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mardi, 15 novembre 2005
MALEK CHEBEL. "LES EMEUTES DE BANLIEUES NE SONT PAS ISLAMISTES, MAIS ANARCHISTES"
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Au cours des dix nuits d’émeutes qui ont secoué les banlieues début novembre, certains hommes politiques ont parlé d’une orchestration " islamiste " et " fondamentaliste ". Aucune enquête ne confirme ces affirmations. Il semble au contraire que des imams de toutes tendances aient joué un rôle modérateur. Quels sont les courants " fondamentalistes " français dont on parle tant ? Quelles idées défendent-ils ? Influencent-ils les jeunes générations ? Rencontre avec Malek Chebel, anthropologue des mentalités dans l’Islam, spécialiste du Coran et de philosophie arabe, auteur de l’essai " L’Islam et la raison. Le combat des idées. " (Perrin, 2005) (Article publié dans Le Monde 2/ 11/05)
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Les dix jours d’émeutes violentes - 1295 voitures brûlées la dixième nuit- qui ont soulevé début novembre la ceinture de Paris, et de plusieurs grandes villes, ont révélé l’extrême difficulté à résoudre les problèmes des " zones sensibles " et des " quartiers difficiles " dans les banlieues françaises. Depuis la création du ministère de la Ville en 1989, les plans de réhabilitation et de sécurisation se sont succédés : plans Delebarre, Tapie, Raoult (1995), Bartolone (1998), enfin Borloo. Des milliards de francs ont été dépensés pour revaloriser certaines cités et détruire les plus délabrées, les politiques prônant " une police de proximité " (la gauche) puis une " police de résultat " (la droite) se sont succédés - mais les émeutes n’ont pas cessé depuis Vaulx-en-Velin (1979/1989), Minguettes (1981, 1983), et les habitants de ces banlieues (les " 750 zones difficiles ") ont sanctionné tous les gouvernements aux élections. Après les émeutes de la Seine-Saint-Denis au début du mois, la presse a beaucoup parlé d’une " anti-fada ", ou encore d’un " mai 68 des banlieues ", un mouvement de désespoir mêlant la révolte, la casse aveugle, la haine de la police et l’écœurement. L'écrivain franco-marocain Tahar Ben Jelloun, commentant ces événements dans " La Repubblica ", l’analyse ainsi : " Au centre de cette colère, il y a la rage d'une jeunesse française, fille de l'immigration (…) La répression voulue à des fins électorales ne résoudra pas les problèmes de ces jeunes. Bien au contraire, cela les pousse encore plus à se rebeller. " 
Cette analyse d’une insurrection spontanée, désordonnée, consécutive à une grave double " bavure " - la mort de Bouna Traoré, 15 ans, et Zyed Benna, 17 ans, poursuivis par la police ; le jet d’une grenade lacrymogène dans une mosquée - a été contestée par Eric Raout, le maire UMP du Raincy. Il a parlé d’"un certain nombre d’agitateurs et de provocateurs " orchestrant le soulèvement, le dirigeant sur le terrain, qui seraient " islamistes ". Ces fondamentalistes " se sont saisis de cette opportunité pour attiser la haine et provoquer incidents et incendies ", affirme encore le secrétaire général de Synergie, le second syndicat des officiers de police. Il se confirme cependant, selon les reportages de terrain, et jusque chez les Renseignements Généraux, que si " l’épisode de la mosquée " (que les policiers ont intelligemment menacé de " raser " !) a beaucoup choqué les milieux musulmans et attisé la révolte, les islamistes radicaux ne se sont pas mobilisés, et n’ont pas organisé l’action. On a même vu des imams salafistes exhorter les jeunes au calme pendant les nuits d’émeutes. Le Figaro a publié une enquête montrant que l’islam ne jouait " aucun rôle déterminant dans la propagation des troubles ". Nous ne sommes pas en plein " djihad ", comme les prétendent certains sites chrétiens intégristes, ou d’extrême droite.
Nous avons demandé à Malek Chebel, anthropologue de l’Islam, auteur d’un livre sur " Le combat des idées " dans le monde musulman, comment il analysait ces événements, s’il y voyait la main mise des courants fondamentalistes, et de nous éclairer sur les différents courants islamistes présents dans la jeunesse musulmane française.

ENTRETIEN AVEC MALEK CHEBEL
Que pensez-vous de ces journées d’émeutes ? Y voyez-vous une sorte d’ " antifada " contre notre société ?
Malek Chebel : -Ces événements me semblent constituer une insurrection anarchiste, une vague de révolte et de rage qui échappe à tous les mouvements religieux ou politiques. Cela fait vingt ans que la situation se dégrade dans nos banlieues, des émeutes éclatent presque chaque année, l’abandon du traitement social et les propos belliqueux du ministère de l’intérieur n’ont rien arrangé. Si les jeunes cassent tout, c’est qu’ils n’écoutent plus personne, même plus les imams fondamentalistes. Ils en ont ras le bol d’être méprisés ! Ils montrent qu’ils existent ! Qu’ils n’ont plus aucun espoir ! Je partage l’analyse faite par le Washington Post, ou le Guardian de Londres, qui critiquent fortement la politique française d’intégration: "Ces troubles mettent en lumière les tensions entre les grandes villes prospères et leurs sinistres banlieues ghettoïsées, où résident les immigrés du Maghreb et d'Afrique de l'Ouest : ils n'ont jamais été pleinement intégrés à la société française, et sont devenus une sous-classe frappée au quotidien par le désespoir et la discrimination. "
Vous ne croyez pas à la thèse d’une sorte de " djihad " des banlieues ?
- Attention à ne pas tout mélanger. Le courant salafiste qui s’implante actuellement dans les banlieues n’est pas un mouvement " djihadiste ". L’histoire du salafisme est récente, même si l’expression arabe " as-Salaf as-salîh ", " les Vénérables/les Pieux ancêtres " est une expression traditionnelle et ancienne. Le mot " Salaf ", " Ancien " renvoie aux ancêtres. Mais pas n’importe lesquels. Il s’agit d’abord du Prophète, de ses premiers Compagnons et, d’un certain nombre de théologiens hyper-orthodoxes comme Ibn al-Jawzi (1116-1200), Ibn Taymiyya (1263-1328), Mohammed Ibn Abd al-Wahab (1703-1787) ou Sayyid Qotb (1906-1966), qui fut un membre influent des “Frères Musulmans” égyptiens, dont se réclame toute la nébuleuse salafiste, tout en prétendant la dépasser. L’idée principale qui articule le discours des salafistes, c’est que l’islam était en meilleure posture par le passé, et ne l’est plus aujourd’hui. Par conséquent, tout le personnel religieux est relativement sanctifié, de manière un peu obsessionnelle. On projète sur eux toutes les espérances déçues, les vœux de grandeur à venir, les désirs non encore satisfaits - d’où l’importance des mosquées, des mollahs, des fatwas, etc. À l’inverse, les carences du monde arabe d’aujourd’hui, sur lesquelles il y a consensus chez tous les mulsulmans, sont pour les salafistes imputables au contexte pathogène, maladif, dans lequel l’Occident placerait l’islam : rejet du religieux, critique de Dieu, mœurs dissolues, etc. Et lorsqu’ une opposition éclate entre deux groupes de musulmans - chiites et sunnites par exemple-, ou entre son peuple et un souverain (souvent vu comme un potentat au service de l’ennemi, un tyran doublé d’u traitre), c’est encore selon eux la faute au contexte religieux. Pour le salafiste, tout pouvoir qui n’est pas fondé sur des règles islamiques traditionnelles, sur la “charia”, est faux. Et donc inutile, enfin nocif. Il faut donc le combattre par la rigueur de son comportement… L’imam Abdelkader Bouziane, à Vénissieux était salafiste, et partisan des châtiments corporels à l'encontre des femmes adultères. C’est en effet un courant très rigoriste !
Comment décririez-vous le courant salafiste ?
-Aujourd’hui, le salafisme se présente comme un courant néo-fondamentaliste de l’islam. Il hérite directement d’une pensée inspirée par les wahhabites d’Arabie Saoudite, très rigoristes en effet, qui les financent, leur dépêche des Ulémas pour tenir des séminaires dans les mosquées de banlieue, et recrutent auprès d’eux des étudiants en théologie. Les salafistes sont aussi reliés à leurs différents émules dans le monde musulman, dont les “Frères Musulmans”. Ceux-ci, longtemps influents chez une minorité de fidèles français, sont désormais dépassés. Des groupes comme " al-hijra wa-takfir " (" Exil et expiation "), ou un autre groupuscule fondamentaliste, le " tabligh " (" la prédication "), défendent une vision encore plus traditionnelle. Par exemple, ils refusent de réciter tout haut le Coran, car selon eux la voix humaine ne saurait prononcer la parole divine. En fait, le salafisme fédère sous son nom la plupart des groupuscules qui agissent en vue de redonner à l’islam son lustre et sa rigueur d’antan, d’où le terme souvent employé pour les qualifier, de " raj’iya " (réaction), ou " ruju’ " (le fait de revenir à de meilleurs dispositions).
Des études ont révélé que les salafistes influençaient 15 lieux de culte en France sur 150. Eux-mêmes se présentent comme le nouveau courant réformateur de l’Islam, qui gagne en influence. Qu’en pensez-vous ?
-Ce n’est pas un mouvement réformateur de l’islam. C’est un mouvement " contre " l’Occident, contre tout modernisme, sans approche nouvelle. Un dogme réactif, défensif, prônant un retour en arrière, dénonçant tous les emprunts que font les jeunes musulmans européens à ce monde, considéré comme étant globalement païen ou athée, sans foi ni loi, impur. C’est donc plus une “contre-réforme” qu’une réforme… Une réaction fondamentaliste qu’un renouveau… Le fait qu’un tel mouvement prend parfois des allures piétistes, - le salafiste doit faire cinq prières quotidiennes - a induit en erreur certains spécialistes occidentaux qui leur ont prêté des intentions semblables à celles de la réforme luthérienne. Cela est sans doute vrai pour le premier article " La reconnaissance de la Bible comme seule autorité en matière de foi ", mais faux pour les conséquences pratiques : la réforme protestante a permis à l’Europe de se développer en tant que puissance initiatrice, économique, technicienne, comme l’a montré Max Weber dans son essai sur le protestantisme et l’esprit du capitalisme. Chez les salafistes, le retour à l’Islam reste très doctrinal. Il prône un combat permanent contre les " innovations " (bid’a), les " déviances " (zina) supposées des Musulmans, ce qui les place du côté de fondamentalistes détestant la modernité, plutôt que comme de simples moines qui militent pour un retour au Coran et aux prescriptions du Prophète comme le prône l’article I de la Charte des Salafistes (Al-Maqalat as-Salafiyya). L’attitude des européens à l’égard du salafisme reste très ambivalente. D’un côté, on veut combattre toutes les idéologies fondamentalistes qui prêchent la haine. De l’autre, on veut ménager les salafistes, car ils se présentent, localement, auprès des jeunes convertis des banlieues, comme un pôle de médiation acceptée avec la population musulmane. Pourtant, on parle aussi de " salafiste djihadiste ". En Algérie, le GIA se présentait à la fois comme " salafiste ", fondamentaliste, et appelait au djihad, à la guerre sainte. Le GIA a été rejoint par des " djihadistes " arabes et des fondamentalistes venus d’Afghanistan, décidé à continuer " la guerre " contre les infidèles. Khaled Kelkal, le terroriste français, a été contacté par des " salafistes djihadisdes "…

Quelle relation existe-til entre les salafistes et les djihadistes ?
-On sait que les djihadistes, les partisans de la guerre sainte préconisent l’usage de la violence, n’hésitent pas à s’enrôler dans telle ou telle milice locale, ou à devenir " mercenaire de Dieu " en Tchétchénie, en Afghanistan, en Irak, au Pakistan et sur d’autres fronts encore. D’où l’idée qu’il existerait une " nébuleuse salafiste" qui se serait répandue sur l’ensemble de la planète, un peu comme il a été dit pour Al-Qaeda. Il est important de bien démêler cet écheveau. Aujourd’hui, la plupart des salafistes ne sont pas violents, ce sont des gens très pieux, très anti-occidentaux, très austères, qui vivent presque dans un monde à part dans les banlieues, avec leurs librairies, leurs commerces, leurs appartements cloîtrés, où l’on ne voit jamais les femmes. On les a vu tenter de calmer les émeutiers dans les banlieues en novembre. Ce ne sont pas des " djihadistes ". Bien sûr, il peut arriver qu’une minorité de jeunes salafistes basculent dans la violence politique, en se laissant enrôler par les " djihadistes " qui flattent leur religion. De même, un terroriste violent ne sera pas forcément un salafiste pieux, moralisateur, prônant le retour à l’Islam. Il faut oublier l’idée d’une sorte de clergé salafiste de la violence, dont " le cerveau " serait Ben Laden, et qu’il existerait une planification des combats à l’échelle mondiale, une finance internationale, une domiciliation précise et une ou plusieurs armées, dont une dans la banlieue parisienne.
Vous affirmez que des vrais réformateurs de l’Islam existent, mais que les médias toujours en quête de spectacle et de facilité les ignorent. Qui sont-ils ?
- Le drame à mon sens, c’est qu’au nom de cette lutte contre la violence terroriste et contre le fondamentalisme musulman, un autre pan de l’islam, plus moderniste, plus réformiste, se retrouve ignoré. Chacun sait que l’islam -comme le judaïsme, comme la chrétienté - n’est pas une religion de violence. Pourtant, personne n’a cherché à savoir en quoi il était porteur de paix et de tolérance. Des milliers de musulmans ont payé de leur sécurité physique, de leur confort moral ou intellectuel, et même de leur vie pour avoir plaidé la cause d’un islam tolérant et ouvert. Que ce soit des philosophes comme Al-Kindi (796-873), Farabi (872-950), Al-Kindi (796-873), Ibn Tufayl (1110-1185) ou Averroès (1126-1198), des théologiens-mystiques éclairés comme Ghazzali (1058-1111) ou Ibn Arabi (1165-1240), des savants comme Biruni (973-1048), des médecins comme Avicenne (980-1037) ou Razi (860-923), des écrivains comme Abul-Ala al-Maari (973-1057) ou Al-Jahiz (776-868), des " sociologues " comme Ibn Khaldoun (1332-1406), tous se sont posé la question de la place de l’homme, de l’individu, de la raison, de la science, de l’homme, de la femme, etc, dans la représentation de l’islam. Tous l’ont étudié dans ses soubresauts et dans ses oublis, y compris lorsque certains d’entre eux ont voulu couper le cordon ombilical qui les reliait à la religion. Averroès, que l’Occident a tant applaudi, n’est que l’arbre qui cache la forêt. Ils sont aussi grammairiens, vizirs ou sultans, parfois califes ou imams, à avoir débattu de la compatibilité de l’islam avec les temps modernes, le mouvement de l’histoire, etc. L’islam a connu ses " libres penseurs ", ses encyclopédistes, ses mystiques et même des " anachorètes " que la marche de la civilisation a effrayé. Sur plus de quatorze siècles d’existence de l’islam, douze siècles ont été des siècles de paix et de concorde civile. Seul le premier siècle d’islamisation (750-850 à peu près) et un siècle de conflits meurtriers au temps des Ottomans, le XIVe, ont été des siècles guerriers.
Dans votre ouvrage " L’Islam et la Raison ", vous dites que la " nhada ", " la renaissance " du monde musulman commencé au XIXe siécle, continue…
-Oui, aujourd’hui, à côté du salafisme et sa réaction, une nouvelle réforme de l’islam poursuit le mouvement de la " nahda " (la renaissance, l’alphabétisation, l’ouverture d’école et d’universités, le travail des femmes, etc). Le message des premiers réformateurs de la " nahda " a été confronté à des processus lourds. La chute du califat ottoman, puis l’émergence de la Turquie moderne, le panarabisme, la décolonisation violente, la formation de gouvernements dictatoriaux, la réaction d’islamisation. Aujourd’hui, la nécessité de dépasser toutes ces tentatives, d’aller plus loin, de continuer la " nahda " se fait jour un peu partout. Il suffit de lire Mohamed Talbi, penseur tunisien, pour comprendre que la pensée unique en islam et la langue de bois faiblissent. Déjà, des gouvernants (au Maroc, en Tunisie, en Turquie, jusqu’en Indonésie) ont compris la nouvelle donne et, contraints ou forcés, acceptent d’impulser des réformes timides qui, espèrent-ils, les protègeront du raz-de-marée des mécontents. Tous ces gouvernements, tous despotiques, ne peuvent en effet perpétuellement affirmer que la démocratie est un principe fondateur de la politique, sans en donner quelque illustration. Il me semble que l’émergence de mouvements démocratiques dans ces pays, la réflexion sur la notion d’ " individu ", les progrès d’une véritable " réforme " de l’Islam arriveront à relativiser le message univoque et moralisateur des religieux et des salafistes -comme cela est déjà arrivé pendant les révolutions nationales arabes. Il faut espérer qu’une " Nouvelle Interprétation des Textes " (NIT), que beaucoup d’intellectuels appellent de leurs vœux, sera bientôt acceptée. Selon moi, tout est lié, la véritable réforme de l’islam se fera difficilement tant que les musulmans seront sous le joug de pouvoirs politiques qui n’accordent aucun respect à la volonté populaire, et soutiennent une religion qui prétend retourner en arrière. Toutes les libertés politiques qui produisent un sujet autonome, avec liberté de conscience, liberté de parole, liberté de mouvement, etc., sont encore refusées aux peuples arabes, et partiellement à tous les peuples musulmans. Le Monde arabe, peut-être devrais-je dire l’Islam, attend son véritable aggiornamento. Pas le salafisme.
Bibliographie de Chebel Malek
Le Corps en Islam, Puf, 1984 ; Rééd. collection Quadrige.
La Formation de l’identité politique, Puf, 1986. Rééd. Payot, 1997.
Le Sujet en islam, Seuil, 2002.
Mahomet et l’Islam, Casterman, Coll. 2002.
Islam et libre arbitre ? La Tentation de l’insolence. Dervy, 2003.
Manifeste pour un islam des lumières. 27 propositions pour réformer l’islam, Hachette littératures, 2004 (Prix des Ecrivains croyants, 2004).
Anthologie du vin et de l’ivresse, Seuil, 2004 (Prix Gourmand 2004).
Préface à L’Islam, passion française (Anthologie), Bartillat, 2005.
Dictionnaire amoureux de l’islam, Plon, 2004.
L’Islam et la raison, le combat des idées, Perrin, 2005.
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