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ATTENTAT À LA GODASSE CONTRE GEORGE W BUSH A BAGDAD. LA GUERRE d'IRAK, CINQ ANS APRES, EST DEVENUE UN VERITABLE "PIEGE ABSCONS"

(Le film de l'attentat à la godasse pendant la conférence de presse de George W Bush à Bagdad)

NEWS NEWS NEWS Avant de quitter la Maison Blanche, laissant derrière lui un pays en pleine récession, une crise économique majeure, le droit de torturer, un pays enlisé dans une guerre sans fin, le camp illégal de Guantanamo, l'Amérique déconsidérée, un parti républicain défait comme jamais, George W. Bush espérait  retourner une dernière fois en Irak, pour laisser croire que le pays allait mieux après cinq années d'occupation américaine. Une sorte de dernier tour de piste honorable, pour montrer que le pays était sécurisé, et l'accueillait. Au lieu de cela, il a reçu deux chaussures, évitées de justesse par un bond sous le pupitre de la conférence de presse. Elle lui ont été lancées à la figure par un journaliste irakien, Muntadar al-Zaïdi. "Tiens, voilà ton cadeau d'adieu, espèce de chien !", a hurlé l'homme, dont une partie de la famille a été tuée pendant la guerre. "De la part des veuves, des orphelins et de tous ceux qui sont morts en Irak !", a -t-il eu le temps de crier, avant d'être terrassé par la sécurité et tabassé. Cette image restera comme une humiliation de plus pour Georges W Bush, après la victoire écrasante de Barack Obama aux élections américaines. Elle restera comme le symbole de ce que d'innombrables Irakiens pensent du président américain, mais aussi que ce pays ne sera jamais sécurisé par les forces armées américaines, qu'il y aura toujours, même dans les endroits les plus protégés, des résistants, de l'indignation, de la haine, et des attentats... fut-ce à la godasse.

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Rappelons qu'en mars dernier, le dernier voyage éclair du vice-président américain en Irak, Dick Cheney, qui se félicitait de "l'amélioration de la sécurité dans le pays" suite à l'arrivée de renforts américains, a été accompagné d'une puissante explosion en plein Bagdad et d'un tir de mortier sur la "zone verte" et l'ambassade des Etats-Unis. N'oublions pas que les violences politiques et interconfessionnelles ont fait plusieurs dizaines de milliers de morts parmi les civils depuis l'invasion américaine de mars 2003. Auxquels il faut ajouter les dizaines de milliers de morts - soldats et civils - du fait de la guerre elle-même.
A l'heure de son bilan après 5 années de cet affrontement, le gouvernement Bush assure depuis plusieurs semaines que la présence de 160.000 soldats américains en Irak a permis de créer les conditions sociales nécessaires à une entente politique entre Irakiens. Dans les faits, rien n'est assuré. Le processus traîne en longueur, émaillé d'une guerre des chefs, tandis que les attentats n'ont jamais cessé. Dick Cheney vient d'ailleurs à Bagdad, selon les observateurs américains, pour exhorter les responsables irakiens à s'entendre.
A ce jour, le conflit a coûté la vie à quelques 4000 soldats américains. Plusieurs analystes économistes sérieux, comme Joeseph Stiglitz, parlent aux Etats-Unis d'un coût de 1000 milliards de dollars. Le montant total (en tenant compte des suites du conflit, le retour des soldats blessés, l'aide aux familles, etc) pourrait dépasser cette somme - ce, alors que l'Amérique entre en récession suite à la désastreuse politique économique de Georges W Bush, qui a laissé filer le crédit toutes ces années. Le bilan global est terrifiant. Ces cinq années de guerre laissent un pays entièrement dévasté, en proie à la guerre civile et la misère, où l'emprise religieuse des shiites n'a jamais été aussi forte.  sans compter ses conséquences  ruineuses pour l'Amérique et le camp occidental et ses prétentions à se présenter comme  le "monde libre", défendant partout la démocratie. Le Comité international de la Croix-Rouge (CICR) estime, dans un rapport de six pages publié le 17 mars, que la situation humanitaire en Irak est «l'une des plus critiques au monde ». Selon cette enquête, le système de santé du pays se délite tragiquement. 2200 médecins et infirmières ont été tués, plus de 250 ont été enlevés. Sur les 34.000 médecins que comptait le pays en 1990 - parmi lesquels des femmes, dévoilées et poussées vers les universités sous Saddam - 20.000 ont quitté le pays. Les hôpitaux manquent de médicaments. Les blocs opératoires ne suffisent plus pour faire face à l'afflux de blessés graves. Il y a actuellement 30.000 lits disponibles. Il en faudrait 80.000.Le problème de l'eau est critique. Des millions d'Irakiens n'ont pas accès à l'eau. Les infrastructures de distribution sont dans un état de délabrement avancé. L'avenir ? Les responsables du CICR ne cachent pas leur scepticisme : «En Irak, dit le rapport de la Croix Rouge, on a atteint des niveaux de cruauté et de perversion jamais égalés dans l'usage de la violence.»
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Georges W Bush, en dépit des protestations répétées de son entourage proche et de plusieurs généraux, de la démission de ses anciens conseillers militaires et d'une opposition démocrate résolue, a cependant décidé jusqu'au bout de maintenir un cap agressif, préconisant encore et toujours la solution militaire. En avril dernier, aveugle à toute critique, il a une nouvelle fois démandé au peuple américain de "faire preuve de patience", tout en mettant son véto personnel à l'interdiction de la pratique de la torture du "waterboarding" (noyade) par les services de renseignement.
Il devient patent que le président américain a été pris pendant toute ces années pris  dans un  authentique "piège abscons", comme ses prédécesseurs le furent au Vietnam, engagés comme lui dans une surenchère guerrière folle. Qu'est-ce qu'un piège abscons ? Une chausse-trappe psychologique où l'on tombe le plus souvent par ignorance ou orgueil, s'enferre par fierté borné et l'incapacité à se dédire, ce qui mène à la répétition névrotique de la même erreur - un phénomène bien connu des chercheurs en psychosociologie expérimentale. Le lecteur intéressé trouvera ci-dessous, expliqué à l'aide de quelques anecdotes parlantes empruntées à la vie quotidienne, comment se referment les mâchoires du pièges abcons. Sur un quidam, les conséquences restent mesurées. Chez le président de la première puissance mondiale, le piège abscons fait courir le monde à la catastrophe...

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QU'EST CE QU'UN PIEGE ABSCONS ?

Le piège abscons vous guette à tout moment, même le plus anodin. Il est minuit, vous attendez un bus pour Paris... Un taxi passe. Ha non ! Vous n’allez pas payer 30 euros, quand un ticket de métro suffit. Minuit quinze, pas de bus à l'horizon, la rue est déserte. Un nouveau taxi rode. Non d'un petit bonhomme, vous n’avez pas attendu le bus pour rien !
Minuit trente, il pleut des cordes. Aucun bus en vue, et plus aucun taxi. Vous rentrez à pied, trempé. Vous venez d’être pris dans un piège abscons.
Un autre exemple ? Toute jeune, vous avez décidée de devenir une danseuse de l’Opéra. Une vocation. Vous adorez la danse, l’ambiance des salles vous travaillez dur. Mais vous échouez au conservatoire national de Paris. Vous peinez à apprendre le répertoire classique. Vous n'arrivez pas à plier votre corps à la discipline de fer des grands danseurs. Mais vous vous entêtez. Vous négligez votre scolarité, vous affrontez vos parents, vos professeurs. Vous voulez y arriver. En vain. Vous n’arriverez pas à entrer à la prestigieuse Ecole de Danse. Pendant toutes ces années, vous refusez l’évidence. Vous n’avez pas l’étoffe d’une danseuse étoile. Vous êtez prise dans le piège abscons de la fausse vocation. Il en existe d’autres... Voyez ce bon journaliste qui néglige son travail de presse à vouloir devenir un « grand écrivain », et s'acharne sur des manuscrits médiocres. Cet excellent cadre supérieur qui s’obstine à devenir « le pdg », le grand vizir, ourdit, manipule, se gache la vie et celles des autres  - et finit, quand il réussit, à atteindre son niveau d’incompétence : il n'est pas fait pour diriger, trop autoritaire, pas assez visionnaire, difficile à expliquer. Mais c'est ainsi. Il finit par tout perdre.

EFFET DE GEL
« L’effet de gel » permet d’expliquer en partie le piège abscons. Il a été découvert en 1947 par le psychologue Kurt Lewin, le théoricien de « la dynamique de groupe ». Que nous soyons un individu actif, un jeune couple, ou un groupe de travail, nous persévèrons généralement dans une action entreprise. Nous continuons dans la même voie, nous insistons, car nous pensons – seul ou à plusieurs - que nos premiers actes nous engagent. Devant nous-même, face aux autres, par le processus enclenché. Au besoin, nous rationalisons au fur et à mesure de nos activités, nous justifions « après coup » nos décisions et nos inititatives. Bien vite, après s'être engagé dans telle direction semblée bonne, même si quelques mauvais signes apparaissent, nous refusons de nous dédire. L'important n'est-il pas d'avancer ? De faire preuve d'esprit d'initiative.
Les cinq mâchoires de « l’escalade d’engagement » menant au "piège abscons", ont été bien décrites par deux psychologues expérimentaux français, messieurs Joule et Beauvois, dans leur « Petit traité de manipulation à l’usage des honnêtes gens » (1987). Pour commencer, la personne s’engage dans un processus qui lui coûte du temps, de l’énergie et des moyens pour atteindre un objectif (prise 1). Cependant, comme souvent, la réussite n’est pas certaine (prise 2). Mais la personne pense que chacun de ses actes l’approche du but, et qu’il doit de rester cohérent (prise 3). Le processus en cours se poursuit tant que l’initiateur ne l’arrête pas (prise 4). La personne n’a pas déterminé au départ de limite à son investissement (prise 5).

JE VAIS ME REFAIRE AU POKER
Les psychosociologues Joules et Beauvois ont multiplié les exemples de situations où l’on retrouve les cinq règles du piège abscons. C’est l’histoire du couple qui n’en finit pas de rompre. De l’éternel étudiant qui s’est trompé de discipline, mais veut obtenir à tout prix son diplôme. De celui qui investit une fortune pour faire réparer sa vieille voiture plutôt que d’en changer. Du joueur qui tente de se refaire au poker. De l’individu qui attend une guérison complète d’une psychanalyse longue durée. Du patron qui rachète une filiale, fameux « canard boîteux », pour confirmer du bien-fondé d’un premier investissement. Du pigeon qui se fait fourguer une encyclopédie en 30 volumes après avoir acheté le sommaire.

GOD ON MY SIDE
Ou encore, écrivent nos psychologues, en 1987 : du président américain engagé dans la guerre du Viêt-Nam. Nous ajouterions aujourd'hui : de Georges W Bush emporté dans le conflit irakien, décidé à le solutionner de façon militaire en investissant toujours plus d'armes, de soldats et d'argent. Le président américain en effet, ficelé par le piège abscons, persévère dans son « escalade d’engagement » comme hier les présidents Johnson (500.000 envoyés soldats au Viêt Nam), puis Nixon (invasion du Cambodge, ce qui va renforcer l'influence des Khmers rouges sur les campagnes). Il refuse de fixer une dâte d’arrêt de la guerre et des dépenses militaires. Il construit la rationalité - et la morale justifiante - de ses actions désastreuses au fur et à mesure, en dépit des critiques de ses généraux et ses conseillers. Il se montre intimement, sinon névrotiquement, persuadé de la justesse de ses choix, allant jusqu’à affirmer récemment que Dieu était de son côté - ce qui fera sourire Bob Dylan. Bref, il est pris dans un piège abscons - et le monde entier avec lui, qui assiste effaré à l'ensanglantement de la région, la montée du fondamentalisme musulman à travers le monde, au renforcement sans précédent des shiites, au déploiement d'une haine profonde contre l'Occident au coeur des pays arabes - sans oublier la légalisation de la torture par un pays démocratique.

medium_story.bush.wave.pool.jpgRobert-Vincent Joule, Jean-Léon Beauvois. Petit traité de manipulation à l'usage des honnêtes gens. Presses Universitaires de Grenoble (1987). Robert-Vincent Joule et Jean-Léon Beauvois. La soumission librement consentie. (PUF, 1998).

Commentaires

  • http://tunisie-harakati.mylivepage.com

    Bush a fait une grosse erreur avec cette invasion en Irak, le monde est beaucoup moins en sécurité, le terrorisme s'est implanté en Irak alors qu'il n'y était pas et des nations se soulèvent contre la politique américaine. Les américains n'ont jamais autant été détestés dans le monde.

    http://tunisie-harakati.mylivepage.com

  • De plus, pour parachever ce triste bilan, le but affiché étant celui d'établir la démocratie en Irak en renversant un tyran, la logique démocratique se retournera contre le but visé: une fois les américains partis, les chiites devraient retrouver le pouvoir en toute rigueur démocratique de par leur majorité. Bush aura alors renversé une dictature pour accoucher d'une mollahchie renforçant dangereusement la position chiite dans la région, ce qu'avait évité son père en s'abstenant de renverser Saddam Hussein lors de la première guerre du Golf. Du piège abscons on tombe dans le piège tou con...

  • C'est amusant de voir comment l'administration Bush a marqué les esprits chez les français ne serait-ce par le nombre "d'anti-americain" et même encore aujourd'hui. En cause, la guerre en Irak et ce mensonge des armes de destruction massives mais aussi le système libéral qui n'est pas toujours très apprécié en France. Certainement jamais un président Américain n'a été plus détesté outre atlantique ...

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