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  • MALEK CHEBEL. "LES EMEUTES DE BANLIEUES NE SONT PAS ISLAMISTES, MAIS ANARCHISTES"


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    Au cours des dix nuits d’émeutes qui ont secoué les banlieues début novembre, certains hommes politiques ont parlé d’une orchestration " islamiste " et " fondamentaliste ". Aucune enquête ne confirme ces affirmations. Il semble au contraire que des imams de toutes tendances aient joué un rôle modérateur. Quels sont les courants " fondamentalistes " français dont on parle tant ? Quelles idées défendent-ils ? Influencent-ils les jeunes générations ? Rencontre avec Malek Chebel, anthropologue des mentalités dans l’Islam, spécialiste du Coran et de philosophie arabe, auteur de l’essai " L’Islam et la raison. Le combat des idées. " (Perrin, 2005) (Article publié dans Le Monde 2/ 11/05)

    BIBLIOGRAPHIE MALEK CHEBEL

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    Les dix jours d’émeutes violentes - 1295 voitures brûlées la dixième nuit- qui ont soulevé début novembre la ceinture de Paris, et de plusieurs grandes villes, ont révélé l’extrême difficulté à résoudre les problèmes des " zones sensibles " et des " quartiers difficiles " dans les banlieues françaises. Depuis la création du ministère de la Ville en 1989, les plans de réhabilitation et de sécurisation se sont succédés : plans Delebarre, Tapie, Raoult (1995), Bartolone (1998), enfin Borloo. Des milliards de francs ont été dépensés pour revaloriser certaines cités et détruire les plus délabrées, les politiques prônant " une police de proximité " (la gauche) puis une " police de résultat " (la droite) se sont succédés - mais les émeutes n’ont pas cessé depuis Vaulx-en-Velin (1979/1989), Minguettes (1981, 1983), et les habitants de ces banlieues (les " 750 zones difficiles ") ont sanctionné tous les gouvernements aux élections. Après les émeutes de la Seine-Saint-Denis au début du mois, la presse a beaucoup parlé d’une " anti-fada ", ou encore d’un " mai 68 des banlieues ", un mouvement de désespoir mêlant la révolte, la casse aveugle, la haine de la police et l’écœurement. L'écrivain franco-marocain Tahar Ben Jelloun, commentant ces événements dans " La Repubblica ", l’analyse ainsi : " Au centre de cette colère, il y a la rage d'une jeunesse française, fille de l'immigration (…) La répression voulue à des fins électorales ne résoudra pas les problèmes de ces jeunes. Bien au contraire, cela les pousse encore plus à se rebeller. "

     

     

     

     

     

     

     

    Cette analyse d’une insurrection spontanée, désordonnée, consécutive à une grave double " bavure " - la mort de Bouna Traoré, 15 ans, et Zyed Benna, 17 ans, poursuivis par la police ; le jet d’une grenade lacrymogène dans une mosquée - a été contestée par Eric Raout, le maire UMP du Raincy. Il a parlé d’"un certain nombre d’agitateurs et de provocateurs " orchestrant le soulèvement, le dirigeant sur le terrain, qui seraient " islamistes ". Ces fondamentalistes " se sont saisis de cette opportunité pour attiser la haine et provoquer incidents et incendies ", affirme encore le secrétaire général de Synergie, le second syndicat des officiers de police. Il se confirme cependant, selon les reportages de terrain, et jusque chez les Renseignements Généraux, que si " l’épisode de la mosquée " (que les policiers ont intelligemment menacé de " raser " !) a beaucoup choqué les milieux musulmans et attisé la révolte, les islamistes radicaux ne se sont pas mobilisés, et n’ont pas organisé l’action. On a même vu des imams salafistes exhorter les jeunes au calme pendant les nuits d’émeutes. Le Figaro a publié une enquête montrant que l’islam ne jouait " aucun rôle déterminant dans la propagation des troubles ". Nous ne sommes pas en plein " djihad ", comme les prétendent certains sites chrétiens intégristes, ou d’extrême droite.
    Nous avons demandé à Malek Chebel, anthropologue de l’Islam, auteur d’un livre sur " Le combat des idées " dans le monde musulman, comment il analysait ces événements, s’il y voyait la main mise des courants fondamentalistes, et de nous éclairer sur les différents courants islamistes présents dans la jeunesse musulmane française.

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  • GEORGES MARBECK, ROMANCIER ET HISTORIEN DE L'ORGIAQUE. "LE SIDA NOUS OBLIGE À RÉINVENTER LE PLAISIR".

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    NEWS NEWS NEWS Le Ministère de la sante vient de publier un nouvau rapport sur la progression du Sida en France. Les derniers chiffres tournent autour de 100.000 personnes contaminées. Ils révélent que si l’épidémie a été ralentie, elle continue à progresser dans notre pays. En revanche, des succès ont été enregistrés dans le domaine de la prévention (7 millions de test de dépistage ont été distribués), notamment concernant les usagers de drogues et la transmission par transfusion sanguine.Les progrès dans la prise en charge thérapeutique de la maladie et le sentiment général que le sida se soigne ont eu a contrario pour conséquence un phénomène de banalisation de cette maladie, entraînant un relâchement des comportements de prévention - en particulier, précise le rapport, chez les jeunes femmes et au sein des groupes homosexuels.

    Au delà de l'aspect médical et préventif du sida, nous avons demandé au romancier et historien de l'orgiaque, Georges Marbeck de nous parler de l'impact du sida sur la manière de faire l'amour, se rencontrer aujourd'hui, la peur qui l'accompagne, comment le "sens de la fête" a évolué, etc.  

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    Georges Marbeck, romancier, essayiste, fut une des éminences grises du grand mouvement de réflexion sur la sexualité des années 1970. Il a participé au journal " TOUT ", un des libelles majeurs de l’après 68 où se retrouvaient les activistes du FHAR ( front homosexuel) et du MLF. Il a contribué au lancement de la revue " Recherches " avec Gilles Deleuze et Guy Hocquengheim, consacré à l’écriture de toutes les sexualités. Il est l’auteur d'une histoire philosophique de référence consacrée à l’orgiaque et l’orgie : " L'orgie, voie du sacré, fait du prince, instinct de fête” (ed. Laffont, 420 p). Il analyse ici plusieurs phénomènes paradoxaux des années 1990-2000 : d’un côté la peur de la contamination s’installe tandis que la "drague," la séduction, les relations brèves réculent considérablement. Les mœurs libres, exploratoires, tolérantes et inventives des années 1955-1985 connaissent un coup d'arrêt. En même temps  l'amour conjugal exclusif, la valorisation de l'amour durable reprennent une importance décisive, et l'attraît du raisonnable  - même si on divorce plus facilement et plus souvent qu'avant. Parrallélement, la vogue des petits groupes “libertins” et des “clubs sexuels”, "échangistes" gagne en importance - une trentaine de “boîtes de cul" recensées à Paris en 1994. Autant en 2OOO. Comment expliquer ces paradoxes ? (Entretien réalisé pour la revue "Sans Nom" pendant l’hiver 1994)

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