« 2007-01 | Page d'accueil | 2007-03 »

lundi, 26 février 2007

MICHELA MARZANO : "AUJOURD'HUI LE CORPS RESTE SOUS CONTRÔLE"

medium_imagette-462769-567779.jpg

NEWS NEWS NEWS. La philosophe Michela Marzano vient de publier un important « Dictionnaire du corps » aux PUF : 190 auteurs et non des moindres, 300 articles. Critiquée pour avoir publié un éloge de la fidélité conjugale -non dépourvu de naïveté -, puis un essai parlant de "l'épuisement du désir" dans la pornographie (chez Buchet Chastel), elle est longtemps passée pour une philosophe reniant le plaisir, dans la tradition catholique. Elle a fini par imposer sa voix originale par la rigueur de son travail et ses critiques dérangeantes de la pensée libertaire.

Michela Marzano réfléchit depuis des années à la mise en scène du corps dans nos sociétés : disparition du corps dans les mondes virtuels, mauvais traitements infligés au corps dans la pornographie violente ("gonzo"), culte publicitaire de la femme mince et enfantine, jeux du corps dans les banlieues françaises, loi sur la bioéthique, politiques de fichage et de traitement des "délinquants-nés" par le ministère de l'intérieur. Nous l'avons rencontrée, alors qu'elle bouclait son volumineux "dictionnaire du corps", ayant tout relu depuis « A-abjection » jusqu’à «Z-zoophilie ».

Lire la suite

dimanche, 25 février 2007

SEX TOYS. OU COMMENT DEVENIR DES CREATURES POLYSEXUELLES

673b7372e16ee131680329a1f9f82066.jpg

News News News. Aujourd'hui à Paris, une femme n'a plus besoin de se mettre des lunettes noires pour aller acheter un vibromasseur dans un sex shop discret de Pigalle ou de la rue de la Gaité. Elle achète un "sex toy" aux Galeries Lafayette, chez Sonia Rykiel, ou en consultant le large choix proposé par le catalogue de La Redoute. Les sites Internet bien achalandés, que ce soit "Chambre 69" ou la "Fun Factory", ou encore des boutiques comme "Soho" et "Why?" en vendent de toutes les catégories, à tous les prix. Dans certains milieux bourgeois éclairés, les réunions féminines pour choisir son sex toys ont remplacé les rencontres "tupperware" des années 1970. L'hiver dernier, le magazine féminin "Jalouse" offrait un vibromasseur en paquet cadeau avec un de ses numéros. Dans le feuilleton grand public "Sex and the City", les héroïnes parlent beaucoup de leur ami le "lapin vibrant", et les lesbiennes passionnées de "L World" montrent la large gamme des gadgets et dildos qu'elles utilisent - rivalisant avec les hommes par leur science phallique... vibrante et inépuisable. Le sex toy n'inquiète plus, n'est plus tabou, ou marginal : une histoire de pervers.  De plus en plus, la perversité s'assume.Se déploie en réseau ou en rizhome. Le sex toy l'accompagne, souvent.

Avec lui, nous sortons de la nature, mais nous trouvons la notre - les nôtres.

___________________________________________________________ 

A lire La peste et l'orgie. Giuliano da Empoli. Grasset, 2006. 160 p.

Lire la suite

dimanche, 18 février 2007

ISABELLE SORENTE. LA FEMME QUI RIT.

medium_sorrente©praxo.jpg
photo : Patrice Flora PRAXO
NEWS. NEWS. NEWS. "PANIQUE", le quatrième roman d'Isabelle Sorente, prophétique de nos temps dangereux (en 2030, la panique s’empare de Paris alors que la composition de l'air en est train de changer !) - est à peine sorti chez Grasset, qu'elle publie à 34 ans un nouveau texte à faire dresser les cheveux sur la tête : "La femme qui rit" (Descartes & Cie) consacré au genre et au statut philosophique de la femme. Un livre qui ne se "livre" pas en une seule fois. Un livre qui nous interroge, tous, hommes et femmes, le temps de quelques pages, sur la contrainte du genre.

La femme qui rit. Editions Descartes & Cie. 80 pages. 9 euros. (Une représentation de la pièce d'Isabelle Sorente "Hard copy", ainsi qu'une lecture de "L", son premier roman - en poche - seront données au festival d'Aix-en-Provence, mars 2007. Sa pièce "Gilles de Rais" est en lecture.)

BIBLIOGRAPHIE ISABELLE SORENTE

http://1libertaire.free.fr/Creatures01.html

-------------------------------------- 

"La femme qui rit" est un récit à la première personne, mêlant rencontres troublantes et réflexions intenses, s'interrogeant sur le genre sexuel et l'identité de « la femme ». C’est un texte dense comme un diamant, qui taille à même dans la chair de l’esprit. Vous y éprouvez, à travers une expérience poétique, parfois physique, ou bien remué par ce qu’il faut bien appeler une série de secousses intellectuelles, jusqu'où la "femme" est une pure invention, un grand travestissement, un perpétuel jeu de rôles.

Dès les premières pages Isabelle Sorente nous interroge. "Quel est le genre d’un œil? Quel est le genre d’une dent ?

Quelle est le genre d’une langue ? Et d’un cerveau ? (…)

Le genre est une tentative de faire de l’humain un automate. Il faut le reconnaître, oula barbarie née de l’automatisme ne mourra pas. Nous mourrons d’elle. M ou F, 0 ou 1, la pensée binaire efface l’incertitude. Incertitude du sexe, ou de l’esprit ? Personne ne sait où l’incertitude commence, encore moins où elle finit. Mais l’incertitude effacée, c’est le corps qui s’efface, la vie interdite.»


Lire la suite

Toutes les notes