jeudi, 08 mai 2008

MINCE POUR TOUJOURS.

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 NEWS NEWS NEWS L'Assemblée nationale a approuvé mardi 15 avril, en première lecture, une proposition de loi UMP réprimant l'incitation à l'anorexie, y compris sur internet, en fixant une peine pouvant aller jusqu'à deux ans d'emprisonnement et 30.000 euros d'amende. Le texte a été approuvé avec les seules voix UMP, auxquelles s'est jointe la députée PS de Gironde Michèle Delaunay. Les groupes PS et GDR (PCF-Verts) se sont abstenus sur ce texte qu'ils ont qualifié "d'affichage", dont la "seule approche est celle de la répression" - sans doute, mais ne fallait-il pas agir vite ?
Depuis la mort par anorexie de la top-modèle Ana Carolina Reston, en novembre 2006, à l'âge de 21 ans, suivie de plusieurs cas de malaises survenus pendant des défilés en Italie et aux Etats-Unis, suite à la décision du festival Moda Barcelona de refuser des mannequins trop maigres, le ministre de la santé Xavier Bertrand avait diligenté début 2007 un groupe de travail sur l'« image du corps » dans la mode et la publicité pour évaluer son impact - réel ou supposé - sur la population jeune. Celui-ci a tenu une première réunion en mars 2007 en présence de représentants d'agences de mannequins, des consommateurs, des professionnels de la mode, des associations de personnes obèses et anoréxiques, des médecins ainsi que des publicitaires, dont Hervé Brossard, président de l'Association des agences conseils en communication (AACC) et vice-président de DDB Worldwide. Présidé par le pédopsychiatre Marcel Rufo, le groupe d'étude devait proposer des propositions portant sur l'image du corps, jugée excessivement "mince" voire pathologiquement maigre. Suite aux travaux de cette commission, "une charte d'engagement volontaire sur l'image du corps et contre l'anorexie" a été signée, mercredi 9 avril 2008, par des professionnels de la mode, de la publicité et des médias, et la ministre de la santé, Roselyne Bachelot. Ainsi le Bureau de vérification de la publicité, la Fédération française de prêt-à-porter féminin ou encore le Syndicat des agences de mannequins s'engagent "à ne pas accepter la diffusion d'images de personnes, notamment si elles sont jeunes, pouvant contribuer à promouvoir un modèle d'extrême maigreur". Ils se proposent encore de "sensibiliser le public à l'acceptation de la diversité corporelle (...) en évitant toute forme de stéréotypie qui peut favoriser la constitution d'un archétype esthétique potentiellement dangereux pour les populations fragiles".

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(Campagne publicitaire d'Olivio Toscani contre l'anorexie)

En regard de ces tentatives pour réfléchir à la puissance des normes culturelles et alimentaire régentant l'actuelle "girl culture", comme à l'image univoque de la femme mis en avant par la vogue de l'extrême minceur, voici une enquête sur l'angoisse de grossir et la peur de manger véhiculées telles qu'elle sont véhiculées par les ouvrages consacrés aux régimes et la diététique, les campagnes de santé gouvernementales  - sans oublier certains journaux féminins. (enquête publiée dans le Monde 2 - 18 mars 2007)

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CETTE ENQUÊTE  DEBUTE PAR LA LECTURE DES FEMININS...

Attention, avant chaque repas « On repère les faux amis ! » prévient l’article diététique d’été d’un grand féminin. Méfiez-vous du champagne doux, évitez les bulots (plus caloriques que les huîtres), et gare aux gaufrettes ! Suivent 35 injonctions à toute malheureuse qui s’abandonnerait aux douceurs des vacances : « On zappe le riz et les pâtes », « On désamorce l’apéro », « On mange et on boit froid », « On se méfie du light », « On allège la fracture fromagère ».  « On » c’est qui ? C’est toutes les femmes. « On traque le sucre », « On croque des carottes crues », « On s’entraîne au forking » : on mange à la fourchette en écartant … le pain, les saucissons, les biscuits, les fruits (pris avec les doigts), les laitages, la soupe, la compote (pris à la cuiller), le beurre, le pâté, les pizzas et les fruits à écorcer (traités au couteau).
Et surtout : « On ne se prive de rien."

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vendredi, 02 mai 2008

LA TUNISIE DE CE BON GENERAL BEN ALI FELICITEE PAR NICOLAS SARKOZY

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(Photo officielle des présidents Ben Ali et Sarkozy, aéroport de Tunis )

NEWS NEWS NEWS. Au cours de sa visite officielle en Tunisie Nicolas Sarkozy, quoique très critiqué par les organisations des droits de l'Homme pour avoir déclaré "Je ne vois pas au nom de quoi je vais m'ériger en donneur de leçons" - autrement dit émettre des critiques sur les usages démocratiques en vigueur au nom de ses valeurs politiques -, le chef de l'Etat a réitéré des propos de soutien au régime policier et despotique de Zine El-Abidine Ben Ali devant un parterre d'étudiants à l'université de Tunis : "Quel pays peut s'enorgueillir d'avoir autant avancé en un demi-siècle sur la voie du progrès, sur la voie de la tolérance et sur la voie de la raison ?" a ainsi déclamé notre président. Il a ajouté avec élan, oubliant que le président tunisien avait été élu avec un score faramineux, 95,49% des voix, aux élections de 2004 : "C'est le grand mérite du président Ben Ali d'avoir continué sur cette voie sans se laisser décourager par les obstacles de toute sorte (...), sans se laisser intimider par le fondamentalisme qui est notre ennemi commun, sans se laisser intimider par l'obscurantisme". Il a encore cité, comme pour dédouaner le président tunisien, l'histoire de ces fanatiques qui ont coupé la main d'une femme qui s'était mis du rouge à ongle. Or ce récit a déjà circulé en Afghanistan pendant les années Taliban. Il ressort régulièrement, comme une rumeur, alors qu'aucun journaliste ne l'a confirmée. Ce qui a été reconnu, c'est que des Talibans zélés ont sans doute coupé, à Kaboul, la phalange d'une femme aux ongles faits. Cet horrible détail est depuis devenue "l'histoire de la main coupée" que Nicolas Sarkozy a reprise sans sourciller, ni citer aucune source - juste pour justifier son soutien au régime de fer de ce bon général Ben Ali.
Faut-il le croire, quand on sait qu'un journaliste de Libération a reçu début 2007 un coup de couteau en pleine rue alors qu'il cherchait à rencontrer des opposants ? On lisait d'ailleurs dans Libération, qui avait dépéché un correspondant dans la délégation de presse accompagnant M. Nicolas Sarkozy lors de son précédent voyageen juillet dernier, ce témoignage : " Un peu plus tôt (avant la rencontre Ben Ali-Sarkozy), l’avocate Ra­dhia Nasraoui, présidente de l’association (non reconnue) de lutte contre la torture en Tunisie, confiait dans un hôtel de Carthage que «le régime policier en place avait profité de la lutte contre le terrorisme pour réprimer davantage encore toute forme d’opposition». Elle faisait état de cas «de tortures abominables pratiquées sur les parties génitales de prisonniers», dont elle avait recueilli les témoignages et pu constater les séquelles. Selon elle, la visite de Nicolas Sarkozy «passe inaperçue (en Tunisie), n’apportera rien à la société civile tunisienne et conforte les pratiques du pouvoir». Elle jugeait par ailleurs «très significatif» que Rama Yade (la secrétaire d’Etat française aux droits de l’homme) n’ait eu aucun contact avec les défenseurs des libertés en Tunisie.

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En regard de cette actualité, voici un reportage réalisé pour la magazine Actuel en septembre 1987, quelques mois avant que le général Ben Ali destitue Habib Bourguiba, le héros de l’indépendance tunisienne, et s’empare du pouvoir avec l'appui de l’armée. Cette enquête sur une fin de règne tragique, publiée par la rédaction-en-chef d'Actuel avec un titre regrettable (« La cour du roi gaga ») a circulé à l’époque sous le manteau en Tunisie, photocopié, comme un « samizdat ». Il a valu à votre serviteur d’être arrêté à l’aéroport de Tunis 12 ans plus tard, au printemps 1999, d'être interrogé par la sécurité, gardé une journée entière, menacé, puis expulsé du pays - une fiche conservée pendant ces 12 ans par la police politique l’accusait d’être « un ennemi de la Tunisie ».

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mercredi, 30 avril 2008

ALBERT HOFMANN. LE PÈRE DU LSD DISPARAIT À 102 ANS, APRES AVOIR ETE FETE AU WORLD PSYCHEDELIC FORUM (BÂLE)

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NEWS. NEWS. NEWS. NEWS. NEWS. LE CHIMISTE ALBERT HOFMANN, L'INVENTEUR DU LSD EST DECEDE LE 29 AVRIL D'UNE CRISE CARDIAQUE À BÂLE (SUISSE). IL AVAIT FAIT UNE BREVE APPARITION AU WORLD PYSCHEDELIC FORUM LE 21 MARS 2008 (BÂLE), Où SE RETROUVAIENT L'AVANT-GARDE DES CHERCHEURS SUR LES PSYCHOTROPES, QU'ILS SOIENT ANTHROPOLOGUES (RELIGIONS, CHAMANISME), MYTHOLOGUES, BOTANISTES, CHIMISTES, PSYCHOLOGUES OU PHILOSOPHES. En écho à cette disparition, voici un reportage au "LSD Symposium" de février 2006 à Bâle, où Albert Hofmann avait fêté ses 100 ans entouré de plusieurs miliers d'amateurs de psychotropes, jeunes de la génération techno comme anciennes figures du mouvements psychédélique, mais aussi de chercheurs en sciences humaines, de musiciens et d'artistes, ou de chimistes spécialisés dans les "design drugs". Une cérémonie émouvante, haute en personnages allumés. Albert Hofmann nous a raconté ce jour là comment il avait pris une dernière fois du LSD à 97 ans - et pourquoi. (publié dans Le Monde 2, mai 2006)
BIBLIOGRAPHIE HOFMANN

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 (Portrait de Albert Hofmann sur le site MAPS, l'association des études psychédéliques)

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REPORTAGE AU LSD SYMPOSIUM, BÂLE, SUISSE... 

-J’ai repris du LSD il y a trois ans. Une petite quantité… Albert Hofman parle, du haut de ses 100 ans, la voix claire.
-Il a bien dit " il y a trois ans " ? Il a pris du LSD à 97 ans ? C’est bien cela ?" La jeune journaliste de TF1 s'étonne, rieuse. Nous sommes avec Albert Hofmann dans la salle de presse du symposium " LSD. Problem child and wonder drug " (LSD. Enfant terrible et drogue prodige).
Albert Hofmann, continue en allemand, le plus sérieusement du monde, : " Je voulais tester une faible dose, elle pourrait donner un antidépresseur à base de LSD. Je pense qu’à notre époque où l’humanité devient toute urbaine, l’homme perd le contact avec la nature. Il ne ressent plus qu’il fait partie du monde, il n’éprouve plus son unité avec le vivant, il ne voit plus la splendeur de l’univers, alors il désespère..."
À 100 ans, Albert Hofmann réfléchit encore à un usage bénéfique du diéthylamide de l’acide lysergique, un alcaloïde tiré de l’ergot du seigle, le fameux "acide" de l’époque psychédélique chanté par les Beatles (Lucy in the Sky with Diamonds), aujourd’hui consommé pendant les "raves " et les festivals de musique techno - toujours complètement illégal. Le LSD qui vous emmène pour plusieurs heures " en voyage " dans votre psyché. En " trip ". Et parfois en " horror trip ", comme le rappelle à chaque fois Albert Hofmann - qui a raconté le sien dans son libre LSD, mon enfant terrible (éditions du Lézard, 1997).
E
n son honneur, ce 14 janvier 2006, quatre-vingts intervenants se succèdent dans les salles du palais des congrès de Bâle, des neuropsychiatres, des psychologues, des ethnobotanistes, des chimistes, des mythologues, des pharmacologistes, tous les chercheurs es-psychotropes de la planète, mais aussi des musiciens, des peintres, des éditeurs et quelques anciennes figures du mouvement psychédélique comme John Dunbar, le galeriste londonien chez qui Yoko Ono et John Lennon se sont rencontrés, ou Ralph Metzner, le pionnier de la recherche sur le LSD à Harvard avec Timothy Leary. Ils sont tous venus fêter le centième anniversaire d’Albert Hofmann, et discuter trois jours durant des dernières découvertes sur les plantes psycho-actives, les " drogues de synthèse", les " états modifiés de conscience " et les nouveaux médicaments anti-dépresseurs.

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samedi, 26 avril 2008

MUHAMMAD YUNUS, PRIX NOBEL DE LA PAIX 2006 : "POURQUOI LA CRISE DES SUBPRIMES ? LES BANQUES ONT TROMPE LES GENS..."

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NEWS NEWS NEWS. Muhammad YUNUS, le fondateur de la Grameen Bank, la banque internationale consacrée au micro-crédit - qui a sorti de la pauvreté chronique plusieurs dizaines de millions de gens - était de passage à Paris pour présenter son essai consacré au "capitalisme social" (Vers un nouveau capitalisme. Lattès, 2008). Une occasion de s'entretenir avec cet économiste et banquier atypique, alors que le système mondial du crédit connaît une faillite historique, que plusieurs grandes banques américaines et anglaises se sont effondrées, la peur de la récession gagne l’Amérique, et des dizaines de milliers d’Américains se retrouvent poussés à la rue par les organismes prêteurs.
Que pense Muhammad Yunus de cette crise financière qui affecte durablement l'économie mondiale, et risque d'agraver encore l'appauvrissement général - les "émeutes de la faim" ont touché trente pays pauvres ces trois dernières semaines ? Comment analyse-t-il cet effondrement du système bancaire depuis la Grameen Bank, la banque des pauvres à laquelle aucun financier, aucune banque ne voulait croire - ni aider -, la Grameen Bank où les taux de remboursement dépassent les 95% depuis plus de 15 ans ?
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Elle s’appelait Sufiya Begum. Elle vivait dans une maison de terre, à la campagne, au Bangladesh. Elle fabriquait de jolis tabourets de bambou. Son mari, journalier, gagnait l’équivalent de quelques centimes d’euros par jour. N’ayant pas d’argent, Sufiya Begum vendait tous ses tabourets à un commerçant, qui lui échangeait contre un peu de bambou - c’était son prix. Un jour Muhammad Yunus vient la trouver, étonné qu’elle gagne si peu...
À cette époque, début 1980, après des études économiques aux Etats-Unis, le professeur Yunus doute. En 1974 et 1975, le Bangladesh a été ravagé par une terrible famine, et, raconte-t-il, il trouve alors «de plus en plus difficile d’enseigner d’élégantes théories économiques sur le fonctionnement supposé parfait des marchés libres, tandis que la mort ravageait mon pays ». Il passe à l’action, décidé endiguer la pauvreté dans la région de Jobra. Il ne comprend pas pourquoi elle est endémique. En discutant avec Sufiya Begum, il a une révélation. « Cette femme était étranglée par son prêteur. Il la condamnait à une sorte d’esclavage. Elle lui donnait toute sa collection de tabourets pour 25 cents, juste parce qu’elle ne pouvait acheter le bambou. Il lui manquait un crédit. J’ai mené une enquête. Quarante-deux villageois dépendaient des prêteurs. Tous auraient pu vivre de leur activité, avec un petit investissement. Il leur fallait, en tout, 27 dollars. Je les avais en poche… » L’idée de la Grameen Bank et du micro-crédit est née de ces rencontres.
Aujourd’hui, après 25 ans d’existence, la Grameen Bank et les organismes de micro-crédit ony aidé à sortir de la pauvreté 150 millions de personnes à travers le monde. Le professeur Yunus a obtenu le prix Nobel de la Paix en 2006. Depuis plusieurs années, il développe une nouvelle initiative à destination des exclus du monde économique : « l’entreprise sociale ». Il s’agit de lancer des business qui s’équilibrent, font vivre leurs employés, mais dont l’objectif est d’apporter un « bénéfice social ». Ainsi, il a créé au Bangladesh avec Franck Riboud, le p.d.g de Danone, la société Grameen Danone Foods. Elle vend aux habitants de Bogra des yaourts frais à bas prix, présentés dans des coques comestibles - et vitaminées. Elle permet de lutter contre la malnutrition et les carences alimentaires, et d’offrir des emplois locaux. Si l’initiative fonctionne, elle sera développée dans tout le pays. « Ce genre de petite entreprise sociale pourrait se généraliser, explique le professeur Yunus. Elle ouvre un nouveau type de marché, attentif à la pauvreté et aux besoins réels, qui va peut-être changer nos fondamentaux économiques."

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mardi, 22 avril 2008

BANKSY GRAFFEUR FEROCE, RICHE ET CLANDESTIN

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Un graphe effacé

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News News News. Le 14 avril, le célèbre graffeur inconnu Banksy a réalisé son oeuvre urbaine la plus monumentale, "ONE NATION UNDER CCTV", "Une nation sous vidéo-surveillance" (Ci-dessus), où il dénonce l'inquiétante généralisation des caméras de surveillance dans toute l'Angleterre. Du 29 février au 29 mars, Banksy exposait ses sérigraphies et peintures, inspirées de ses graphes et pochoirs, dans l'antique galerie londonienne Andipa. Comment le graffeur anarchiste et provocateur, le vandale attaché à critiquer en pleine rue une société injuste et violente envers les démunis, concilie-t-il ce grand écart : de l'art de rue aux peintures pour les galeries chic ? Il en parle peu, puisqu'il ne répond pas aux interviews. Il a cependant envoyé un mail à Lauren Collins du prestigieux magazine New Yorker, où il explique qu'il est fasciné par la capacité du système capitaliste à récupérer les critiques les plus féroces, ses "ennemis" : à les entendre, en faire un buzz, une mode, à les présenter comme des artistes - puis à en faire des célébrités et des marchandises. Cela dit, Banksy reconnait dans ce mail que cela lui pose problème : " I don’t think it’s possible, écrit-il, to make art about world poverty and then trouser all the cash, that’s an irony too far, even for me.” : "Je ne crois pas possible de faire de l'art sur la pauvreté du monde, et puis puis ramasser tout le cash. C'est pousser l'ironie trop loin, même pour moi". Ce dilemne, cette tension entre le vandalisme, la provocation et la récupération, beaucoup d'artistes et de mouvements sacrilèges et férocest l'ont connu, des surréalistes aux lettristes, des situationnistes aux affichistes de Mai 68, des entarteurs et autres saboteurs aux graffeurs d'aujourd'hui. Comment échapper à l'affadissement, à la peoplemania - à la négation de la révolte qui a vu naître l'artiste ? L'histoire de l'art comme de la constestation donnent à réfléchir. Se renouveler, ne pas céder sur l'esprit critique, aller plus loin encore - de l'audace, encore de l'audace, toujours de l'audace, jusqu'à l'auto-dissolution revendiquée, quand l'élan retombe.
Banksy a su à ce jour rester anonyme malgré le succès incontestable de ses peintures de rue, toutes moqueuses et provocatrices, toujours poétiques - comme celle de cet homme cagoulé qui lance un bouquet de fleurs au lieu d'un pavé.

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L'artiste, selon la rumeur, pourrait être un peintre en bâtiment de Bristol. À chaque fois que les services de nettoiemement de Londres veulent lessiver ses pochoirs, cela déchaîne des protestations de rue - à ce jour, peu ont été effacés. Banksy s'est aussi fait remarquer en construisant septembre 2006 une fausse cellule de Gunatanamo à Dysneyland (Los Angeles), et en 2005 pour avoir installé des fausses toiles (dont un Warhol) dans plusieurs grands musées new yorkais - elles n'ont été découvertes que le surlendemain ou trois jours plus tard après avoir été vues par un public interloqué. Nous voyons Banksy ci-dessous en action au Metropolitan Museum of Art (MoMA), au Museum of Modern Art puis au Brooklin Museum.On peut voir les films de ses interventions sur You Tube (Banksy).

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Pendant ce temps, les sérigraphies et peintures de Banksy connaissent depuis quelques années une envolée de prix phénoménale (Angelina Jolie, Brad Pitt, Christine Aguilera figurent parmi ses collectionneurs). Un graphe intitulée "Riot green" acquis pour 300 livres il y a huit ans par un étudiant a été mis en vente 150.000 livres pendant l'exposition londonienne. Durant l'exposition présentée à la gaelrie Andipa, la cote de Banksy a encore monté - le stencil ci-dessus se serait vendu 100.000 livres. Rien n'arrête le marché. Bientôt les rue graffitées par Banksy deviendront sans doute les plus chères de Londres.

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 BANKSY EN ACTION

Banksy accrochant une de ses oeuvres au MOMA, New York 

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Ci-dessous, l'oeuvre exposée

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Banksy intervenant au Brooklyn Museum

Dessous, l'oeuvre accrochée 

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BANKSY, QUELQUES CELEBRES GRAPHES

 

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