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samedi, 10 mars 2007
"PRESIDENTIELLES, GARE AU PATERNALISME, COMME AU MATERNALISME". RUWEN OGIEN, PHILOSOPHE, DEFENSEUR D'UNE ETHIQUE MINIMALE
NEWS NEWS NEWS. À chacun son « Jaurès », sa défense de la « famille », de « l’ordre juste », de l'"encadrement militaire" des jeunes délinquants, le débat électoral de la présidentielle tourne autour des valeurs morales. Faut-il s’en féliciter, ou craindre l’intrusion d'un moralisme autoritaire, législateur, dans le débat public ?
Pour y réfléchir, nous avons rencontré le philosophe Ruwen Ogien, partisan d’une « éthique minimale », auteur de « L’éthique aujourd’hui. Maximalistes et minimalistes » (Gallimard, 2007), et défenseur inconditionnel de la liberté individuelle. (Entretien paru dans le Monde 2/mars 2007)
Lui s’était présenté « Moi, c’est Morale ». Une trentaine de participants à l’épais « Dictionnaire de la pornographie » des Presses Universitaires de France (PUF) s’étaient réunis à l’automne 2006 pour la sortie de l’ouvrage – 450 entrées, de « Abjection » à « Zoo humain », un pavé de 570 pages témoignant des nouvelles « études sexuelles » françaises. Chacun se présentait avec le titre de l’article qu’il avait rédigé, un historien aux cheveux blancs s’appelait « Orgie », ce journaliste littéraire « Strip-tease ». « Morale » c’était Ruwen Ogien, philosophe, un des représentants marquants de l’école analytique française depuis 15 ans, auteur en 2003 de l’essai « Penser la pornographie » (PUF). Il y préconise d’adopter une position morale « neutre » - absence de jugement, anti-prohibitionnisme - vis-à-vis de la pornographie, comme sur toutes les questions concernant les mœurs individuelles.
Depuis quelques années, une des grandes préoccupations philosophiques de Ruwen Ogien est le paternalisme, c’est-à-dire la morale intrusive, «maximaliste », prétendant juger tous les comportements humains, même ceux qui concernent la sexualité ou l’« action sur soi-même » (comme le goût pour la solitude, la paresse ou l’usage de psychotropes). Dans « Pourquoi tant de honte ? » (Pleins feux, 2005), il nous montre comment le sentiment de « honte », de plus en plus médiatisé aujourd’hui, ne saurait tenir lieu de morale – et encore moins la fonder. Dans « Le rasoir de Kant » (L’éclat, 2003), il s’attache à montrer qu’il est inutile de multiplier les normes morales sans nécessité, en dessinant ainsi les contours d’une éthique « minimaliste » mais non moins propre à la vie sociale. Dans « La panique morale » (Grasset 2004), il étudie comment les jugements moraux portés contre l’homoparentalité, la bisexualité, le clonage thérapeutique, la prostitution libre ou la pornographie relèvent de réactions d’affolement d’une morale « maximaliste » égarée par la modernité, ou d’une pensée démocratique incapable d’accepter ses propres principes.
Ruwen Ogien entend continuer les travaux initiés par les grands penseurs libéraux de la liberté, l’éthique et la justice : John Stuart Mill et son célèbre « harm principle » - le principe de « ne pas nuire à autrui », le seul principe qu’il serait légitime d’invoquer dans une société démocratique pour régler les relations de la société et de l’individu-, et John Rawls, l’auteur fameux de la « Théorie de la justice » (1971) et défenseur du principe de « neutralité de l’État » à l’égard de ce que chacun considère comme son « style de vie ». L’originalité de Ruwen Ogien est de transformer ces principes politiques en principes moraux. Il travaille à définir une « éthique minimale » ou « modeste » qui soit rationnelle : non pas fondée sur les valeurs, mais sur des normes a minima, cohérentes entre elles, acceptables par tous : «Une éthique qui exclue les devoirs moraux envers soi-même et refuse tous les programmes vertueux de perfection personnelle , les deux piliers de la morale traditionnelle. » Il l’expose de façon systématique dans « L’éthique aujourd’hui. Maximalistes et minimalistes » (Gallimard, 2007).
Que pense Ruwen Ogien du débat politique actuel sur « les valeurs », autour duquel tourne toute la campagne électorale ? Entretien.

Dans un régime de morale maximale, on pourrait juger « immorales » non seulement toutes vos actions mais aussi vos pensées. On pourrait vous reprocher ce que vous faites aux autres, mais aussi ce que vous vous faites délibérément à vous-même. Dans un tel monde, il serait parfaitement légitime de vous déclarer « immoral » parce que vous vous moquez d’être « parfait », vous fumez des cigarettes, vous consommez de l’alcool ou du haschich, vous tombez malade au mauvais moment, vous regardez des films porno, vous gâchez vos talents en préférant les jeux vidéo à la pratique du piano. Qui aimerait vraiment vivre dans un tel monde, où rien de ce qu’on est, pense ou ressent, aucune de nos activités fut-elle la plus solitaire, n’échappe au jugement moral ?
Une éthique minimale propose un monde moral moins envahissant ?
Elle propose un monde où l’éthique s’abstient de régir toute l’existence humaine, un monde où toute l’éthique se résume au souci d’éviter de nuire délibérément à autrui, le reste étant considéré comme du moralisme inutile. De ce point de vue, elle se distingue de toutes les morales d’inspiration religieuse, chrétienne, juive, musulmane, etc., qui ne laisse aucun aspect de la vie humaine échapper à leur législation. En fait, tout ce que ce que le minimalisme moral propose de nouveau, c’est d’étendre à l’éthique le principe politique de « ne pas nuire à autrui », le célèbre « harm principle » de John Stuart Mill, pour qui l’intervention de la puissance publique n’est justifiée que pour empêcher qu’un tort soit fait à l’encontre d’une personne. L’éthique minimale fait de cette idée politique un principe moral général.

Le libéralisme préoccupé de justice, celui du célèbre philosophe américain John Rawls par exemple, est une doctrine politique et non morale. Il affirme que l’État doit rester « neutre » à l’égard des idéaux controversés de la « vie bonne » (à chacun sa « manière de vivre », ou « son style de vie »), comme il l’est à l’égard des convictions religieuses. Il est contre l’intervention de l’État dans ces matières. Mais il n’a rien, dans ses principes, contre la stigmatisation morale si elle ne s’appuie pas sur la force publique. Bref, le libéralisme politique est contre les polices morales d’État, mais il n’est pas nécessairement contre les polices morales privées, comme on en voit fleurir partout aujourd’hui à droite comme à gauche.
Quand la morale s’occupe de notre sexualité et nos pensées, juge nos comportements entre adultes consentants, nous nous retrouvons, dites-vous, avec des « crimes moraux sans victime » ?
À partir du XVIIIe siècle, sous l’influence des penseurs tolérants des Lumières (Montesquieu, Beccaria, Voltaire, etc.), puis des philosophes libéraux utilitaristes (Bentham, Mill, etc.), on en est venu à penser que des lois raisonnables devaient renoncer à sanctionner les crimes sans victime , c’est-à-dire les offenses aux choses abstraites ( « Dieu », la « Patrie » ), ou symboliques (le « drapeau » , « l’Histoire de France ») et les activités qui ne causent, au pire, des dommages qu’à soi-même ou entre des personnes consentantes (usage de drogues, relations sexuelles S.M, etc.). Dans ces cas, on peut en effet se demander « Où sont les victimes ? », c’est-à-dire : « Où sont les personnes physiques qui ont subi des dommages injustes contre leur gré ? ». Exclure les « crimes moraux sans victimes » de notre éthique revient à dire que tout ce qui relève du rapport à soi-même (« devoirs envers soi-même » comme celui de ne pas « se faire du mal », de ne pas « se dépraver », de ne pas « gâcher ses talents », quête de la vie « bonne » ou d’une vie personnelle « réussie ») n’a aucune importance morale.

Cependant l’idée de réduire l’éthique au seul principe de non-nuisance ne va pas sans poser de problèmes. Comment par exemple réagir face à une personne en danger ?
C’est certainement un problème pour les éthiques minimalistes. Un automobiliste qui passe devant des personnes gravement blessées, ne s’arrête pas pour leur venir en aide ou pour prévenir un service d’urgence, se retrouve dans une situation de non-assistance à personne en danger. Il pourrait pourtant estimer qu’il ne fait rien d’immoral, puisqu’il n’a causé aucun tort direct aux accidentés. Une telle éthique serait trop pauvre. Il faut donc préciser le principe négatif de « ne pas nuire à autrui » en ajoutant un principe positif d’assistance. À y réfléchir, mieux vaut concevoir ce principe d’assistance comme un principe d’égale considération des revendications de chacun, car un tel principe part d’une demande de reconnaissance de « droits de la personne » ou de ses besoins, et non d’une offre de bienfaisance ou de charité qui pourrait être jugée « paternaliste » à juste titre.
Prenons l’homoparentalité, qui soulève partout des réactions véhémentes en France comme aux Etats-Unis…
Selon une éthique minimale, il serait injuste de ne pas donner le même poids moral aux revendications de certaines personnes en raison de leur orientation sexuelle ou d’un handicap physique (infertilité par exemple), ou de juger « immoraux » certains de leurs projets alors qu’ils ne causent des torts à qui que ce soit. C’est pour ces raisons qu’un minimaliste moral jugera infondés le refus véhément de l’homoparentalité ou le rejet hystérique du clonage, qui ne sont rien d’autres que des revendications d’extension de droits existants (liberté de procréer ou de fonder une famille). Il serait absurde de dire qu’ils visent délibérément à causer des torts à autrui (surtout pas aux enfants qui seraient ainsi procréés ou élevés). Mais je sais qu’il n’est pas toujours très facile de rester « neutre » relativement aux conceptions du « bien personnel » de chacun (celui des autres surtout, en matière sexuelle en particulier), d’éviter toute référence à la religion ou à la métaphysique dans les prises de positions morales sur les moeurs, et, de façon plus générale, d’exclure toutes les formes de paternalisme des « valeurs », celles qui nous poussent à toujours imaginer pour les autres ce qui est bon pour eux !

C’est ce que vous appelez la « panique morale » contemporaine. Pourquoi ?
Il vaudrait mieux ne pas céder à la « panique morale » chaque fois qu’on est confronté à des revendications normatives inhabituelles, ou toujours aussi choquantes pour la majorité, comme la liberté sexuelle des femmes, y compris celle de se prostituer, ou celle de créer une famille lorsqu’on est homosexuel. Certaines personnalités publiques disent et répètent que si les « valeurs » traditionnelles ne sont pas respectées, nous allons nous retrouver sur une pente « glissante » ou « fatale ». Si, par exemple, on laisse les homosexuels élever des enfants, ils vont les incestuer. Si on aide à mourir les grands souffrants sans aucun espoir de guérir, on finira par faire mourir tous les plus vieux pour libérer des lits dans les hôpitaux. Si on commence par fumer des joints, on passera au crack, puis au trafic, puis à brûler des voitures et attaquer la police pour le protéger. Personne ne nous dit ce qui nous obligerait à aller ainsi de la première étape, pas nécessairement inquiétante, à la dernière qui affole tout le monde ! L’argument de la pente « glissante » ou « fatale » joue un grand rôle dans le raisonnement des promoteurs actuels de la « panique morale ».
Pourtant la question des « valeurs » imprègne toute la campagne présidentielle en cours. À droite comme à gauche, on affirme les siennes, parfois même on s’y perd …
Le langage des valeurs est à la mode depuis l’élection de Georges Bush, qui aurait gagné hier sur les « valeurs » … On insiste moins sur le fait le fait qu’il perd maintenant en dépit de ses « valeurs » ! En fait, « valeur » est devenu un mot passe-partout qui explique simplement des choses très compliquées, et justifie à peu près n’importe quoi, même ce qui ne peut pas l’être. Aujourd’hui en France, la jeunesse a des « problèmes » qui s’expriment parfois dans la violence? C’est parce qu’elle a perdu le sens des « vraies valeurs ». On lance une expédition militaire ? C’est uniquement pour propager nos « valeurs ». Tel politicien trahit son camp ? C’est pour rester « fidèle à ses valeurs ». Comment se fait-il que les explications par les « intérêts matériels » et les « rapports de force », ou la question des nouveaux « droits » soient devenus obsolètes dans le débat public au profit des « valeurs » ?

Sans doute un besoin de fondement philosophique en nos temps chaotiques ? Sur quelles valeurs peut-on compter pour vivre et survivre ensemble, beaucoup n’ont-elles pas échoué ?
Attention à ne pas confondre la réflexion éthique et l’appel incantatoire aux « valeurs morales », qui ne fait souvent que masquer des attaques contre les droits et les libertés individuelles. Aux Etats-Unis, Georges Bush et le camp républicain ont exploité en permanence la valeur « famille » pour nier aux personnes de même sexe le droit de se marier et d’élever des enfants, la valeur « vie » pour contester le droit d’avorter, la valeur « sécurité » pour brider les droits à informer des journalistes et les droits de la défense de certains prisonniers, limiter la liberté d’aller et venir, et ainsi de suite. En France aussi le langage des «valeurs» n’est pas neutre politiquement. Pensez à la différence entre l’idée que le travail est une «valeur » et l’idée qu’il existe un «droit » au travail et du travail. En principe, ce sont les conservateurs qui insistent sur la «valeur » travail, qu’ils opposent à la «paresse», l’«assistanat», ou la «tendance à en faire le moins possible». Il serait regrettable que la gauche l’oublie par opportunisme, sous prétexte que l’électorat dit «populaire» serait plus sensible à des «valeurs morales» comme la présence au travail, l’autorité, l’ordre, le mérite, qu’à ses droits, ses libertés et ses intérêts matériels. Est-ce si sûr d’ailleurs ? Pourquoi faudrait-il faire l’hypothèse que certains électeurs sont idiots au point de préférer un discours moraliste creux sur les « vraies valeurs » à un programme économique et social juste et faisable ? Observons que cette hypothèse n’est pas faite pour les plus riches. Personne ne semble supposer qu’ils vont facilement sacrifier leurs droits et leurs intérêts matériels au nom de «valeurs morales» ! C’est une hypothèse juste bonne pour les pauvres, incroyablement condescendante en réalité. Traditionnellement, la gauche ne construit pas ses programmes politiques et moraux sur la peur, les dangers, les risques, mais sur la volonté de conquérir ou d’élargir des droits, des libertés, des avantages sociaux quels qu’en soient le prix ou les risques justement, comme elle l’avait fait pour l’abolition de la peine de mort par exemple. La gauche se piège elle-même lorsqu’elle adopte l’attitude frileuse de la droite sur des questions purement normatives.
La défense de la famille traditionnelle semble désormais une « valeur reine » prônée à droite comme à gauche.
En effet, des politiciens de droite comme de gauche prétendent que les sociétés sont comme des organismes individuels « naturels », et que certaines institutions comme la famille dans sa forme hétérosexuelle sont ses organes « vitaux », dont la destruction porterait un coup fatal au corps social dans son ensemble. Mais personne n’a jamais réussi à démontrer qu’il existait un ordre normatif familial de ce genre à défaut duquel les sociétés humaines s’effondreraient inévitablement. C'est une pure spéculation conservatrice, du genre de celles qui étaient très populaires dans les sciences sociales des années 1950. À cette époque, ceux qu'on appelait les « fonctionnalistes » soutenaient que l'inégalité économique et sociale, comme le cloisonnement ethnique ou communautaire, étaient absolument nécessaires à la survie des sociétés humaines. Dans les faits, toutes sortes de droits civiques et sociaux ont été acquis depuis, toutes sortes de différences et d'inégalités de droits ont été effacées, les mariages interethniques se sont multipliés, les frontières se sont ouvertes, les familles recomposées et homoparentales se sont formées, et les sociétés humaines n'ont pas disparu !

Selon certains politiques, les professeurs ne travaillent pas assez, les juges ne jugent pas bien, les policiers oublient leur mission, les classes moyennes ne payent pas assez d’impôts : serait-ce du paternalisme ?
La tendance au paternalisme, c’est-à-dire à traiter les citoyens comme des enfants turbulents et irresponsables qu’il faut protéger d’eux-mêmes, par la menace ou la force si nécessaire, n’a jamais disparu, ni à droite ni à gauche. La mise au pas ou sous tutelle des « paresseux » (enseignants, et autres « fonctionnaires »), des « laxistes » (parents, juges, policiers, etc.), de la « racaille » (jeunes chômeurs et des cités), des « négligents » (citoyens peu soucieux de leur propre santé, etc.) semble bel et bien inscrite dans l’agenda de nos candidats à l’élection présidentielle, en même temps qu’un grand silence sur les droits et l’amélioration du sort de ces catégories. Ou encore pensez à cette proposition de «rééduquer » les parents des enfants délinquants dans des structures spécialisées, ou de les contraindre à « bien se conduire » en les menaçant de suspendre le versement des allocations familiales. Pourquoi pas la stérilisation forcée des parents supposés « irresponsables », comme dans la Scandinavie des années 1930 ? On y tend d’ailleurs, avec ce projet orwellien de dépistage précoce des futurs délinquants par des structures publiques, que certains trouveraient probablement plus efficace encore si la sélection commençait avant la conception, en isolant le « gène de la violence »… Si tous ces projets ne sont pas des expressions d’un paternalisme moral, qu’est-ce qui pourrait bien l’être ? Le fait que certains analystes l’appellent désormais « maternaliste » n’y change pas grand-chose.
N’y a-t-il pas, concernant la délinquance, ou hier la pédophilie, une recherche de solutions nouvelles quand les autres ont échoué ?
Personne ne nie que donner une certaine priorité à la protection des personnes les plus défavorisées ou les plus vulnérables est un principe qui possède une valeur morale. Cependant, appliqué de façon aveugle ou autoritaire, sans réfléchir à ses possibles effets retours, ce principe peut engendrer des injustices nouvelles. C’est ce qui est train de se passer avec la protection de l’enfance. Le privilège « moral » accordé à la protection de l’enfant comme à ses plaintes a déjà conduit à la désastreuse affaire Outreau, avec ses abus de pouvoir et ses enfants manipulés. Cette moralisation de l’enfance est encore à l’origine de ce mouvement de censure générale de l’art contemporain et des représentations sexuelles explicites, visuelles ou écrites en particulier. Pensez à la récente mise en examen de l’ex-directeur de ce grand musée de Bordeaux, au nom de « la protection des mineurs » à l’égard des messages pornographiques. Voyez aussi combien l’argument de la protection de l’enfance est appliqué de façon sélective et hypocrite. Pour justifier la censure de la « pornographie », on met en avant la fragilité psychique des plus jeunes. Mais on a tendance à oublier cette fragilité quand on propose d’enfermer les « jeunes violents » dans des centres « militarisés » et autres lieux de rééducation sévère. En fait, « protéger la jeunesse » signifie souvent « se protéger de la jeunesse » surtout quand il s’agit des jeunes les plus pauvres ou les plus turbulents auxquels la société n’a rien à offrir.
Bibliographie
Un portrait logique et moral de la haine. L'éclat, 1993.
La faiblesse de la volonté. PUF, 1993.
Les causes et les raisons : philosophie analytique et sciences humaines. Jacqueline Chambon, 1995.
Le réalisme moral. P.U.F, 1999 (direction d’ouvrage).
La honte est-elle immorale ? Bayard Presse, 2002.
Le rasoir de Kant et autres essais de philosophie pratique. L’éclat 2003.
Penser la pornographie. PUF, Coll. Questions d’éthique, 2003
La philosophie morale (avec Monique Canto-Sperber). PUF, 2004.
La panique morale. Grasset, 2004.
Pourquoi tant de honte ? Plein Feux, 2005.
La morale a-t-elle un avenir ? Plein Feux, 2005.
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