Ok

En poursuivant votre navigation sur ce site, vous acceptez l'utilisation de cookies. Ces derniers assurent le bon fonctionnement de nos services. En savoir plus.

JURER EST FORTIFIANT, MILLIARD !

NEWS. NEWS.NEWS. "Vingt de diousse !", "Quelle boubousse", "C'est un babache", " Tu cherches des carabistouilles", "Heiiiiiiiin !", on aura redécouvert les formidables jurons du Nord dans le film de Dany Boon " Bienvenue chez les Ch'tis" - un hommage à l'ambiance chaleureuse des rades sous la drache et des matchs du RC-Lens, aux bonheurs de la camaraderie. Grâce aux jurons, à la langue déliée et railleuse, il fait beau dans le Nord. Eloge du juron, de l'injure et des joutes langagières.

=====================================================================================

La vache ! Sainte Vierge ! Vingt de diousse ! Macarelle ! "Du brun !", Milladiou ! Du Nord au Sud, nous avons tous nos jurons préférés. Ou personnels. Souvent spontanés. Ou bien placés. Ce ne sont pas toujours des gros mots. Mince ! Non d'un petit bonhomme ! Flûte ! sont de gentils jurons. D'autres fleurent le sacrilège. Sacristi ! Pute borgne ! D'autres manifestent l'admiration, Dingue ! Merde alors ! Les jurons expriment des sentiments immédiats et puissants, très variés, allant de la colère - Misère ! Les salops ! - à l'incompréhension - Putain !, Milliard ! De la surprise à l'indifférence - Bof ! Mouais ! Nous sommes parfois comme saisis par le juron, parfois grâce à lui le corps parle, se libère, se défoule, d'où ses vertus stomachiques et fortifiantes : C'est à dégueuler ! Fais chier ! Plein le dos ! Quelquefois la mystique et le sens tragique se manifestent - Dieu de merde ! Misère ! Rimbaud, Flaubert, Céline, Pennac adorent les jurons. La presse aussi s'y adonne. Belzebuth ! a osé Le Figaro. Boljemoî ! risque le Progrès. Caca boudin ! dit La Croix. Caramba ! fait Libération. Le juron, parfois, accompagne l'injure.
I
njurier n'est pas jurer, encore moins insulter. Injurier est un une joute, un duel moucheté. L'insulte veut détruire, l'injure et le juron s'amusent… Ils provoquent la rencontre désopilante d'un personnage - hey grand dadais !- et d'une formule - Et ça veut péter plus haut que son cul ! L'injure et ses tombereaux, les jurons sur tous les tons méritent un "traité d'injurologie", comme en a réalisé le linguiste Robert Edouard - tout l'esprit de Michel Audiard, San Antonio, Cavanna est dans le dictionnaire des injures de Robert Edouard. Cet art d'injurier, riche en registres ( animaliers - putois ! cochon ! , physiques - mat de misaine, grand serin !, médicaux - taré, dingo, phychotique !, etc), associe l'expression verbale à des mimiques et gestes moqueurs - se vriller la tempe de l'index, secouer fort sa main sous son menton, etc. Il pratique l'interjection - Va donc espède de…, Tu t'es vu… - et la répartie qui fait mouche. L'injure est un art sans violence physique, un théâtre verbal, un révélateur de personnalité. L'injure fait partie du registre de l'éros, elle se retourne, se transforme alors en salissure tendre, en juron salace : Ha, ma salope... etc. Un injure savoureuse déclenche souvent en retour des cascades de jurons incontrôlés et d'insultes incontrôlées, trop souvent empruntés à la petite enfance scatologique. Enculé ! Spèce de merde ! Le vernis craque damned.

A lire
Le dictionnaire des jurons. 750 entrées. Pierre Enckel. Puf. Nov 2004. 800 p. 30 e. Traité d'injurologie. Robert Edouard. 10/18. 334 pages. Réédition oct 2004.

Lien permanent Catégories : MAUVAIS ESPRIT

Les commentaires sont fermés.