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  • ELOGE DU GRAS. UN ENTRETIEN AVEC LE NEUROBIOLOGISTE JEAN-MARIE BOURRE

    medium_7159_1-Grande-Bouffe-11.JPGNEWS NEWS NEWS. Alors qu'un rapport alarmant faisant état de 5,9 millions d'obèses en France, le chercheur et neurobiologiste Jean-Marie Bourre, auteur d'une "Diététique du cerveau" en 1995, l’un des découvreurs des effets bénéfiques des "omega-3" sur les membranes biologiques des neurones, membre de l’Académie de Médecine, grand défenseur du pain, de l'oeuf et de la charcuterie française, ennemi déclaré des végétariens (qui le lui rendent bien et attaquent tout journaliste qui lui donne la parole, donc votre serviteur), neuro-toxicologue de l’INSERM, republie son ouvrage de référence sous le titre "La nouvelle diététique du cerveau " (Odile Jacob poche, 2006).
    Il nous parle ici du bon usage du gras, dont notre cerveau serait friand, et critique l'obsession de la culture "light" moderne et de prètres du manger-maigre et de la "scientificité alimentaire" - qui nous mènent à renier la gastronomie et la bonne chère, c'est-à- dire le plaisir de vivre tout simplement.

    (entretien paru dans Le Monde 2/sept 2006)

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    Craignez-vous toujours de grossir ?
    Vous pesez-vous soir et matin ?
    Modifiez-vous vos repas selon votre balance ?
    Evitez-vous les poissons gras, les viandes en sauce, les plats cuisinés, les charcuteries - toutes les graisses ?
    Mangez-vous beaucoup des légumes à l'eau, de soja, des produits allégés, du 0% ?
    Mettez-vous des sucrettes dans vos boissons, évitez-vous tous les produits sucrés ?
    Vous interdisez-vous de manger certain plat " riche ", ou une viennoiserie, ou un qui vous fait plaisir ?
    Craignez-vous les invitations à dîner, les sorties dans un bon restaurant, manger devient-il une source d'inquiétude ?
    Beaucoup de personnes répondent " oui " à presque toutes ces questions. Cette tentative de juridiction permanente de sa nourriture, de surveillance perpétuelle de ses envies, a été appelée "la restriction cognitive" par deux psychologues fameux de l'alimentation, les canadiens Herman et Polivy. Ils la décrivent comme une maladie de civilisation, une nouvel " idéal ascétique ", un comportement magique. On ne mange plus on veut faire du maigre ; on n’écoute plus ses appétits on équilibre ses lipides ; on ne fait plus la cuisine mais de la chimie ; se nourrir devient une sorte de malédiction ; chaque repas se traduit en pesées quotidiennes ; la culpabilité devient permanente. " Comment ? Tu as mangé un gâteau ! " s'écrie une femme à une autre, comme à une criminelle, dans un des nombreux spots à la gloire du " light ". Il faut avoir « la ligne », l’obsession moderne, plus forte encore que l’amour comme le raconte Isabelle Sorente dans son roman best-seller « L » (poche)
    medium_20476.jpgL'objectif suprême de " la restriction cognitive " est la minceur. C'est un impératif catégorique. La nouvelle discipline du corps. Des études publiées en 2005, menées chez les teen-agers de plusieurs pays occidentaux, montrent que si 9% des filles de 11 à 15 ans présentent un surpoids, 42% se trouvent " trop grosses ". 37% souhaitent faire un régime dès 11 ans. 47%S à 13 ans. 55% à 15 ans.  
    "Aujourd’hui, notre comportement alimentaire est caractérisé par l’angoisse, le plaisir de manger est considéré comme illicite. Sous le bâton de terroristes de la " scientificité alimentaire ", tristes, austères raides, secs, puritains et rigides, prétendument rigoureux, mais sûrement sévères, on nous opprime au nom de notre bien " écrit Jean Marie Bourre, membre de l'Académie de Médecine. Il nous explique ici, sans prétendre établir un déterminisme direct entre nos aliments et nos pensées, quels sont les bons aliments pour notre chère matière cérébrale, surtout nos précieuses « cellules grises » - et notamment le gras.  
     

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