dimanche, 21 juin 2009

IRAN : M. AHMADINEJAD DANS LE TEXTE

(Manifestation samedi  20 juin à Téhéran. Les observateurs font état de 10 morts et de centaines de blessés parmi les opposants)

NEWS NEWS NEWS. IRAN. ALORS QUE LES DIRIGEANTS ISLAMISTES ULTRA-CONSERVATEURS, SUITE AUX TRUCAGE MASSIF ET PROUVé DES ELECTIONS, ONT COMMENCE DE REPRIMER DANS LE SANG LES OPPOSANTS IRANIENS, TIRANT SUR LA FOULE, ARRÊTANT LES DIRIGEANTS REFORMATEURS, IL NE FAUT OUBLIER L'INQUIETANT PASSE DU PRESIDENT AHMADINEJAD ET SES DECLARATIONS CONTRE LA DEMOCRATIE LORS DE SA PREMIERE ELECTION EN JUIN 2006.

Le 25 juin 2006, le jour de sa première élection - déjà truquée ? - le président de la République Islamiste, M. Ahmadinejad, ancien lecteur à l'université des sciences et techiques de Tehéran, section traffic urbain, a voulu rassurer l’opinion internationale alertée par la violence de ses propos de campagne - sans compter les constantes intimidations physiques des opposants par ses partisans. À la télévision, il s’est voulu apaisant, sans  pourtant cesser d'être inquiétant : " Notre gouvernement sera, si Dieu le veut, celui de la gentillesse, du travail et de l'effort ", " C'est le gouvernement de la paix, de la justice et de la spiritualité ". Il n’a pas redit, comme pendant sa campagne électorale, qu’il allait "être le balayeur des rues de la nation iranienne ", que les Iraniens "n’avaient pas fait la révolution pour avoir la démocratie". Il n’a pas répété sa promesse d’"éradiquer la corruption " au Ministère du Pétrole, et de "couper les mains de la mafia de l’argent et des clans familiaux". Devant la presse mondiale, souriant, il a affirmé qu’en règle générale, "la politique du régime est une politique de détente" (...) et "qu’elle va continuer". Il n’a pas tempêté, comme un mois auparavant : "Dans notre politique culturelle (…) des réseaux organisés propagent la décadence".

Il n’a pas parlé d’appliquer à l'ensemble du pays ses projets pour la mairie de Téhéran (où il a été élu avec 18% des voix). Port de la barbe et manche longues pour les employés municipaux. Fermeture des fast foods étrangers. Enterrement du corps d’un "martyr" de la guerre Iran-Irak sur plusieurs places de Téhéran. Islamisation des centres culturels. Retrait d’une affiche publicitaire représentant le footballer David Beckam. Déclaration de guerre à la liberté vestimentaire féminine. Répondant aux milieux d’affaires inquiets après son élection, il s'est dit "favorable aux investissements et aux privatisations, créateurs d'emplois". Il a même défendu la Bourse, "endroit transparent pour les échanges". Pourtant c'est bien lui qui voulait la fermer le mois dernier, la comparant à "un casino" voué "aux jeux d’argent", et comme telle "haram" (proscrit par l’Islam). Sur la question ultrasensible du nucléaire militaire, M. Ahmadinejad a dit vouloir développer une "technologie nucléaire pacifique". Sur son site web de campagne "Mardomyar", L’ami du peuple, le futur président défend le " droit " au "programme nucléaire iranien". Sans préciser. "Ils ne nous laisseront pas progresser facilement, mais nous ne nous soumettrons pas à leur volonté" lit-on.

(Video très dure, diffusée depuis l'Iran par le mouvement "Why we protest", montrant la mort samedi 20 juin d'une jeune manifestante tuée par un sniper  des forces de l'ordre, Neda, devenue une icône et le martyr des opposants au régime)

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M. Ahmadinejad vu par les blogs en 2006
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D’après plusieurs estimations, 65.000 blogs existent en Iran, la plupart en perse, et mobilisent la jeunesse aisée. Plusieurs centaines sont rédigés en anglais, par souci d’alerter l’opinion mondiale. Les blogueurs sont réguliérement arrêtés, battus et rançonnés. Déjà en 2006, les blogs apportaient des témoignages partiels, de parti pris, mais passionnants sur l’élection iranienne. Ainsi sur Hoder.com, un étudiant vivant entre Toronto et Téhéran, explique ce qui l’attend : " L’officier amical qui m’interrogeait hier sur mon " blog controversé ", risque d’être remplacé par un type ignorant, ne sachant rien d’Internet. Il m’arrêtera, me battra, me gardera une semaine et me forcera à écrire des confessions contre mes amis, ma famille et moi-même ". Ce même étudiant refuse l’analyse selon laquelle les Iraniens se moquent des " libertés publiques". Selon lui, le vote s’explique par "l’inégalité sociale" et l’"échec économique" de l’ancien gouvernement dirigé par Khatami, mais surtout par le contrôle des Islamistes sur la télévision et les radios.  Il lance cet appel : "Les réformateurs doivent investir dans une chaîne satellite. "

Sur son blog, la journaliste Nedâ Dehghân, inquiète, cite Robespierre : " Nous disparaîtrons, car dans l’Histoire nous avons manqué l’instant opportun pour créer la liberté. " Elle parle de "fracture économique" en Iran, critique les réformateurs qui ignorent " ce qu’il y a dans l’assiette des gens ", et rappelle, citant Hannah Arendt, que si la pauvreté fait souffrir, " la misère pousse à des actes irréfléchis et indignes ". Un autre étudiant écrit, désespéré : " Mesdames et messieurs les abstentionnistes, en raison de la bêtise de la nation martyrophile de l’Iran Islmamique, nous décrétons un deuil public de 4 ans ". De son côté, le blog Iranian Truth explique qu’Ahmadinejad est le "Bush iranien". Les deux hommes, affirme-t-il, défendent les mêmes valeurs : promotion politique des valeurs religieuses, la sécurité nationale passe avant les Droits de l’Homme, une base sociale populaire et conservatrice. Selon Iranian Truth, le passé militariste du président Ahmadinejad  en fait l'homme du "nucléaire militaire" iranien.


Blogs iraniens : www.blogsbyiranians.com - www.hoder.com/weblog- iraniantruth.blogspot.com