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  • PORNOGRAPHIE DU DIMANCHE


    NEWS NEWS NEWS
    C'est dimanche. Anna entre dans la chambre en dansant une espèce de samba, bon prétexte à philosopher...
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    ... C'est dimanche. Anna entre dans la chambre en dansant une espèce de samba. Ses hanches tanguent comme une chaloupe, ses jambes ondulent. Elle se mélange les pieds, titube et retourne son grand sac. Tombent une plaquette de pilules vierge et une culotte cramoisie du même rouge baiser que ses lèvres.
    La pornographie rode clans les sacs des femmes.

    Elle s'approche, l’œil indéchiffrable, me colle au mur, et gobe mon nez. Ses dents luisantes, juste sous mes yeux, énormes, en mordillent le bout. Aussitôt une vrille d'électricité traverse ma mâchoire, me perce la nuque, descend m'embraser l'épaule.
    La pornographie déguste nos lignes de feu, elle est la science des sensations en dérive. Elle câble le nez aux reins, la nuque à des zigzags, elle mélange les fusibles. Elle nous rebranche à l'envers, à tort et à travers.

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    Lien permanent Catégories : MOEURS
  • BJORN LOMBORG, "L'ECOLOGISTE SCEPTIQUE" LAISSE SCEPTIQUE

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    NEWS.  BJORN LOMBORG, "l'écologiste sceptique", qui s'est fait une spécialité de critiquer le "catastrophisme" des écologistes, s'est attaqué au  fameux "rapport Stern" du gouvernement anglais dans un article publié début novembre dans le Wall Street Journal. Selon lui, le chiffrage du coût économique du réchauffement par Nicolas Stern, le premier du genre - et comme tel historique -  est "faux" et "surévalué".

    Selon Bjorn Lomborg, statisticien de Copenhague, auteur du livre "L'écologiste sceptique" (Cher Midi ed), le rapport Stern surestime la facture, qui selon lui n'affectera le PIB mondial que de 3% en 2050 - et non de 20% comme le craint Nicolas Stern. Pour défendre une telle affirmation, Lomborg continue de nier l'ampleur du réchauffement malgré la quasi unanimité des experts internationaux, parmi lesquels les plus grands chercheurs en climatologie. Il persiste à relativiser la responsabilité des activités humaines, en dépit de toutes les études faites sur l'histoire climatique - remontant jusqu'à plusieurs centaines de milliers d'années. Il rejette une fois de plus les accords de Kyoto et leur volonté de faire réduire, dans tous les pays, les émissions de gaz à effet de serre. Il prétend encore que l'évaluation faite par le rapport Stern des destructions causées par les ouragans, ou la montée des eaux, ont augmenté non pas à cause du réchauffement, mais parce que plus de gens vivent sur les côtes - cela réduit-il pour autant les risques ? Il ne dit rien par ailleurs des causes de la violence et la répétition des ouragans depuis 2O ans, ni sur l'évaluation réelle des coûts : routes endommagées à reconstruire, remblais à édifier, habitats détruits à rebâtir, etc. Bjorn Lomborg être devenu un expert dans l'art  de détourner les questions qui dérangent - et l'attention publique.

    Pour mieux comprendre les raisonnements et le personnage complexe de Bjorn Lomborg, qui s'est fait connaitre en dénonçant ce qu'il appelle la "litanie écologiste", voici un entretien réalisé avec lui à Copenhague pendant le printemps 2004 - alors que les derniers carottages de glaces de l'Antarctique confirmaient le réchauffement actuel.

    L'écologiste sceptique. Bjorn Lomborg. Le Cherche-Midi. 700 pages. 20 €
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    REPORTAGE A COPENHAGUE

    Il ressemble à Tintin. Mèche blonde, pressé, T-shirt bleu, baskets. Déjeuner dans son bureau, entre deux rendez-vous. "L'écologiste sceptique", c'est lui, Bjorn Lomborg, l'auteur du livre qui enrage les Verts du monde entier, applaudi ou fustigé à gauche comme à droite, attaqué par le Scientific American, défendu par The Economist, traduit ce mois-ci en France et préfacé par un Claude Allègre enthousiaste. Bjorn Lomborg, présenté dans le numéro d'avril de Time comme une des cents personnalités "les plus influentes du monde", avec cette exergue : "Il pourrait tout simplement être le Martin Luther de l'environnement". Il semble avoir à peine trente ans. Quarante en fait.

    Que fait-il dans cet Institut Danois d'Evaluation de l'Environnement -un grand bureau clair, fenêtres ouvertes sur une belle place de Copenhague -qu'il dirige depuis que la droite a pris le pouvoir ?

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  • GYPSY KINGS, LE RETOUR ?

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    NEWS. Après des années d'abscence, les Gypsy Kings reformés comme au temps de leur première gloire - les années 1986, avec "Djobi Djoba", "Alegria" - sortent un nouveau disque pour la nouvelle année. Grosse déception, les Gypsy restent éloignés du flamenco de leurs débuts, quand ils avaient encore le "duende", la voix pleine de grâce mêlée au déchirement de vivre. On est content de retrouver le "Volare" de leurs premiers disques, "Pasajero"reste un morceau émouvant, mais on souffre avec leur version sans âme du célébre "Chan Chan" du Buena Vista Social Club : toute mélancolie a disparu de ce blues cubain. En souvenir, un reportage sur les Gypsy Kings en plein démarrage, à l'époque où on les appelait "les Beatles gitans", écrit pour le magazine Actuel en 1988, quand la vogue pour la musique flamenca, la découverte des talents de l'Espagne de la "movida" (l'explosion de liberté qui suivit la dictature franquiste), le goût pour les "férias" et les rues pleines de vie réchauffaient les esprits hexagonaux.

    Disque "Pasajero". Les Gypsy Kings. Warnermusic. 12/2006

    I - Où l'on apprend que les gitans français chantent
    le flamenco et dansent la rumba au fond des cafés de Montpellier.

    Hiver 1988, Canute claque le ventre de sa guitare et plaque un accord bref. Aussitôt ses deux frères lui répondent par un roulis de notes plus graves, en mineur, écho triste de l'appel du guitariste. Tout autour, la foule compacte des gitans tangue déjà, accompagnant des épaules le rythme rapide des phalanges sur le bois des instruments. Un vieux au sourire troué, le visage noir de rides et de soleil, renverse la tête en arrière et scande d'une voix oppressée. " Va! Va! Va! Hombre ! " Un gamin se lève brutalement, cambré comme un arc et s'écrie à son tour " Vaya ! Vaya ! " Une imposante madre, au décolleté de dentelle, la grosse croix gitane en or battant sa gorge, accompagne du frottis infime de ses doigts la douceur acre de la mélodie et réclame : " Silence, Silence ! " " AAAAAA... YYYYYY ! AAAAA !... YYYYYY ", le cri déchiré du flamenco, sa première plainte, celle par laquelle tous les chanteurs cherchent la tonalité, la " couleur " de leur douleur, retentit dans le vieux café bondé. " Ay ! AAAA... YYYYY ! ", " Je suis là et je souffre et la vie me brûle ", dit Canute, comme tant et tant d'autres gitans avant lui, la nuque courbée sur sa guitare. Il poursuit sa lamentation jusqu'à une note très aiguë, très tragique puis redresse la tête, les yeux brillants. Aussitôt jaillissent de la foule des " Si ! Si ! " d'approbation grave, des " Olé! " solennels, des claquements de paumes. Tous les Gitans du café, agglutinés autour des trois guitaristes, se mettent au diapason de Canute et s'apprêtent à le suivre tout au long du drame qu'il va leur chanter. Nous ne sommes pas dans les grottes gitanes de Sacromonte près de Grenade. Ni au fond d'un tablao flamenco de Séville, ni aux fêtes des Saintes-Maries pour la célébration de la Vierge noire.

    Nous sommes à Saint-Crès, un petit village du midi de la France, à deux pas de Montpellier, un banal samedi d'automne frisquet.

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