mardi, 18 janvier 2005
NOËL A BAGDAD
NOEL A BAGDAD
RACONTÉ PAR ZEYAD LE BLOGUEUR
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NEWS NEWS NEWS Dans Bagdad menacé par la guerre civile, un jeune dentiste se faisant appeler Zeyad raconte sur son blog la difficile existence quotidienne des habitants. Un témoignage rare, dans un pays où les journalistes n’arrivent quasiment plus à faire leur métier.
Portrait et témoignage de Zeyad le blogueur (Le Monde 2 en a publié de larges extraits, rédigés entre le 20 novembre 2004 et le 14 janvier 2005.) =========================
"J'ai commencé mon blog le 18 octobre 2003. J'ai 26 ans. Je suis né dans une famille sunnite, mais je suis athée. Je travaille comme dentiste dans la banlieue de Bagdad. Je ne suis affilié à un aucun groupe politique à l'intérieur comme à l'extérieur de l'Irak. Mon journal personnel ne représente que moi-même. J'ai reçu des menaces de mort des extrémistes et je ne peux pas mentionner mon vrai nom ni vous envoyer une photo."
Ainsi se présente Zeyad dans un courriel adressé à la rédaction du Monde 2, le 14 janvier 2005. C’était émouvant, nous attendions de ses nouvelles depuis le 24 décembre. Zeyad est le bloggeur anglophone le plus célèbre d'Irak. Il a pris la succession du fameux Salam Pax -littéralement "Paix Paix"-, un jeune architecte dont le blog au ton enlevé a été repris par The Guardian de Londres, et publié dans le monde entier (Bagdad Blog, Hachette Littérature, 2004). Zeyad a été découvert par Jeff Jarvis, un ancien journaliste du San Francisco Examiner aujourd'hui responsable des éditions on line du groupe Condé Nast (Vogue, The New Yorker…). Dès octobre 2003, Jarvis écrivait à propos de Zeyad : "C'est un journaliste au nouveau (ou très ancien) sens du mot. Zeyad est un excellent reporter. Il rapporte ce qu'il voit, ressent, entend - et pense. Il est le témoin de la réalité qui l'entoure."
Depuis, Zeyad a été interviewé par le magazine en ligne indépendant salon.com, ses textes et ses photos ont été publiés par le Weekly-Standard (néo-conservateur), et ses messages depuis Bagdad sont épluchés dans de nombreuses rédactions. Sur son site (healingirak – panser les plaies de l’Irak), il raconte le chaos irakien. Il parle de l'augmentation des taxis, du marché noir, des web-cafés et des attentats qui font le quotidien des habitants de Bagdad. Un témoignage rapide, détaillé, dramatique, drôle aussi, qu'aucun journaliste ne pourrait donner (On connaît la quasi impossibilité dans laquelle se trouvent les reporters occidentaux d’exercer normalement leur métier en Irak aujourd’hui). Zeyad écrit dans l'urgence. C'est là l'apport original des blogs d'actualité : des journaux écrits sur le vif, pas toujours sourcés ni récoupés, mais qui sont le fruit d’observations directes, non censurés, indifférents au " politiquement correct ".
LE COUSIN DE ZEYAD JETÉ DANS LE TIBRE
PAR DEUX GI'S SAOULS
Zeyad relate aussi les événements politiques et les mouvements d'opinion passés inaperçus dans les médias occidentaux, comme la première grande manifestation pacifiste dans Bagdad occupée, le 10 décembre 2003. Son blog est celui d'un jeune homme pressé de vivre et désespéré de voir la guerre durer, les attentats continuer, le sang irakien couler. Il veut la paix. Il ne se reconnaît pas dans l’opposition armée, qu’elle soit chi’ite ou sunnite. Il craint la guerre civile. Mais les Américains ne trouvent pas pour autant grâce à ses yeux. Il a ses raisons personnelles. (Celles là, le blog de Jeff Jarviss ne les a jamais racontées. Zeyad ne lui sert plus à tout justifier)
Zeyad le pacifiste a fini par être rattrapé par la violence. C'était le 3 janvier 2004. Son cousin Zaydun revenait d'un voyage d'affaire avec un parent, Marwan, quand ils furent arrêtés par les soldats américains, quelques minutes avant le couvre-feu. Deux heures plus tard, quatre GI's - ivres d'après Murwan - les obligeaient à se jeter dans le Tigre à un endroit où le courant est puissant et rapide. Zaydun ne savait pas nager. Marwun a pu se sortir de justesse de l'eau glacée. Zeyad a bataillé sur son blog pour qu'une enquête soit ouverte. Elle l'a été. Finalement les quatre soldats ont été "réprimandés". Sans plus de détails.
"Enfin les quatre soldats qui ont jeté mon cousin germain dans le Tigre à Samarra ont été "RÉPRIMANDÉS", écrivait Zeyad le 27 mai. Ils continuent de dire que personne n'est mort, même quand le corps MORT de Zaydun a été retiré du fleuve. Cela m'a fait réfléchir, si personne n'est mort, alors pourquoi ils ont offert une jolie somme d'argent à la famille contre leur silence ?… Cela ne restera pas impuni."
======================HEALINIRAK. LE BLOG DE ZEYAD
Samedi 20 novembre 2004
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De violents combats ont eu lieu dans plusieurs quartiers de Bagdad. Je devais partir à Bassorah ce matin, mais dès que j'ai franchi la porte, je me suis retrouvé face à une dizaine d'hommes cagoulés, vêtus de noir, armés de Ak-47 et de RPG. Ils avaient installé un poste de contrôle juste devant chez nous. Quelqu'un m'a hurlé de rentrer. Nabil était prêt à partir pour l'école. Nous avons regardé vers le carrefour principal qui grouillait d'hommes en armes. Ils couraient partout en faisant signe aux voitures et aux piétons de quitter la zone. Nous les observions derrière la porte et ma mère essayait frénétiquement de nous faire rentrer. Il y a eu un échange de coups de feu. Quelqu'un a hurlé : " Où sont les traîtres nationaux ? (Il parlait des Gardes Nationaux.) Qu'ils viennent goûter ça ! " D'autres coups de feu ont suivi. Dans la rue, des dizaines de voix chantaient "Allah-u Akbar". Brusquement une explosion toute proche a fait trembler le sol. La fusillade était effrayante et une série de déflagrations a suivi.
Dans la maison, tout le monde s'est précipité pour ouvrir les fenêtres et éviter que les vitres n'éclatent sous la pression. Des parents nous ont téléphoné depuis d'autres quartiers pour nous demander ce qui se passait. D’après un flash d’information sur Al-Jazira, on se battait à Adhamiya, à Sulaikh, à Haifa Street, à Sha’ab, à Ghazaliya et à Amiriya. Nabil n’était pas content parce qu’il devait passer un examen.
"Un chasseur à réaction est passé en hurlant au-dessus de nos têtes et il a lancé quelques missiles pour tenter d’effrayer les "moudjahedines". Ces derniers ont abandonné leurs positions pendant un petit moment, et lentement les gens ont commencé à sortir de chez eux. Des parents traînaient des écoliers et des enfants derrière eux sans savoir s'ils devaient continuer leur chemin ou rentrer chez eux mais les hommes cagoulés et vêtus de noir sont réapparus et ils ont reflué. La fusillade semblait moins intense, mais nous pouvions toujours entendre des coups de feu.
"Je suis resté debout toute la nuit. Au matin, les combats n’avaient pas cessé. Au cas où vous vous poseriez la question : oui, nous avons contacté la police en appelant les numéros d’urgence qu’on nous avait donnés il y a plusieurs mois. Et vous savez quoi ? Les commissariats étaient encerclés par des insurgés, et la police ne pouvait rien faire ! Á Adhamiya, le commissariat a même été incendié et quatre policiers ont été tués, les autres semblent avoir abandonné leur poste. La base de la Garde Nationale, dans l'ancien palais de Saddam, près du pont Adhamiya, a été attaquée elle aussi pendant toute la journée.
"(…) On dit que ces affrontements sont une réponse à l’incident qui s'est produit hier à la mosquée Abu Hanifa, à Adhamiya, un sanctuaire sacré sunnite. Apparemment, l’assaut de la mosquée, pendant les prières du vendredi, a été ressenti comme une provocation par les religieux qui, une nouvelle fois, ont appelé au Jihad. L’Union Internationale des Savants Musulmans, basée au Pakistan, a également demandé à tous les musulmans à se rendre en Irak pour mener la guerre sainte. Une remarque : les religieux qui en général appellent à se lever contre l'occupation américaine sont basés dans des pays alliés des États-Unis comme le Qatar, le Pakistan, l'Arabie Saoudite et l'Égypte (…)
"Les rues sont restées pratiquement vides pendant le premier jour de l'Aïd, comme si les gens avaient toujours peur de s'aventurer au dehors. Le deuxième jour, j’ai emmené ma famille déjeuner au restaurant . J’ai découvert avec surprise qu’ils étaient pour la plupart bondés, même dans les rues dévastées. Au cours des réunions de famille, la politique reste toujours le principal sujet de conversation. Il n’y a jamais de consensus quand on parle de la situation actuelle, et chaque famille est divisée. La situation explosive à Fallouja et dans les quartiers nord de Bagdad fournit le point de départ des débats qui se terminent en général par des coups sur la table, des poings dressés et un chœur de cris et de voix assourdissantes, car tout le monde essaie de parler en même temps. En général, c’est celui qui a la voix la plus forte (pas les arguments) qui l’emporte. Mais je dois dire que les discussions familiales se sont toujours déroulées ainsi, aussi loin que je m'en souvienne.
"Nous avons appelé la police.
Les commissariats étaient encerclés
par des insurgés…"
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"Nous avons vu avec horreur la vidéo du marine américain qui tue un Irakien blessé dans une mosquée de Fallouja. À Bagdad, tout le monde parle de cela. J'ai entendu toutes les justifications des militaires américains : les insurgés piégent les corps des morts et des blessés, le soldat était perturbé, il avait eu une très dure journée, etc. Aucun de ces arguments ne résiste à l'examen. Il s’agissait d’un acte ignoble et méprisable, un crime de guerre pur et simple. C'est vrai, le blessé pouvait être un combattant étranger, une bombe humaine potentielle, un tueur d'enfants, tout ce qu'on veut, mais ce pouvait être aussi un civil blessé, pris sous le feu croisé pendant les affrontements et qui avait rampé vers ce qu'il avait cru être un endroit sûr.
J’ai déjà signalé que je n’étais pas optimiste sur l'issue de l’attaque de Fallouja. La ville est en ruines et la violence s'est répandue dans d'autres endroits. J'ai encore beaucoup de choses à dire, mais je suis trop fatigué pour continuer à écrire. Il faut que je parte pour Bassorah.
Samedi 25 décembre 2004
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Il a fait très froid à Bagdad ces deux dernières semaines, - 2°. Nous avons même eu de la grêle ce qui est très rare ici. Le changement brutal de température a coïncidé, pour notre malheur, avec une pénurie nationale de carburant et la multiplication des coupures d’électricité. Auparavant nous avions six heures d'électricité "programmée" par jour. Cela s’est légèrement amélioré pour passer à deux heures toutes les quatre heures. Comme cadeau de nouvel an, le ministre de l'Électricité a promis de passer très bientôt à 12 heures. Réjouissant ! Il y a seulement trois semaines, le même ministre a conseillé très sérieusement aux Irakiens d'acheter des groupes électrogènes au lieu de compter sur son ministère. C’est un conseil judicieux, mais un groupe électrogène a besoin de pétrole pour fonctionner ! (…)
Un cercle vicieux.
Pour être juste, la situation s'est améliorée. Aujourd'hui, on peut obtenir ses 30 litres d'essence (et pas une goutte de plus) en faisant la queue pendant trois heures. Il y a deux semaines, il fallait patienter entre 6 et 12 heures. La Garde Nationale a commencé à faire appliquer la règle des numéros pairs /impairs des plaques d'immatriculation (un jour les impairs, le lendemain les pairs).
Les policiers ont fini inévitablement par vendre au marché noir le carburant des réservoirs de leurs propres voitures. Un pot-de-vin de 3 à 5.000 dinars peut vous permettre d'obtenir une meilleure place dans la queue ou même de la sauter (…) Une autre astuce, un peu plus simple, consiste à envoyer une femme de sa famille faire le plein d'essence, car la file réservée aux femmes est beaucoup moins longue. Ceci est valable même s’il n'existe pas de file d'attente réservée aux femmes, car l’Irakien galant (et naïf) se fera un plaisir d'offrir sa place à une dame. La combine n’a pas tardé a être éventée, et aujourd'hui les femmes n’ont le droit de faire le plein que si la voiture appartient vraiment à une femme.
Il n'est pas rare non plus de négocier sa place dans la queue avec quelqu'un loin derrière, pour un prix d'autant plus élevé que l'on est proche de la pompe à essence. Cette technique est devenue un commerce fort rentable. On peut aussi trouver tous les services en faisant la queue : marchands de thé, de cigarettes, de boissons, des sandwiches et même de la bière (dans des coins discrets). Il y a aussi des gens qui louent des oreillers et les couvertures pour ceux qui s’apprêtent à passer la nuit à attendre. Le ministère du Pétrole a proposé d'installer de grands camions-citernes à différents endroits de Bagdad pour atténuer la crise, mais comme cela comporte quelques risques par les temps qui courent, la mesure n'a pas encore été mise en application.
(…) Ce que je redoute le plus aujourd'hui c'est de me laver et me raser le matin. L’eau est gelée à cause des coupures d'électricité (les chauffe-eau sont généralement électriques). Il faut se battre parce que tout le monde dans la famille veut prendre un bain quand l’eau est chaude après les deux heures d'électricité.
(…) Quant au téléphone mobile ! Les réseaux sont totalement inaccessibles pendant la journée. On a plus de chance après minuit. Un téléphone portable est d'une valeur inestimable, c'est le seul moyen pour localiser un membre de votre famille s'il y a des problèmes quelque part dans la capitale (…) Le vol de téléphones portables est devenu pratique courante. C’est comme pour les vols de voiture : on vous oblige à donner votre téléphone sous la menace d'une arme.
Vendredi 14 janvier
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Ces deniers jours, il y a eu un regain de violences. Ce n’est pas une surprise. Des attaques-suicide ont eu lieu quotidiennement, surtout à Mossoul et à Bagdad. Les assassinats politiques se multiplient partout dans le pays. Le courant électrique a été coupé plusieurs fois ces dernières semaines parfois pendant deux ou trois jours. Les exportations de pétrole ont encore été interrompues. La pénurie s’est aggravée et les queues devant les stations service sont plus longues que jamais.
(…) Depuis que j’ai quitté récemment Bassorah pour travailler dans la banlieue de Bagdad, j’ai compris combien il était difficile de se déplacer d’un point à un autre de la ville. Les taxis ont augmenté leur tarif de façon incroyable. Je ne les blâme pas. J’utilise donc les bus ou les minibus qu’on appelle ici Kayyat. Je dois en prendre trois pour me rendre à la clinique, sans compter la marche à pied. Je mets environ deux heures pour me rendre au travail, et plus s’il y a des problèmes sur la route. Cela peut être une patrouille américaine, une bombe sur la bas-côté, une attaque-suicide, une embuscade ou quelque chose du genre.
Pour toutes ces raisons, je regrette un peu Bassorah. C’est terrible de débuter sa carrière médicale en Irak de nos jours. Une fois diplômé de la faculté de médecine ou de l’école dentaire vous devez passer un ou deux ans dans la capitale pour faire des stages. Pas de problème. Mais ensuite vous êtes envoyé en province pour encore deux ou trois ans. Ensuite seulement vous obtenez l’autorisation d’exercer et vous êtes libre de travailler où bon vous semble. Ce système a été mis au point il y a plusieurs dizaines d’années pour combler le manque de personnel médical dans la plupart des régions du pays. Mais je digresse…
"La campagne électorale menée par l’United Iraki Coalition [UIC, qui regroupe l’ensemble des formations chi’ites] est quasiment frénétique. Ses affiches et drapeaux sont omniprésents dans Bagdad. Ses slogans couvrent tous les murs de la ville avec la photo de Sistani [le grand ayatollah, autorité morale de la communauté chi’ite] et ces mots : " Votez pour la Marji’ya " [le conseil suprême religieux chi’ite]. Plusieurs partis ont protesté contre l’usage abusif de cet argument d’ordre religieux pour convaincre les électeurs chi’ites de voter pour l’UIC. La commission électorale indépendante a également mis en garde contre de tels procédés. Des membres de l’équipe Sistani ont vaguement déclaré que la Marjay’ia est derrière tous les Irakiens, que Sistani est un père pour tous, etc. etc. Mais aucune déclaration n’est venue démentir le soutien des instances religieuses chi’ites à la liste de l’UCI.
Tout le monde sait bien que le grand ayatollah préfère conserver, comme à son habitude, une position aussi ambiguë que possible. La liste de la coalition chi’ite compte dans ses rangs beaucoup de ses partisans (…) mais il n’est pas anormal qu’elle souhaite une présence aussi forte que possible dans la prochaine assemblée nationale. L’erreur fatale des sunnites - ils veulent boycotter les élections - lui rendra la tâche plus facile. Les sunnites ont réagi comme des enfants capricieux, frustrés de ne pas obtenir ce qu’ils veulent. Ils menacent de tout ficher en l’air. Comme on dit ici : " Ou bien je joue ou bien je mets le feu au terrain de jeu ".
La menace d’une guerre civile est vraiment réelle. Qu’importe le gouvernement qui sortira de ces élections : les sunnites le déclareront illégitime, et on continuera à vouloir tout casser. Deux mosquées chi’ites ont été attaquées la semaine dernière et un représentant de Sistani a été assassiné. Des chefs de tribus sudistes ont été kidnappés dans un autobus à Latifiya.
Des experts affirment que les factions irakiennes ont paisiblement cohabité pendant des siècles et qu’il n’y a aucune raison pour que ça change. Je ne suis pas d’accord. Les tensions et les malentendus ont toujours existé entre elles. Dire une chose en public et en penser une autre est une caractéristique qu’on retrouve dans les deux camps. Les trente dernières années d’oppression par la minorité sunnite sur la majorité chi’ite n’a fait qu’aggraver les choses.
J’ai entendu des propos terribles contre les chi’ites irakiens dans la bouche des gens que je fréquente et qui sont pourtant éduqués et intelligents. Toute ma vie j’ai entendu cela, mais jamais aussi fréquemment. C’est la raison majeure qui pousse les sunnites à vouloir boycotter le scrutin. Ils savent qu’ils vont perdre. Et ils estiment que la seule façon, pour eux, de sauver la face, c’est de refuser de participer.
(Traduit de l'anglais par Jean Guiloineau POUR LE MONDE 2, janvier 2005)
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