifier pour les mêmes raisons ? Difficile à défendre. Il rappelle l'époque opaque où le RPR tenait la Marie de Paris, plaçait partout ses hommes. Quoiqu’il arrive, il reste qu’un ancien président de la République a été convoqué par les juges. C’est une avancée de la démocratie française : aucun citoyen n’est plus au dessus des lois.

    Sur cette époque où Jacques Chirac régnait sur Paris, et préparait la lente reconquête du pouvoir par la droite, voici un reportage publié fin 1983 dans le magazine Actuel sur la vigoureuse manière dont le futur président de la République a voulu faire de la capitale une “ville propre”, piétonne, bourgeoise, rénovée, quadrillée par une armada de "motos-crottes", "vespachiennes", "arroseuse-balayeuses" et autres "commandos" de la propreté : une ville moderne et lessivée, qui doit ressembler aux grandes cités aseptisées du Nord, de Genève à Munich, où la rue a disparu.

    BIBLIOGRAPHIE PARIS

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    A LA "DIRECTION DE LA PROPRETÉ" DE LA MAIRIE DE PARIS...

    ..."J'ai un problème épouvantable" m'annonce d'une voix catastrophée Monsieur Ozanne le patron de la Direction de la Propreté de la mairie de Paris . Nous sommes en septembre 1983.
    - Que se passe-t-il ?
    - Les fast-foods! Ils vendent les hamburgers dans des emballages jetables... Les Champs-Elysées, les Halles sont jonchés de papiers gras...
    -Mais ils sont balayés tous les matins... je le rassure.
    -Dès midi, il y en a partout !

    Vous n'imaginez pas la terrible responsabilité qui pèse sur les épaules de ce petit homme à l'oeuf dégarni. C'est lui qui est chargé de mettre en oeuvre toutes les campagnes "Paris Ville propre" lancée par Jacques Chirac et la mairie de Paris depuis 1977. Sinon, son seigneur et maire, qui veut détrôner François Mitterrand en 1988, passerait pour un dilettante.
    En cinq ans, Monsieur Ozanne a fait de la Direction de la Propreté une des plus grosses entreprises de la Mairie de Paris. Il traite chaque année un million de tonnes d'ordures. Il doit mener à bien chaque jour l'astiquage d'innombrables mètres carrés de trottoirs et de chaussées, il commande à cinq mille éboueurs difficiles à manier, affiliés à la CGT. Il surveille aussi bien la chute des feuilles en automne, le verglas en hiver que le recyclage des ordures. C'est un des grands patrons de la Ville de Paris. Un homme de confiance de Jacques Chirac.

     

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