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mardi, 11 juillet 2006
FRANCISCO VARELA : "L'ESPRIT N'EST PAS UNE MACHINE"
NEWS NEWS NEWS NEWS NEWS NEWS
Le CNRS achève un cycle de conférences sur les sciences cognitives consacré au célèbre biologiste Francisco Varela, qui a terminé sa carrière à Paris, dans le centre de neurobiologie de la Pitié-Salpétrière. Il est disparu prématurément en mai 2001. Francisco Varela a developpé le concept d'"enaction" dans les sciences cognitives, qui propose un modèle de l'esprit fonctionnant comme un ensemble d'organisme vivants - et non comme un ordinateur pleins de "mémoires", de "programmes", disposant d'un disque dur central : la conscience . Ses recherches ont donné naissance à un nouveau courant de recherche dans les sciences cognitives et l'intelligence artificielle.
Francisco Varela s'est aussi fait connaître pour son intérêt pour le bouddhisme, que ce soit par sa pratique prolongée de la méditation, et ses réflexions sur la théorie de la connaissance selon le bouddhisme. Il a beaucoup fréquenté le maître thibétain Chöghiam Trungpa, et publié un livre d'entretiens avec Le Dalaï Lama (Passerelles : Entretiens avec des scientifiques sur la nature de l'esprit, Champs, Flammarion)
En récit de cette actualité, voici le récit d'une rencontre avec Francisco Varela faite à Paris l'été 93 - publié das le magazine Actuel.
BIBLIOGRAPHIE FRANCISCO VARELA
Nous sommes dans un laboratoire de biologie de l'hôpital de la Pité-Saplétrière à Paris. Un homme porte un casque monstrueux sur la tête, relié à un écran 3D. À ses côtés, Francisco Varela. Le neurobiologiste demande à l'homme sous le heaume de suivre des yeux le mouvement d'un bâton, de lever un doigt, d'énoncer un mot. Il traque ce mystère : l'activité minimale de l'esprit, l'instant immédiat, quand la conscience réagit. Comment pensons-nous au présent ? Existe-t-il une unité élémentaire de perception ou d'action ? Que nous pourrions quantifier ?
A chaque fraction de seconde - à chaque nouveau geste - des milliers de neurones clignotent sur l'écran comme les lumières d'une ville prise d'une étrange folie nocturne. Mais une cohérence se dessine : ils semblent chanter, tel un chœur à une voix, synchrones à l'intérieur du cerveau. Sans chef d'orchestre. A chaque pensée, les neurones dessinent une nouvelle partition. Varela tente de lire leurs oscillations. Il décrypte notre esprit comme il déchiffrerait d'antiques hiéroglyphes...
10:40 Publié dans ENTRETIENS À VIF | Lien permanent | Commentaires (4) | Trackbacks (0) | Envoyer cette note
lundi, 10 juillet 2006
NEANDERTHAL, L'AUTRE HUMANITÉ
NEWS NEWS NEWS NEWS Un laboratoire de l'ENS de Lyon confirmait courant juin, après l'étude d'une mâchoire de Neanderthalien vieille de 50.000 ans, que "Neanderthal" et "Sapiens" appartiennent à deux espèces "homo" différentes, ne pouvant se reproduire entre elles. Neanderthal semble bien être, d'après toutes les dernières découvertes de la génétique moderne, un autre "Homme". Il s’appelle Homo Neanderthalensis. Il a vécu sur Terre pendant 300.000 ans. Il enterrait ses morts, maîtrisait le feu, travaillait la pierre, le bois et l’os. Plus les recherches avancent, plus nous découvrons son intelligence. Homo Sapiens n’est plus le seul " humain ", le fils unique de Dieu. Il faut imaginer une humanité plurielle.
Voici une enquête sur cet homme longtemps méprisé, réalisée avec l'aide de Marylène Pathou-Mathis, docteur d’état en préhistoire, qui a consacré vingt ans à l'étudier. Elle vient de publier " Neanderthal. Une autre humanité ", aux éditions Perrin.
(publié dans LE MONDE 2, O7/06)
BIBLIOGRAPHIE NEANDERTHAL
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C’est un drôle de bonhomme. Sa tête oblongue jaillit d’un puissant cou de taureau. Ses muscles saillent, noueux, autour d’une poitrine large, un véritable tonneau. Il a les hanches larges, de fortes épaules, des bras longs et épais, capables de gestes plus amples que nous, les autres hommes. Il possède des mains fortes, à la prise du pouce solide. Ses jambes courtes, ses cuisses arquées, ses grosses rotules, ses orteils imposants et musclés sont taillés pour les longues marches. Une solide musculature l’enveloppe, plus puissante que celle d’un homme, une charpente adaptée à tous les terrains, tous les climats. C’est un râblé, costaud, un endurant, qui a supporté une glaciation et conquis des terres froides. Il vous dévisage avec une sacrée gueule. La face large, aux pommettes saillantes, au grand nez surmonté, au front traversé d’un long bourrelet, aux yeux intelligents s’agitant au creux d’orbites profondes se projette vers vous comme un museau. Car le front est aplati, les arêtes du nez tirées à l’horizontale, le menton fuyant, la tête allongée vers l’arrière. Dedans, un gros cerveau pense, plus développé que le nôtre, atteignant jusqu’à 1750 cm3. Sa peau est blanche. Il est peu velu. L’homme pèse facilement quatre-vingts kilos. La femme, soixante-dix. Lui mesure entre 1,60 et 1,70 mètre ; elle, entre 1,56 et 1,60 mètre...
11:10 Publié dans ENQUÊTES | Lien permanent | Commentaires (6) | Trackbacks (0) | Envoyer cette note
dimanche, 09 juillet 2006
ZIDANE. UN COUP DE TÊTE MYTHOLOGIQUE
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Prenez Zinédine Zidane : voici un véritable héros du footbal, un guerrier pacifique des stades, une légende sportive. Il ressemble aux figures de nos grandes mythologies, ces héros que le peuple voyait se battre sur les champs de bataille, ou au pied des villes des villes assiégées. Comment ne pas penser au "bouillant Achille" sous les murs de Troie, dont tous admiraient l'habileté et la force - les grands matchs de football, ou de rugby, avec leurs héros se jetant dans la mélée au vue de tous, acclamés, furieux, exaltés, ressemblent aux héros de la guerre de Troie, guerre de personnages héroiques, d'hommes rusés, avec ses corps à corps, ses duels, tous ces rituels sacrés (si éloignés des boucheries modernes, des guerres faites à coups de bombardiers, de bombes téléguidées, d'écrans électroniques et des massacres de masse anonymes).
Ces stars du sport, aux talents exceptionnels, presque des demi-dieux, adulés par des pays entiers, n'en demeurent pas moins des hommes, des humains faibles, imparfaits et retors, tout comme les héros des grands mythes. Ce ne sont pas des vrais dieux, "les dieux du stade", tout comme les "demi-dieux" des mythologies. Chacun a son "talon d'Achille", ce qui fait leur grandeur et leur humanité. C'est que nous avons découvert avec le coup de tête de Zidane, alors qu'il avait failli marquer le but de la victoire mythique quelques minutes auparavant, qu'il allait peut-être devenir le plus grand footballeur de tous les temps en offrant une seconde victoire en coupe du monde à l'équipe de France. Il n'est qu'un homme. Il n'échappe pas au "heur et au malheur du guerrier" décrit par Georges Dumezil. Il possède une faille. Et dans la transe du match et du combat des hommes, son rival, le footballeur italien Materazzi a vu sa fèlure, sa faiblesse. Il a trouvé la manière de destabiliser le bouillant Zidane, il lui a prononcé les mots qu'il savait le toucher à coeur, allaient le sortir de ses gonds, le pousser à la faute. Il lui a décoché la flèche fatale, comme Paris visant Achille depuis les murailles de Troie.
Le héros a trébuché. Il est redevenu colérique. Enragé. Il a perdu le contrôle. Il a montré qu'il n'était pas tout de calcul. Enragé par les remarques personnelles de Materazzi le rusé, il a voulu se faire "respecter" - comme un jeune de banlieue insulté, qui n'a souvent que son "honneur" à défendre (ces jeunes de banlieue qui adulent zidane, qui fut l'un d'entre eux dans les quartiers immigrés de Marseille Nord). En défendant son honneur, perdant le match, expulsé comme comme un joeur débutant, en cessant d'être un dieu du football pour redevenir un homme violent et vengeur, Zidane a véritablement rejoint le mythe du guerrier. Il l'a rejoué à sa façon, lui redonnant sa valeur universelle.
22:35 Publié dans MOEURS | Lien permanent | Envoyer cette note







