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lundi, 02 juillet 2007

LES DIRIGEANTS CHINOIS TOMBENT LA VESTE. IL FAIT TROP CHAUD.

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 (Vue large de Pékin couverte de "fog", mardi dernier sur Aujourd'huimachine)

NEWS NEWS NEWS. A PEKIN, PAR 37 °, EN PLEIN FOG, LES CHEFS DU GOUVERNEMENT CHINOIS TOMBENT LA VESTE POUR MONTRER LEUR SENSIBILITE AUX QUESTIONS DU RECHAUFFEMENT PLANETAIRE. Mardi dernier, à Pékin, la consommation électrique atteignait le niveau record de 11,2 millions de kilowatts, gonflé par l'utilisation de la climatisation. Il faut dire que la chaleur était montée à 37 degrés dans la capitale, polluée à l'extrême, encrassée par un fog de chaleur. En conséquence, une dâte historique un peu ridicule, les dirigeants chinois ont enlèvé vestes et cravates pendant les réunions politiques. Ceci, afin de montrer symboliquement qu'ils étaient concernés, et prèts à à lutter contre le réchauffement. Le président Hu Jintao a donné l'exemple en prononçant un important discours en chemise, tandis que les parlementaires venaient travailler jeudi en chemisettes (agence de presse officielle Xinhua-Chine nouvelle). Costumes et cravates étaient jusqu'à ce jour considérés nécessaires pour s'accorder à "la solennité de l'occasion" lorsque l'Assemblée populaire nationale se réunit, expliquait un parlementaire (cité par l'agence Xinhua).

Cette anecdote révèle à quel point la question du réchauffement inquiète désormais homme politiques chinois, jusque là farouches opposants au protocole de Kyoto, et résolus à défendre l'industrialisation et la croissance accélérée de leur pays malgré les mises en garde solenelles du GIEC (le groupe international d'observation du climat, qui accuse la Chine de devenir le premier pays émetteur de carbone). Depuis la catastrophe écologique de Jilin en novembre 2005, un changement significatif apparaît dans les hautes sphères du gouvernement de Pékin, notamment avec la nomination du vice-ministre de l'environnement Pan Yue, qui n'hésite pas à dénoncer les graves problèmes de pollution et d'émissions massives de CO2 en Chine.

Nous présentons ci-dessous quelques personnages internationaux qui, comme Pan Yue, agissent concrètement pour tenter d'infléchir le réchauffement planétaire et les désastres en cours.

Les "people" de ce blog.

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(James Hansen, le climatologue qui a annoncé le réchauffement terrestre dès 1974) 

RECHAUFFEMENT. DERNIER ETAT DES LIEUX 

                           ...Aujourd’hui, en juin 2007, Robert Watson et les centaines de chercheurs et experts mondiaux du GIEC (Groupe International sur l'Evolution du climat), hélas, sont formels. Les populations humaines, les pays industriels et l’Amérique en tête apparaissent comme les responsables de « l’essentiel de l’accroissement observé sur la température moyenne depuis le milieu du XXe siècle. » (rapport GIEC février 2007). C'est-à-dire que celle-ci a augmenté de O,8 à 1° en un siècle – et le dernier demi-siècle a sans doute été le plus chaud depuis 1300 ans.

Quant à la concentration de carbone dans l’atmosphère, elle n’a jamais été aussi élevée depuis 400 000 ans.

Les dernières  prévisions du GIEC, tenant compte des récentes analyses faites sur l'accumulation de la chaleur dans les océans, annoncent un réchauffement de 1,8° à 4° pour le siècle à venir - des valeurs qui doivent être considérées comme des moyennes. Elles ont été calculées en imaginant que les pays en pleine croissance (Chine, Inde, Brésil, Australien Corée, Thailande, etc) comme les ceux du Nord arrivent à imposer, dans les dix prochaines années, une baisse drastique des émissions de gaz à effets de serre (CO2, méthane, gaz aérosols, protoxyde d’azote, hexafluorure de soufre) . Faute de quoi, le scénario « pollué » donne des estimations d’une montée des températures à 6° ou plus. C'est énorme. Les "effets dominos" - d'engrenage - sur l'équilibre climatique restent difficiles à évaluer, notre science n'en ayant pas les moyens. Mais ils risquent d'être dévastateurs - pour les humains comme pour toutes les espèces vivantes.

LA FACTURE S'ALOURDIT CHAQUE JOUR 

 Ajoutons : quoique nous fassions, un réchauffement à 0,2° par décennie est en route pour les cents ans à venir et plus, étant donné l’énorme inertie des masses océaniques réchauffées. Par ailleurs, les chercheurs, se disent aujourd’hui incapables d’analyser les conséquences qu’auraient la libération du méthane et du dioxyde de carbone emprisonnés au fond de certains océans, dans les marais de Sibrie orientale et dans le permafrost des régions arctiques. Il faut se montrer humbles, abandonner tout rêve scientiste ou prométhéen. Nos analyses demeurent imprécises, nos calculs insuffisants, nosprévisions à court terme.
Les conséquences économiques ? Elles ont commencé d’être évaluées par plusieurs groupes d'experts, notamment celui mené par l’économiste anglais Sir Nicolas Stern, chargé d'une évaluation objective par le gouvernement anglais (voir "Entretiens à vif" sur ce blog). Ce fameux "rapport Stern", publié par le gouvernement britannique le 31 octobre 2006 a retenti comme un coup de semonce dans les milieux industriels et les gouvernements. Selon cette enquête détaillée, qui à pris quatre ans, si rien n’est fait pour réformer notre industrie automobile, notre production d'énergie, nos émissions polluantes, dans les dix années à venir, nous allons d’ici 2050 vers une désertification des régions tropicales sèches, une fonte progressive et rapide des glaces polaires, un bouleversement du système des typhons et inondations (encore difficile à évaluer), un relèvement du niveau de la mer (encore mal mesuré), de graves problèmes d’eau potable, des déplacements par millions voire dizaines de millions de « réfugiés climatiques » et la disparition de 40% des espèces vivantes. La facture économique s’élèverait à 7000 milliards de dollars, 5500 milliards d’euros, soit des pertes équivalentes à celle de la crise économique de 1929, assortie d’une récession majeure. Un chiffre indicatif. En effet, selon d'autres observateurs, le coût de la mise à mal des écosystèmes devenus incapables de se renouveler, de la disparition d'espèces animales et végétales utiles (insectes pollinisateurs, lombrics, fruits de mer, mangroves, etc, "les rivet de l'avion" comme les appelle l'historien de l'environnement Jared Diamond), sans oublier ce que nous coûteront les guerres probables pour la survie, les affrontements de territoire, etc, n’a pas été évalué par le rapport Stern.

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Quelles que soient ces valeurs, les derniers pronostics de l’Agence Internationale de l'Energie (AIE, rapport octobre 2006), d’habitude très prudentes, confirment les conclusions de Nicolas Stern et son équipe. Si nous continuons selon le scénario « business as usual », 74O millions de voitures (385 millions en Chine) rouleront sur terre en 2050, la plupart au pétrole – et au CO2. Quant aux immenses cités de Chine, Corée, Inde, Indonésie, Thaïlande, en pleine expansion, déjà surpeuplées, prévient l’AIE, elles s’approvisionneront en priorité avec l’énergie des centrales thermiques au charbon, très polluantes en carbone : ce qui accélérera le réchauffement.
Que se passera-t-il alors ? La Terre ressemblera-t-elle à ces romans de la science-fiction « spéculative » des années 1970, comme le célèbre « Tous à Zanzibar » de John Brunner, avec ses mégapoles surpeuplées, battues par les tempêtes, traversées d’émeutes, ses habitants enfermés chez eux, drogués aux tranquillisants, sans vouloir d’enfant et sous contrôle génétique ?
Comment résister à ces désastres annoncés, combattre ce sentiment d’irrémédiable qui semble parfois saisir les responsables politiques – « Ça va être difficile » déclarait Nicolas Stern, grimaçant, au terme de notre entretien -, ou un écologiste comme James Lovelock qui sonne l’alarme depuis des décennies, et pensent que « l’humanité va beaucoup souffrir » ? Nous présentons ci-dessous quelques personnages,qui tentent de nous redonner espoir, affrontant des pollueurs avérés, se battent contre le statu quo, travaillent à des solutions crédibles et industrielles, proposent des solutions pragmatiques ou encore des utopies enrichissantes. Ce sont, sans être des « people » pour médias people (à quelques exceptions près), des héros modernes.

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JAMES HANSEN Le climatologue qui sonne l'alerte depuis 1970

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Le 8 mars 2007 à l’Opéra Garnier, le climatologue américain James Hansen du Goddard Institute (NASA) a reçu le prix Dan David, dédié aux scientifiques « porteurs de projets qui participent à la construction d’un monde meilleur ». Il le mérite : James Hansen est le premier climatologue à avoir modélisé courant 1970 trois scénarios du réchauffement terrestre – dont un aujourd’hui confirmé. Ses travaux confirment les rapports publiés dès 1956 par le géochimiste Charles Keeling selon lesquels l’activité humaine développe un « effet de serre ».  Inquiet du diagnostic de James Hansen, le président Carter demande à l’Académie Américaine des Sciences une nouvelle évaluation. Après une expertise menée par le météorologue Jules Charmey du MIT, la réponse tombe en 1980. James Hansen ne se trompe pas : des changements climatiques importants sont en cours, un doublement des émissions de CO2 par rapport à l’époque préindustrielle pourrait provoquer une hausse allant de 1,5° à 4,5°.
Depuis, James Hansen est devenu la bête noire des présidents républicains, des Bush surtout. Il a été diffamé. La NASA réduit de 20% le budget des « sciences de la terre » – et le texte officiel de la mission de la NASA « Comprendre et protéger notre planète » a été supprimé. Il n’empêche, James Hansen continue. Le 26 septembre, il a fait savoir que l’année 2005 a été la plus chaude jamais enregistrée. La température moyenne terrestre a augmenté de  0,8° en un siècle. Il faut, dit-il, agir dans les 10 ans pour réduire les émissions de carbone, et faire preuve d’imagination en imaginant des moyens non conventionnels et en quelque sorte prométhéens pour tenter de refroidir la terre : « Nous devons stabiliser les émissions de CO2 en moins de dix ans, a-til déclaré, sinon les températures augmenteront de plus de un degré. Elles seront plus élevées que celles que nous connaissons depuis cinq cent mille ans, et beaucoup de choses ne pourront plus être arrêtées. Si nous voulons éviter cela, nous devons dès maintenant mettre en œuvre les nouvelles technologies (...) Il nous reste peu de temps pour agir ».

Pan Yue. Le vice-ministre chinois de l’environnement est inquiet.
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Le 13 novembre 2005, l’usine pétrochimique de Jilin, Chine du nord explose. Des centaines de tonnes de benzène et nitrobenzène, produits cancérigènes avérés, se déversent dans la rivière Songhua et remontent le fleuve Amour. La nappe de polluants atteint bientôt les villes de Songyan (430000 habitants) et de Harbin (5000 000 d’habitants). Jusqu’ici très peu préoccupées par l’environnement, les autorités chinoises réagissent avec force. Elles licencient le directeur de la SEPA, l’Agence de protection de l’environnement, renforce ses pouvoirs, et nomment vice-ministre de l’environnement Pan Yue. Ce « quadra », ancien journaliste, dénonce bientôt 82 projets industriels jugés hors norme, pourtant lancés par les grands noms de l’acier et l’énergie. Il déclare à la presse internationale que « la Chine va rapidement s'imposer comme le premier émetteur de dioxyde de carbone et autres gaz à effet de serre ». Il parle du « smog » qui infeste les grandes villes industrielles, des pluies acides, des émissions en flèche d’anhydride sulfureux. Il dit encore : « Les Chinois n'ont pas assez pris conscience du problème. Ils manquent de canaux pour manifester leurs opinions. L'écologie est un terrain idéal pour expérimenter la démocratie socialiste.» Un homme à suivre.


IFTEKHAR ENAYETULLAH.  Recycler les déchets des mégapoles.bd47acc5af5807e1591f174d4f4618ab.jpg

 Iftekhar Enayetullah vit au Bangladesh, il est ingénieur civil et urbaniste. Sa ville, Dacca, 12 millions d’habitants, produit 300 000 tonnes d’ordure polluantes par jour. Qu’en faire ? Iftekhar Enayetullah a fondé en 1994 l’entreprise et ONG « Waste Concern », qui collecte toute la matière organique des déchets - soit 80% - pour la transformer en engrais écologique. Démarrée dans le quartier de Mirpur, Waste Concern fait maintenant tourner 38 déchetteries à Dacca, qui donnent du travail aux habitants pauvres et recyclent 50 tonnes par jour. Depuis 2002, cette technologie, et ce modèle d’entreprise mixte, ont été étendus à 20 villes du Bangladesh avec l’aide de l’UNICEF - comme au Sri Lanka, au Vietnam, et à Lima, Pérou. En 2025, selon les projections des Nations Unies, 2 hommes sur 3 seront des citadins. 75% d’entre eux résideront dans les villes géantes des pays du Sud, produisant 60% du PNB national … et de monstrueuses quantités d’ordures. « Waste Concern » les concerne.


Dr Hermann Scheer. En avant vers le solaire.
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Auteur de « L’autonomie énergétique » (Actes Sud, 2007), député écologiste des parlements allemands et européens, Hermann Scheer préside aussi EUROSOLAR, l’association européenne pour les énergies renouvelables et le Conseil Mondial pour les Énergies Renouvelables (WCRE). Le magazine Time lui a décerné en 2002 le titre de « Héros pour un siècle vert ». Cet activiste et théoricien milite pour que nos sociétés passent résolument aux énergies renouvelables, et fassent preuve de courage politique en les favorisant dès aujourd’hui. Il critique tout retard dans le lancement d’une nouvelle économie verte, reprochant aux lobbies de la grande industrie, du pétrole et du nucléaire de freiner une révolution inéluctable. Ces entreprises ont tant investi dans les énormes infrastructures actuelles qu’elles s’organisent pour paralyser la décision politique. Il est grand temps, affirme Herman Scheer, que les industriels et les politiciens verts s’organisent pour se faire entendre.

Rashida Bee. La survivante de Bhopal
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Elle se souvient encore de cette nuit du 2 décembre 1984, quand, à minuit, l’usine de pesticides d’Union Carbide a explosé. Le gaz qui s’est échappé a tué 7000 personnes pendant la nuit. 15000 sont décédées par la suite. Rashida Bee a survécu. Depuis, elle et l’« union des femmes malades du gaz de Bhopal » bataillent. Grèves de la faim, marche sur New Delhi, sit-in, elles ont tout tenté pour que le gouvernement les emploie, la compagnie Dow Chemicals (qui a racheté Union Carbide) dépollue le site et indemnise les malades indemnisés. Certaines ont obtenu du travail, à des salaires en dessous des normes indiennes. Pour le reste, elles attendent toujours - et les nappes phréatiques de Bhopal sont toujours contaminées. En 2004, Rashida Bee a reçu le prix Goldman de l'environnement pour son engagement en faveur des victimes de la tragédie de Bhopal.
 
George Monbiot. La plume verte du Guardian.
 
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Georges Monbiot est le journaliste « vert » du quotidien de centre gauche britannique The Guardian. Redouté pour ses enquêtes et ses critiques, il attaquait dès 2005 la vogue du biodiesel fabriqué à partir de l’huile de palme, présenté comme une alternative bon marché au pétrole. Selon lui, les plantations de palme sont responsables de l’accélération de la déforestation en Asie, en Malaisie et à Sumatra pour commencer. D’une part, on brûle massivement les arbres, ce qui produit du carbone à effet de serre. Ensuite, les palmiers absorbent beaucoup moins de CO2 que la forêt. Enfin, les espèces comme les orang-outang disparaissent. Que faire ? Changer notre mode de vie. Georges Monbiot, auteur de « The age of consent », est un pessimiste activiste. Il appelle à la mobilisation de tous, des grandes industries aux citoyens pour arrêter le processus de réchauffement à travers des actes concrets. Son dernier livre s’appelle « Heat » : il espère que nous saurons « ralentir » avant que ce ne soit la grande crise.
http://www.monbiot.com/

 Shandra GURUNG. Sauver la biodiversité au Népal.
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A la fin des années 1960, il restait cent rhinocéros unicornes au Népal. L’animal était braconné pour sa corne, denrée rare de la médecine aphrodisiaque chinoise, et avait déjà disparu au Bengladesh comme au Pakistan. Grâce aux actions concertées du gouvernement népalais et des écologistes du WWF menés par le docteur Chandra Gurung, la population est remontée à 600 au début des années 1980. Ce qui n’a pas été sans problème. Les énormes bêtes causaient des dommages dans les cultures, et les paysans les tuaient. Il a fallu les capturer, les déplacer vers le parc national de Chatwan, à ce jour la plus grande réserve de rhinos au monde. Début 2005, avec les avancées de la guérilla maoïste et l’effondrement du pouvoir royal, le nombre de rhinocéros est retombé à 374. Le braconnage a repris avec la désertion des gardiens. Aujourd’hui que le régime se stabilise, la guérilla désarme, le dr Chandra Gurung espère que les derniers rhinocéros seront sauvés. Les magnifiques animaux – souvent pris pour la « licorne » - attirent chaque années quantités de touristes, qui enrichissent les Népalais.

Paolo Adario. Greenpeace en Amazonie
 
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Paolo Adario porte un gilet pare-balle depuis qu’il a été menacé de mort en 2001. Il dirige Greenpeace Amazonie depuis Manaus, en pleine forêt. De là, il tente de surveiller les coupes illégales de bois, et de les arrêter avec l’aide des inspecteurs du ministère de l’environnement. C’est très difficile, vu les enjeux financiers. Un tronc d’acajou représente 5 mètres cubes. Un mètre cube coûte 10 dollars en pleine forêt, 1200 dollars aux Etats Unis une fois découpé.  Une « mafia du bois », dirigée par les grands propriétaires, s’arrange pour organiser les coupes. Et trois mille entreprises forestières travaillent en Amazonie, nouveau « far west » violent. De septembre à décembre, pendant la saison sèche, les bûcherons en profitent, tandis que les agriculteurs brûlent des zones forestières pour mettre de pâturages. Alors Paolo Adario enfile son gilet pare-balle et tente de préserver la dernière grande forêt du monde.


 
Gideon Bromberg. Quand Israéliens et Palestiniens préservent l’eau ensemble.
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 L’eau est une denrée rare en Israël, dans les territoires palestiniens comme et en Cisjordanie. Voilà pourquoi l’association « Good Water Neighbors », « Les voisins pour l’eau », associée au mouvement israélo-palestinien « La paix maintenant » encourage la gestion collective des eaux dans ces trois régions. Menée par Gideon Bromberg, elle organise des rencontres entre communautés afin que l’utilisation des eaux soit à la fois équitable, et durable. Impossible de gaspiller de l’eau sur ces territoires, tout le monde travaille plus facilement ensemble pour la préserver. Des communautés pilotes ont été formées dans onze villes, où des « administrateurs de l’eau » veillent à ce que le bon usage des eaux soient discutées, les bâtiments publics équipés pour éviter le gaspillage. Ces expériences contribuent à un rapprochement de populations parfois hostiles autour de l’essentiel : la survie ensemble. « Des gens extrêmement dévoués à l’idée de paix viennent, explique Gideon Bromberg, que ce soit dans les professions médicales, la communauté écologiste ou chez les jeunes".

VANDANA SHIVA. Une Indienne contre la « biopiraterie »
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 Elle devait devenir ingénieur nucléaire, elle a inventé le « tree hugging », ou comment s’attacher à un arbre pour empêcher son abattage. Elle est docteur en physique, elle a fondé en 1982 une fondation pour la recherche écologique engagée contre l’exploitation minière polluante et certains barrages (Research fondation for Science, technology and ecology). Elle a fait ses études au Canada, elle mène aujourd’hui un combat infatigable contre la déforestation en Inde. Elle s’appelle Vananda Shiva. Depuis 25 ans, avec un sens avéré du tapage médiatique, elle mobilise les paysans et les écologistes indiens pour protéger les ressources naturelles de son pays. Elle refuse écrit-elle dans ses livres, qui sont autant de manifestes, que « tout soit à vendre : l’eau, les gènes, les semences, le savoir. » Le 14 février 2004, elle montait à la tribune du « Forum Mondial pour l’eau » de New Delhi, pour accuser Coca Cola de vouloir privatiser l’eau du Kerala (voir sa tribune dans le Monde Diplomatique, mars 2005). En 2000, elle montait le réseau Navdanya, l’association de douze banques de semences agricoles indiennes, pour les protéger de tout brevetage. Il faut comprendre la fougue militante de Vandana Shiva. En 1995, elle avait déjà obligé le gouvernement indien à refuser à la société américaine Rice-Tec le droit de breveter le fameux « riz basmati ». En 1998, elle s’est battue pour l’abolition de la nouvelle loi indienne sur les brevets, l’Indian Patent Act, trop souple à son goût. Aujourd’hui Vananda Shiva est considérée comme la pasionaria du combat contre la « biopiraterie » - le pillage des ressources naturelles, et le brevetage du vivant afin d’en conquérir le monopole.

www.vshiva.net . La Biopiraterie ou le pillage de la nature et de la connaissance (1996). Alias. 2002, 165 p. La Guerre de l’eau (2002), Parangon, 2003, 126 p. Le Terrorisme alimentaire, Fayard, 2001, 192 p

Global Witness. Environnement et corruption.
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« Blood diamond », le dernier film d’Edward Zick avec Leonardo DiCaprio (actuellement engagé dans la production du film "La 11e heure", avec tous les grands scientifiques qui ont révélé le réchauffement), raconte comment le trafic de diamants finance les guerres civiles, enrichit les chefs de guerre en Afrique de l’Ouest.  Le scénario s’inspire des conflits dramatiques rapportés par l’ONG Global Witness, survenus au Sierra Leone, en Angola, au Libéria dans les années 1990.

Global Witness cherche à démontrer comment certains trafics de ressources naturelles, bien souvent destructeurs pour l’environnement, entretiennent des atteintes aux droits de l’homme et des luttes meurtrières. Ainsi les « diamants du sang ». Mais encore les bois rares et de construction en Birmanie, au Cambodge – qui finançaient les khmers Rouges, et aujourd’hui la corruption. La coupe des dernières forêts tropicales en Amazonie et en République Démocratique du Congo. L’exploitation des ressources minières, du pétrole et du gaz naturel, souvent polluante, et souvent source de financement occulte de régimes despotiques. Global Witness s’attaque à la face corrompue et politique des atteintes à l’environnement.

www.globalwitness.org/index.php


Nicanor PERLAS. La « société civile » va inventer le futur
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Ingénieur agronome, le philippin Nicanor Perlas concilie esprit pragmatique et intelligence théorique : sa vie témoigne. Opposant au dictateur Marcos, il s’exile aux Etats-Unis, où il imagine en 1984 le concept majeur d’une économie « durable » ou « soutenable » (« sustainability »). De retour aux Philippines, il dénonce avec l’indienne Vandana Shiva les accords du GATT, accusés de favoriser les économies libérales des pays développés au détriment de ceux du Sud. En même temps, courant 1990, il se bat pour interdire l’usage des pesticides dans son pays. Il obtient gain de cause, ce qui lui vaut le prix « Global 500 » des Nations Unies. En 1992, il participe au sommet de Rio, qui sera le coup d’envoi de la lutte contre l’effet de serre. En 1996, il impulse la rédaction de l’Agenda 21 pour promouvoir le développement durable aux Philippines, qui est ratifié par le président Ramos. En 1996, il voit dans les manifestations de Seattle contre l’OMC l’émergence d’une « opinion publique mondiale », en qui il voit le « troisième pouvoir » du XXIe siècle. En février 2001, Nicanor Perlas est un des leaders du mouvement « People II » qui renverse pacifiquement le président philippin corrompu Joseph Estrada. En decembre 2003, il reçoit le prix Nobel alternatif «pour ses efforts remarquables à éduquer la société civile »

La société civile : le troisième pouvoir. Préfaces par Agnès Bertrand et Mohammed Taleb. (2003, Editions Yves Michel)

Williamp MCDONOUGH. Construire des immeubles qui respirent

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Il a construit des maisons supportables pour les nomades de Jordanie et le premier bâtiment à énergie solaire d’Irlande. Il a imaginé pour les sociétés Gap et Nike des immeubles entièrement rafraîchis par l’air ambiant, sans climatisation polluante. Son collège Oberlin dans l’Ohio produit plus d’énergie qu’il n’en dépense. La nouvelle usine Ford qu’il prépare aura un toit « vert », formé de minces couches de nutriments et de plantes qui absorberont l'eau de pluie, capteront les particules en suspension, isoleront l'usine. Les oiseaux s'y plairont, et l’eau filtrée coulera vers la rivière.

Il s’appelle Bill McDonough, il est l’architecte qui a imaginé les premiers « bâtiments vivants ». Il dit : «  Les plantes produisent de l'oxygène, absorbent le gaz carbonique et les particules, nettoient l'atmosphère. Un bâtiment peut faire de même, devenir assimilable à un arbre. Imaginez toute une ville qui deviendrait une véritable forêt. Quelle y serait la qualité de l'air ? Quelle serait la température dans une ville qui aurait des jardins suspendus ? »

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Suren Erkman. Théoricien de l’ « écologie industrielle"
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 C’est un nouvelle conception globale de l’économie que propose le suisse Suren Erkman, fondateur de l’Institut pour la Communication et l’Analyse des Sciences et des Technologies (ICAST). On l’appelle « l’écologie industrielle ». Sa définition : le système industriel doit être considéré comme une forme particulière d'écosystème, où tout processus de fabrication et de consommation consiste en des flux et des échanges de matière et d'énergie faisant partie de l’écosystème naturel de la biosphère. Un exemple : les déchets. Nous pourrions les valoriser systématiquement, à l'image des chaînes alimentaires, en faisant que tout résidu devienne une ressource pour une autre entreprise, ou un musée, un parc à thème. Autre exemple :  concevoir de nouveaux engrais, pesticides, pneus, vernis, peintures aux résidus recyclables.

De proche en proche, tout le système industriel devrait être réaménagé – la production de carbone serait recyclée à la source, dans les mines, sur les voitures -  jusqu’à imaginer des villes « éco-industrielles ». A l’image de la petite ville de Kalundborg au Danemark où les industriels et les services de la mairie tentent de développer une économie faite d’entreprises non polluantes et de récupération, qui permettrait à la ville de vivre « en symbiose » avec son environnement.

 

T.C BOYLE. Le roman noir d’un futur proche ?
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  En 2025, dans une Amérique à moitié en ruine, battue de pluies incessantes, d'où les animaux sauvages ont disparu, un homme de 75 ans garde quelques lions rescapés dans la propriété d'une rock star.Il s’appelle Tyrone Tierwater – Ty. C’est un ancien militant dur de l’écologie. Il sabotait les engins des compagnies forestières, il a manqué mourir, les pieds dans le ciment face à un bulldozer, il a vu sa fille perchée en haut d'un séquoia menacé, assiégée par les hélicoptères. Mais cela n’a servi à rien. Le monde de Ty, le héros de « Un ami de la terre » de T.C Boyle, ressemble à celui décrit en 1968 dans « Tous à Zanzibar » de John Brunner, le premier grand roman éco-catastrophiste. Les humains, jaloux de leur confort, ne calculant qu’à court terme, méprisant les autres espèces, persuadés de leur génie, ont laissé la Terre se dégrader – irrémédiablement. « Les trois quarts de mon existence durant [dit Ty], j'ai été un criminel. Exactement comme vous. J'habitais en banlieue, dans une baraque avec revêtement extérieur en séquoia, parquets en chêne et chaudière à mazout grande comme le Texas, conduisais une Mustang 66 de collection pour m'amuser et une Jeep Laredo (rouge avec intérieur cuir noir) pour monter dans les Adirondacks et pouvoir trimballer mon sac à dos Eddie Bauer à trois cent vingt dollars et communier avec l'écureuil. » Y avait-t-il quelque chose à faire ? N’était-ce pas trop tard, se demande l’ancien militant, qui a vu ses amis écologistes entrer en politique pour  s’acheter une luxueuse BMW noire ? Comment vivre, entre une nature cruelle, qui nous oubliera, et des hommes « aux yeux d'alcoolique », « chiens couchants du progrès » ? T.C Boyle a peut-être écrit le roman noir du futur proche.

UN AMI DE LA TERRE. T. C. Boyle. Grasset, 21 €. TOUS A ZANZIBAR. John Brunner. Livre de poche (7€)



Edward NORTON. Star solaire
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  Edward Norton, l’acteur de « Fight Club » et « Peur primale » ne se court pas les dîners de gala en faveur des handicapés pour montrer sa belle âme. Il agit, il s’engage pour de bon, il n'a rien d'un cynique. Il a lui-même négocié avec le géant pétrolier, la British Petroleum (BP), le contrat « solar neighbors » : à chaque célébrité qui s’équipe en solaire, BP équipe une famille pauvre de Los Angeles. Résultat : 2 familles acquises à l’économie durable, suppression de la facture d’électricité pour la plus démunie. Daryl Hannah, Pierce Brosnan, Brad Pitt et 66 autres « people » ont suivi. Aujourd’hui, Edward Norton voudrait généraliser le système avec l’aide du gouvernement californien et d’« Enterprise Foundation », une association d’aide au logement créée par son père, le fondateur du « Nature Conservancy », le conservatoire de la nature. Edward Norton dit qu’il prend le métro à New York, circule en voiture hybride à L.A, et s’intéresse autant à l’environnement qu’à sa carrière d’acteur, dont il déteste la frime et les tapis rouges.
 
Martin Palmer. Onze religions parlent de la Terre sacrée.
 
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Des représentants des fois bahà’i, bouddhistes chrétiennes, hindouistes, islamistes, jain, judaïques, sikh, shintoïstes et zoroastriennes se sont retrouvés à plusieurs reprises, sous le parrainage du prince Philippe d’Angleterre, pour échanger leurs réflexions sur l’environnement. Ainsi est née le Réseau pour la conservation des religions et de l’environnement (ARC), qui rappelle ce que les différentes mystiques apportent à la vision de la nature. Nombre de préceptes touchant au respect de la Terre conçue comme une entité vivante, habitée par des créatures possédant une dimension spirituelle ont été rappelés par les plus anciennes religions. Les chrétiens ont parlé de leur foi à vivre en harmonie sur Terre. Les jeunes Thaïlandais de tradition bouddhiste, les Indonésiens
musulmans ont montré qu’ils accordaient leur foi
avec les dernières découvertes scientifiques. Martin Palmer, le secrétaire général de l’ARC, travaille aujourd’hui avec les écologistes du WWF pour monter des actions communes. La défense de l’environnement devient une valeur trans-religieuse.

http://www.onecountry.fr/

Hayao Miyazaki. Ecologie et magie

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Lors des « Sept jours de feu », la civilisation industrielle s’autodétruit. Mille années passent, les derniers humains tentent de survivre autour de la « Mer de la décomposition », une immense forêt toxique protégée par des insectes mutants. Ainsi commence « Nausicaä de la Vallée du Vent », le dessin animé du japonais Hayao Miyazaki (1980), une des figures mondiales du cinéma d’animation. Créatures fantastiques des forêts, héros pacifiques, lutte contre l’intolérance, éloge de la nature, on retrouve dans « Nausicaä » les thèmes chers à Myazaki.  Dans « Mon voisin Totoro » (1988), une famille moderne s’installe à la campagne et découvre la vie extraordinaire qui les entoure – et le lutin géant Totoro. Dans « Le royaume des chats », on découvre le monde parallèle où vivent nos mystérieux compagnons domestiques. Les dessins animés enchanteurs de Myazaki se révèlent tous traversés par les mythes et le bestiaire d’une nature magique menacée de disparition.
 http://www.dailymotion.com/video/xbwi8_nausicaa-de-la-valee-du-vent/

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