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  • FRANCISCO VARELA : "L'ESPRIT N'EST PAS UNE MACHINE"

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    NEWS NEWS NEWS Le CNRS achève un cycle de conférences sur les sciences cognitives consacré au célèbre biologiste Francisco Varela, qui a terminé sa carrière à Paris, dans le centre de neurobiologie de la Pitié-Salpétrière. Il est disparu prématurément en mai 2001. Francisco Varela a developpé le concept d'"enaction" dans les sciences cognitives, qui propose un modèle de l'esprit fonctionnant comme un ensemble d'organisme vivants - et non comme un ordinateur pleins de "mémoires", de "programmes", disposant d'un disque dur central : la conscience . Ses recherches ont donné naissance à un nouveau courant de recherche dans les sciences cognitives et l'intelligence artificielle.
    Francisco Varela s'est aussi fait connaître pour son intérêt pour le bouddhisme, que ce soit par sa pratique prolongée de la méditation, et ses réflexions sur la théorie de la connaissance selon le bouddhisme. Il a beaucoup fréquenté le maître thibétain Chöghiam Trungpa, et publié un livre d'entretiens avec Le Dalaï Lama (Passerelles : Entretiens avec des scientifiques sur la nature de l'esprit, Champs, Flammarion)
    En récit de cette actualité, voici le récit d'une rencontre avec Francisco Varela faite à Paris l'été 93 - publié das le magazine Actuel.


    BIBLIOGRAPHIE FRANCISCO VARELA


    Nous sommes dans un laboratoire de biologie de l'hôpital de la Pité-Saplétrière à Paris. Un homme porte un casque monstrueux sur la tête, relié à un écran 3D. À ses côtés, Francisco Varela. Le neurobiologiste demande à l'homme sous le heaume de suivre des yeux le mouvement d'un bâton, de lever un doigt, d'énoncer un mot. Il traque ce mystère : l'activité minimale de l'esprit, l'instant immédiat, quand la conscience réagit. Comment pensons-nous au présent ? Existe-t-il une unité élémentaire de perception ou d'action ? Que nous pourrions quantifier ?
    A chaque fraction de seconde - à chaque nouveau geste - des milliers de neurones clignotent sur l'écran comme les lumières d'une ville prise d'une étrange folie nocturne. Mais une cohérence se dessine : ils semblent chanter, tel un chœur à une voix, synchrones à l'intérieur du cerveau. Sans chef d'orchestre. A chaque pensée, les neurones dessinent une nouvelle partition. Varela tente de lire leurs oscillations. Il décrypte notre esprit comme il déchiffrerait d'antiques hiéroglyphes...

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  • ZIDANE. UN COUP DE TÊTE MYTHOLOGIQUE

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    News News News. La France entière s'étonne et s'horrifie du "coup de boule" donné par Zinédine Zidane au cours de la finale la coupe du monde - ce qui lui a voulu d'être expuisé du terrain comme un paria, et a sans doute coûté la défaite à l'équipe de France. Pourtant, si nous relisions "Heur et malheur du guerrier" du grand mythologue français Georges Dumézil, nous comprendrions sans doute mieux le geste du grand footballeur.

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    Que nous a appris le professeur Georges Dumézil, après avoir comparé plusieurs des grandes mythes de l'histoire de l'humanité, et tenté de comprendre quelles grandes figures, quels archétypes les traversaient ? Il nous a montré que tous les grands guerriers mythiques se ressemblent, Achille, Héraklès, Indra, le héros indien, Keresaspa, l’hercule iranien, le scandinave Starkadr. Ces héros accumulèrent les exploits, les actes héroïques, les prodiges de courage et de talent, mais aucun n’échappa aux péchés, aux faiblesses classiques du guerrier triomphant. Se laisser aller à la fureur, massacrer les innocents, préférer le traquenard au duel héroïque, continuer à guerroyer sans fin et trahir les serments de paix.

    Prenez Zinédine Zidane : voici un véritable héros du footbal, un guerrier pacifique des stades, une légende sportive. Il ressemble aux figures de nos grandes mythologies, ces héros que le peuple voyait se battre sur les champs de bataille, ou au pied des villes des villes assiégées. Comment ne pas penser au "bouillant Achille" sous les murs de Troie, dont tous admiraient l'habileté et la force - les grands matchs de football, ou de rugby, avec leurs héros se jetant dans la mélée au vue de tous, acclamés, furieux, exaltés, ressemblent aux héros de la guerre de Troie, guerre de personnages héroiques, d'hommes rusés, avec ses corps à corps, ses duels, tous ces rituels sacrés  (si éloignés des boucheries modernes, des guerres faites à coups de bombardiers, de bombes téléguidées, d'écrans électroniques et des massacres de masse anonymes).

    Ces stars du sport, aux talents exceptionnels, presque des demi-dieux, adulés par des pays entiers, n'en demeurent pas moins des hommes, des humains faibles, imparfaits et retors, tout comme les héros des grands mythes. Ce ne sont pas des vrais dieux, "les dieux du stade", tout comme les "demi-dieux" des mythologies. Chacun a son "talon d'Achille", ce qui fait leur grandeur et leur humanité. C'est que nous avons découvert avec le coup de tête de Zidane, alors qu'il avait failli marquer le but de la victoire mythique quelques minutes auparavant, qu'il allait peut-être devenir le plus grand footballeur de tous les temps en offrant une seconde victoire en coupe du monde à l'équipe de France. Il n'est qu'un homme. Il n'échappe pas au "heur et au malheur du guerrier" décrit par Georges Dumezil. Il possède une faille. Et dans  la transe du match et du combat des hommes, son rival, le footballeur italien Materazzi a vu sa fèlure, sa faiblesse. Il a trouvé la manière de destabiliser le bouillant Zidane, il lui a prononcé les mots qu'il savait le toucher à coeur, allaient le sortir de ses gonds, le pousser à la faute. Il lui a décoché la flèche fatale, comme Paris visant Achille depuis les murailles de Troie.

    Le héros a trébuché. Il est redevenu colérique. Enragé. Il a perdu le contrôle. Il a montré qu'il n'était pas tout de calcul. Enragé par les remarques personnelles de Materazzi le rusé, il a voulu se faire "respecter" - comme un jeune de banlieue insulté, qui n'a souvent que son "honneur" à défendre (ces jeunes de banlieue qui adulent zidane, qui fut l'un d'entre eux dans les quartiers immigrés de Marseille Nord). En défendant son honneur, perdant le match, expulsé comme comme un joeur débutant, en cessant d'être un dieu du football pour redevenir un  homme violent et vengeur, Zidane a véritablement rejoint le mythe du guerrier. Il l'a rejoué à sa façon, lui redonnant sa valeur universelle.

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