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  • L'AMERIQUE SE MET AU VERT.

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     NEWS NEWS NEWS Le "G8", le sommet des grandes nations industrialisées qui doit se tenir à Heiligendamm en Allemagne, risque de tourner à l'affrontement sur les questions environnementales. Dans sa réponse au pré-projet de déclaration commune, les chapitres traitant du changement climatique et des émissions de dioxyde de carbone ont été biffés par les Américains. «Le traitement de ces questions va à l’encontre de notre position d’ensemble et franchit plusieurs lignes rouges que nous ne pouvons pas accepter" a déclaré le porte-parole de Georges W Bush.

    En regard de cette prise de position américaine, très critiquée en Europe, voici une enquête sur l'essor de la prise de conscience environnementale aux Etats-Unis, que ce soit parmi les grands dirigeants d'entreprise, les gouverneurs d'états ou encore les chercheurs et les promoteurs de technologies propres. Alors que leur gouvernement, désormais minoritaire, n'a pas toujours ratifié les accords de Kyoto, beaucoup d'entre eux ont commencé de mener une politique économique et industrielle "verte", et investir des sommes importantes dans ce que les "start up" de la Silicone Valley appellent déjà du nom de code "CLEAN TECH"

    (article publié dans le Monde 2, mai 07) 

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  • GENDER STUDIES (1). LA FEMME N'EXISTE PAS - LES FEMMES, BIEN SÛR

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    NEWS NEWS NEWS Le talk show polémique et cultivé "Ce soir où jamais " sur FR3, emméné par Frédéric Taddéi, ancien journaliste d'Actuel, était consacré mardi dernier au mouvement "queer" - le courant d'idées et d'activisme qui bouscule le féminisme et notre conception des genres sexuels. Etaient présents le sociologue Eric Fassin (le préfacier de l'essai fondateur "Trouble dans le genre" de Judith Butler à La Decouverte), Marie Hélène Bourcier (dans la revue Queer zone 2 elle explique notamment comment la virilité comme la féminité glisse d'une personne à l'autre, quelque soit son sexe), l'écrivaine Isabelle Sorente ( auteure de l'essai dérangeant "La femme qui rit" Ed. descartes et Cnie), l'actrice et écrivaine Wendy Delorme(et son double : l'acteur Klaus), le performer Alberto Sorbelli. Une enquête mauvais genre sur ces questions.

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    Le dimanche 8 mai 2004, sur FR3, le publicitaire toujours bronzé Jacques Séguéla chantait les vertus de la "féminisation de la planète" à l'émission "On ne peut pas plaire à tout le monde". Partout, affirmait-il avec un bon sourire, les femmes développent des valeurs de compassion et de fraternité qui sauveront l'humanité de la guerre, la violence chronique et l'agressivité des hommes. Une heure plus tard, les terribles photos de la prison d'Abu Ghraib en Irak faisaient la une des journaux télévisés du soir. On y voit une femme, Lynndie England, humiliant des prisonniers, au cours d'une séance de torture. Le lendemain, sur I-télévision, la journaliste de Télérama Marie Colmant commente ces images d'Abu Ghraib. "Une femme peut torturer, voilà ce qui la choque une seconde fois, en plus de l'acte lui-même". Les jours suivant, plusieurs journaux féminins font le même commentaire accablé. Derrière ces réactions, cette idée : les femmes répugnent à la violence. L'agressivité serait le fait des hommes - ha la testostérone ! N'est-ce pas encore un de ces sexistes clichés dont on affuble les femmes - et les hommes -, comme leur incapacité à devenir championne d'échec, reine des sports d'endurance - et Florence Artaud au fait ? -  ou leur extraordinaire "intuition féminine" ?

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  • LES "MARTINE" DETOURNEéS PAR MES AMIES

    News News News Les détournements de la collection de livres pour petites filles de chez Casterman, "Martine", continuent de faire la joie des amatrices d'humour noir. Un logiciel permettant de les parodier ayant été mis en ligne, ces pastiches sont devenus un jeu de société, un passe-temps de bureau, circulent sur le Net, s'échangent, souvent très drôles. Voici les fausses couvertures que m'a envoyées ces jours-ci l'écrivaine Isabelle Sorente. À suivre...
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  • LES PAUVRES SONT PLUS RICHES QU'ON PENSE

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    News News News. Un événement éditorial. Sortie en Champs-Flammarion-poche du classique de l’économie des pays pauvres, écrit par le péruvien Hernando de Soto, fondateur de l'association "Démocratie et Liberté" qui agit pour la mise en place du droit économique jusque dans les favèles, pour que les pauvres possèdent des titres de propriété, des contrats reconnus, des valeurs échangeables sur le marché  - et y fassent fructifier leurs richesses, et bientôt, après une période de commerce équitable, les mondialisent à leur tour. 

    Le mystère du capital. Hernando de Soto. Champs poche-Flammarion (article publié dans Philosophie Magazine, mai 2007) 

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    Vous avez fait des achats dans un souk, négocié un châle en Inde ou un Bouddha à Chiang Maï ? Alors vous connaissez le sens des affaires des commerçants du Tiers Monde. Leur talent pour vous vendre le plus petit objet, ou la boutique, ne dâte pas d’hier. Jésus déjà les connaissait, lui qui a voulu expulser les marchands du Temple - quant au dieu hindou Ganesh, il protège les commerçants indiens depuis 5000 ans. Les pauvres aussi ont la bosse du commerce - et toutes les autres bosses, des mathématiques, du génie, des arts premiers et derniers. Alors pourquoi sont-ils pauvres, et nous riches – question d’intelligence, de génétique comme croient les racistes ?

    Jared Diamond, le grand historien de l’environnement, a commencé de répondre dans « De l’inégalité parmi les sociétés ». La géographie et l’environnement ont beaucoup compté dans l’accélération du développement des civilisations, du commerce, des techniques, du droit, des moyens de se déplacer – la chance de naître dans des pays bénis par la nature, situés sur des routes fréquentées, a beaucoup compté. L’Australie néolithique, par exemple, n’avait qu’une noix comestible, aucun animal de trait. Difficile dans ces conditions d'amasser des denrées, de développer une agriculture polyvalente, de labourer, de fabriquer des outils adaptés, d'inventer une civilisation villageoise puis sédentaire, avec tout ce qui l'accompagne : les réserves pour éviter les pénuries, les travaux collectifs, l'élaboration d'un contrat social, d'une constitution politique. Comparez avec le Croissant Fertile, l’actuel Moyen Orient où des sociétés commerçantes, artisanales, techniciennes se sont succédées, regroupées en cités, ont essaimées. On y trouvait les fibres du lin, le blé, les pois, les lentilles, l’orge, c'est-à-dire les silos, les moyens d'éviter les famines, la boulangerie et ses fours, l'irrigation et ses techologies, l'agriculture et ses innovations. Sans oublier le cheval pour se déplacer sur de larges territoires, le chien de chasse, les moutons laineux, les porcs, les vaches laitières : l'élévage va suivre, sans oublier la spécialisation de l'artisanat du vêtement, la fabrication d'outils, la conservation et le commerce d'aliments, etc.

    Ajoutez l’intense circulation sur la Méditerranée, où l'on invente la voile, perfectionne l'art de la navigation et la production de navires, où les hommes circulent d'une rive à l'autre, sans cesse, pendant des siècles, apportant leurs machines, leur savoir-faire, leurs idées - la Méditerranée, le grand carrefour de l'Antiquité décrit par l'historien Fernand Braudel .

    Seconde question : pourquoi cette pauvreté et ces inégalités perdurent aujourd’hui, que les savoirs se sont diffusés partout, le commerce et les échanges se mondialisent ? Parce que le capitalisme n’arrive pas à se développer au Sud, échoue à enrichir les pays maltraités par la géographie, l'environnement - les pays pauvres. C'est patent. Historique. Regardez, nous montre le célèbre économiste de Lima, Hernando de Soto, comme le capital s’accumule, investit, irrigue la société, descend au niveau de l'initiative individuelle, enrichit les sociétés en Occident - mais pas, ou peu, ou mal en Amérique Latine, au Mexique, en Afrique, au Moyen Orient, en Asie du Sud Est, en Inde et en Chine profondes. Pourtant ces nations regorgent d’entrepreneurs, de commerçants, de richesses naturelles enfin exploitables, de ressources halieutiques, touristiques, humaines. Là bas aussi, les gens les plus pauvres économisent, accumulent des biens, des terres, des valeurs, font du commerce, travaillent dur, innovent, font du trafic, du troc.  

    Des études montrent qu’à Haïti, la valeur totale des biens appartenant aux pauvres est 150 fois supérieure à la totalité des investissements étrangers recus dans l’île depuis 1904.

    En Egypte, la richesse des pauvres  représente 55 fois la valeur investie par les pays riches, barrage d’Assouan et canal de Suez compris.  

    De Soto le péruvien croit tenir l’explication. Au Sud, d’innombrables maisons sont bâties sur des terrains sans titre de propriété, des entreprises fonctionnent sans responsabilité juridique internationale, des industries croissent sans vraie comptabilité ni stock défini, les contrats se font à l’amiable, la confiance mais ne peuvent être passés avec le centre ville, encore moins le reste du monde - qui exige des créances acceptables, des garanties de remboursement, etc. Dans ces conditions, avec autant de richesses ensevelies, de « capital mort », difficile de tabler sur ses richesses, les échanger, les investir, d'attirer des capitaux . Difficile de produire du capital créateur de valeurs, la force qui augmente la productivité, enrichit la main d’œuvre, déploie la richesse, la relie à tout le reste de l’économie.
    Alors que faire quand la transition vers la capitalisme échoue partout ou presque ?

    De Soto mise sur le rencontre du droit économique et la richesse des pauvres. Avec l’Institut Liberté et démocratie, il appelle à « une révolution juridique », à l’octroi de titres de propriété aux squatteurs et aux gens des bidonvilles afin de libérer leur initiative,à la généralisation de contrats solides, reconnus, à la définition de valeurs stables pour toute richesse immobilière ou humaine. Il défend le modèle du « commerce équitable » avec ses garanties à la livraison et ses prix minimum, appelle a la création de nouvelles « marques » et "appelations" au Sud comme celles initiées par Francisco Van der Hoff et le label "éthique" Max Havelaar. Il prône la généralisation du micro-crédit et de la Grammeen's Bank, la « banque des pauvres » fondée par le nominé du Prix Nobel d’économie 2006, le Nobel de la Paix Mohammed Yunus.
    Il croit à l’énergie et l’ingéniosité de la racaille.
    « Les pauvres ne sont pas un problème, mais une solution » écrit De Soto.

    Hernando de Soto. Le mystère du capital. Flammarion, Champs (poche 2006). Jared Diamond. De l’inégalité parmi les sociétés. Gallimard (NRF essais 2000). Mohammed Yunus. Vers un monde sans pauvreté. Lattès (2006) Francisco Van der Hoff. Nous ferons un monde équitable. Flammarion 2005.